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La dernière minute de 2008 sera interminable

Impatient de tourner la page, de passer en 2009 ? Pas si vite !

L'année en cours joue les prolongations: à l'heure du compte à rebours du Nouvel-An, une seconde y sera en effet ajoutée. Un événement rare qui permet de pallier l'inexorable ralentissement de la vitesse à laquelle notre planète tourne sur elle-même.

Mais quelles conséquences aura réellement cette légère correction ? Est-elle vraiment nécessaire ? 
La plupart des minutes comptent soixante secondes, d'autres soixante et une.

Ce dernier cas se produira ce mercredi soir dans les ultimes instants de 2008.
Aujourd'hui, après 23 heures, 59 minutes et 59 secondes, les horloges les plus précises indiqueront une suite de chiffres inhabituelle: 23:59:60.

Ceux qui assisteront à l'événement auront tout juste le temps de se frotter les yeux en se demandant s'ils n'ont pas forcé sur le champagne que l'affichage aura déjà passé, comme si de rien n'était, à 00:00:00.
 

Pourquoi diable vouloir allonger une année 2008 déjà bien morose, qui a vu la crise financière prendre une ampleur surréaliste ?

Il s'agit en fait de réconcilier le temps «officiel», baptisé UTC (acronyme anglais pour «temps universel coordonné»), que nous utilisons dans notre vie de tous les jours, avec le temps «naturel», celui de la rotation terrestre.
 

Temps «officiel» et temps «naturel»
Regarder notre planète tourner sur elle-même, c'est justement le métier de Daniel Gambis, astronome à l'Observatoire de Paris.

«Nous constatons un ralentissement de la vitesse de rotation sur le long terme, explique le scientifique. Un phénomène principalement dû aux effets de l'attraction de la Lune, qui a pour conséquence un allongement des jours.»

Ainsi, si l'on se fie au Soleil, ils durent aujourd'hui quelques fractions de seconde de plus qu'il y a un siècle. A ce rythme, nos lointains descendants devront peut-être, d'ici quelque 20 millions d'années, inventer la journée de 25 heures.
 

Pour s'appuyer sur un repère plus précis et plus stable, les scientifiques ont choisi, à la fin des années 1960, de calquer notre temps «officiel» sur une autre échelle: celle des horloges atomiques.

Les oscillations de l'atome de césium sont en effet si régulières qu'il leur faudrait environ 20 millions d'années pour dériver d'une seule seconde.
Un métronome particulièrement rigide qui s'accorde donc mal avec les subtiles variations des astres.

A très long terme, le Soleil pourrait ainsi poindre à l'horizon alors que le réveil indiquerait midi. Les secondes «intercalaires», telle celle qui sera ajoutée prochainement, doivent permettre d'éviter cette situation décalée.
 

La France vivra ce changement jeudi 1er janvier peu avant 1 heure du matin.

Des secteurs sensibles :
La modification paraît minime et la plupart des humains ne s'en apercevront même pas. Une poignée d'entre eux pourtant y attacheront une attention particulière. Des scientifiques bien sûr, mais aussi des informaticiens. Ceux-ci ont dû programmer le changement pour des banques et des entreprises de télécommunications notamment, des secteurs où les opérations sont précisément datées, où chaque seconde compte.
 

Irrégulières et imprévisibles :
Pour compliquer davantage la situation, ces ajustements sont irréguliers et difficilement prévisibles.

«Le ralentissement de la vitesse de rotation de la Terre est tour à tour accentué ou compensé par des phénomènes sensibles sur le court terme comme l'interaction entre le noyau et le manteau de notre planète», relève Daniel Gambis.
 

Depuis l'Observatoire de Paris, c'est lui qui décide, au coup par coup, l'ajout de secondes intercalaires pour le monde entier, lorsque l'écart entre le temps UTC et le temps astronomique devient trop important.

Depuis 1972, ce sont au total 23 secondes qui ont été ajoutées par ce biais. Les derniers ajustements ont eu lieu en 1997, en 1998 et en 2005.
 

Ces petites modifications à répétition ne sont pas du goût de tout le monde. Ainsi, les constructeurs de GPS ont renoncé à ces adaptations.

Les satellites de ce système fonctionnent sur la base du temps UTC de 1980. Les mettre à jour signifierait prendre le risque de bug ou de désynchronisation entre l'émetteur et le récepteur.

«Les ondes qu'utilisent ces appareils se propagent à la vitesse de la lumière, explique le directeur adjoint du Laboratoire temps et mesure de l'Université de Neuchâtel, Gaetano Mileti. Le moindre écart pourrait avoir d'énormes conséquences.»

On estime en effet qu'une seconde de décalage sur un GPS représenterait une imprécision de 300 000 km dans le positionnement ! Autant dire que le système deviendrait absolument inutile.
 

Ajouter une heure tous les 2000 ans ?
Parmi les plus virulents détracteurs de la seconde intercalaire, les Américains font valoir le coût de la modification des programmes informatiques ainsi que les risques de bug généralisé. Des discussions quant à son éventuel abandon ont cours depuis de nombreuses années à l'Union internationale des télécommunications (UIT). Mais aucun compromis n'a pour l'heure pu être trouvé.
La délégation américaine a même proposé, en contrepartie, la création d'une «heure intercalaire» qui compenserait d'un seul coup le retard pris par la Terre sur environ deux milliers d'années.
Les partisans de la seconde supplémentaire contestent l'ampleur des coûts qu'elle implique, mais leur argumentation repose essentiellement sur des motifs philosophiques. Pour eux, la déconnexion des cycles naturels et du temps légal est inacceptable.
Un avis partagé par André Stefanov, chef du Laboratoire temps et fréquence de l'Office fédéral de métrologie. «Je ne trouve pas ces modifications si gênantes, estime-t-il. Le fait que le Soleil reste la référence est plus important que les complications techniques.»

Bref, la longue minute que nous nous apprêtons à vivre ne sera très certainement pas la dernière.  (Source Le Matin -Suisse).

En attendant, c'est toute l'équipe EGILIA qui vous présente ses voeux les plus sincères de réussite pour 2009 !                           A l'année prochaine !