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En Inde, de nouveaux embauchés versent une caution à leur employeur

Dans les grandes SSII indiennes, les nouvelles recrues remettent à leur employeur une somme qu'elles perdent en cas de démission...
Le dépôt de garantie pour la location d'un appartement, tout le monde connaît : en signant le contrat, le locataire verse deux mois de loyer qui lui seront rendus à la sortie des lieux sauf dégradation ou incident de paiement.

Eh bien les grandes sociétés indiennes d'informatique appliquent le procédé à leurs jeunes salariés...
Principe de base : les nouvelles recrues fournissent une garantie financière à leur employeur. Si elles démissionnent avant une période fixée à l'avance, l'employeur garde la somme en question. Les chiffres ne sont pas vraiment publics, mais, selon la presse indienne, cela pourrait aller de 50 000 roupies chez Tata Consulting Services et Infosys, bloquées pour une durée de un ou deux ans, jusqu'à 200 000 roupies chez Satyam. Des sommes pas du tout anecdotiques, puisqu'elles peuvent représenter de quelques mois à un an de salaire en Inde.

Les recrues vont jusqu'à s'endetter Les modalités pratiques sont variables elles aussi. Il peut s'agir d'un dépôt bloqué dans une banque qui fournit la garantie à l'employeur. Ou bien encore d'un dépôt effectué directement chez la SSII.

Dans la plupart des cas, les jeunes recrues s'endettent auprès d'une banque pour fournir la somme. Et il y a même des cas isolés de salariés démissionnaires qui se voient réclamer par leur employeur des indemnités non prévues par leur contrat. Une demande que l'intervention d'un avocat a permis de faire abandonner, raconte une jeune ingénieure informatique.

La logique de la chose - il y en a une - tient au fait que les jeunes diplômés, fraîchement émoulus, disposent certes d'une formation théorique mais ne sont absolument pas opérationnels, la pratique des stages étant à peu près inconnue en Inde. Du coup, les premières années passées dans une SSII par un débutant servent à le former. Et les employeurs n'apprécient guère de voir partir au bout de dix-huit mois quelqu'un qui leur aura coûté cher en formation et ne leur aura rien rapporté du tout.
Il n'empêche que la sanction est plutôt forte... Et que, dans certains cas, cette caution devient un problème dramatique.

Pour les employés de Satyam, par exemple : alors que la firme est victime de fraudes massives et que son avenir est totalement incertain, nombre de salariés ne rêvent que de s'en aller. Seulement voilà : les plus jeunes d'entre eux, à supposer qu'ils trouvent un travail dans le contexte déprimé actuel, ne pourraient tout simplement pas se permettre de payer la pénalité financière qu'entraînerait leur départ...  (Source 01 net).