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Bientôt, le recrutement se fera aussi en jouant

Attirer des candidats et les tester. Voilà une nouvelle utilisation du jeu sérieux pleine de promesse. Et l'un des enseignements du Forum des serious games qui s'est tenu le 3 mars à Paris.

Le serious game a bel et bien déferlé dans le monde professionnel. Il semble de plus en plus susciter l'intérêt des entreprises. Pour preuve la salle comble, mardi 3 mars, au Forum des serious games, organisé à Paris par Daesign, agence d'e-learning et éditeur de formation multimédia. Plusieurs sociétés sont venues témoigner.

Opcalia a ainsi présenté son outil de conduite d'entretiens professionnels destiné aux managers, et Renault son jeu pour aider ses collaborateurs à apprendre les bonnes techniques de vente. Après le domaine de la formation, le serious game pourrait maintenant investir d'autres espaces de l'entreprise.

« Dans les années à venir, il devrait connaître une véritable explosion dans le recrutement, assure Damian Nolan, président de Daesign. Il permet à l'entreprise de se faire connaître et de présenter ses métiers à un très grand nombre de candidats potentiels. Enfin, il peut être utilisé comme l'un des moyens d'évaluer et de présélectionner des candidats. »

Dans ce domaine, la référence mondiale demeure le jeu gratuit développé, il y a quelques années, par l'armée américaine, « Americas Army » (AA). Après avoir utilisé ce jeu, près de 30 % des jeunes interrogés, âgés de 16 à 24 ans, ont déclaré percevoir positivement les métiers de l'armée américaine. Mieux, l'impact en termes d'image aurait été meilleur que toutes les autres formes de publicité réunies !

Le serious game pour mieux évaluer les candidats : Le serious game demeure un outre un moyen de toucher les jeunes et la fameuse génération Y, aguerrie à l'utilisation des nouvelles technologies. L'e-Strat Challenge, de L'Oréal, l'Ace Manager, un grand jeu d'aventure professionnel conçu par BNP Paribas ou, plus récemment, Moonshield, pour le groupe Thales, sont autant d'outils pour doper la notoriété d'une société ou pour soigner son image.

Un autre facteur pourrait favoriser la percée de ces jeux en entreprise. Pour Michel Noir, président de SBT (Scientific Brain Training) et du cabinet Arnava, spécialiste de « l'assessment » (évaluation des compétences des candidats), « les entreprises sont de plus en plus attachées à la phase amont du recrutement - la présélection des candidats - pour éviter les erreurs de casting, coûteuses, et limiter le turnover », explique-t-il.
Ainsi, pour départager des candidats, certaines entreprises ont recours à des cabinets spécialisés dans l'assessment qui utilisent le serious game pour jauger les capacités intellectuelles (dites « cognitives », dans le jargon des ressources humaines) des candidats et éviter qu'ils ne soient convoqués aux entretiens d'embauche alors qu'ils ne correspondent pas au profil recherché.

C'est le cas de SBT, par exemple, qui propose un serious game, dans une version plus soft, bien loin du jeu qui vous immerge dans un univers virtuel spectaculaire, en 3D, bourré d'effets spéciaux, avec des exercices plus ou moins ludiques pour tester la capacité de concentration, l'écoute, etc.
Et ça marche ! Orange aurait ainsi réduit le turnover de ses téléopérateurs de 30 %, après avoir fait passer aux candidats des tests de simulation visant à évaluer leur comportement pour appeler le client.  (Source 01 net).