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Le chômage partiel déboule dans le secteur informatique

Pour affronter la crise qui touche certains de ses clients, Altran a recours au chômage partiel, très inhabituel dans le secteur. Une piste que le Syntec informatique veut explorer...

Depuis janvier 2009, Altran, spécialiste du conseil et de l'ingénierie en hautes technologies, a mis en oeuvre des mesures de chômage partiel pour remédier aux difficultés qu'il rencontre dans certains secteurs comme l'automobile ou dans certains pays comme la Hollande. Le groupe n'exclut pas d'étendre ces mesures si d'autres secteurs devaient subir des dégradations.

Pour Emmanuel Arnould, président du Groupement européen d'ingénierie et de conseil en technologies (Geicet), un groupement professionnel qui réunit aujourd'hui dix sociétés de cette branche employant chacune 500 salariés ou plus (Altran, Alten, Assystem, Teampartners Group, etc.), « le chômage partiel est une pratique très inhabituelle dans le secteur. Il est une réponse à la crise. Une manière de garder ses collaborateurs en ces temps difficiles et d'éviter les mesures particulièrement violentes comme les licenciements ».

Plusieurs adhérents du Geicet (dont les noms n'ont pas été communiqués), confrontés à un ralentissement de leur activité, se sont d'ores et déjà tournés vers la direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle pour déposer leur demande d'indemnisation au titre du chômage partiel.

Piste de réflexion pour le Syntec informatique : Mais, pour l'heure, ce sont des sociétés de conseil en technologies (R&D externalisée) affectées par la crise du secteur automobile qui ont franchi le pas.

Quid des SSII ? Eh bien le débat est peut-être lancé. Régis Granarolo, président du Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens (Munci) - qui n'a pas eu d'écho de SSII recourant au chômage partiel - donne sur son site son point de vue, partagé par le Syndicat professionnel d'études, de conseil, d'ingénierie, d'informatique et de services (Specis, membre de l'Unsa), qui défend les salariés des entreprises relevant de la branche Syntec.

« Le chômage partiel me semble très difficile à mettre en oeuvre dans notre secteur sans une adaptation réglementaire ou un accord de branche car il s'agit d'un dispositif obligatoirement collectif (contrairement à l'intercontrat, qui relève d'une situation individuelle) et qui doit le rester de notre point de vue », explique-t-il.

Toutefois, il n'exclut pas cette option, sous certaines conditions : « En prévention des licenciements économiques (PSE), nous sommes favorables au chômage partiel à 80 % de la rémunération, uniquement pour une entité économique dans son ensemble (société, site, service...). »

De son côté, le Syntec informatique s'apprête à publier un document dans lequel il planche sur les différents leviers (social, juridique, etc.) pour faire face à la crise et, parmi eux, sur le chômage partiel. A suivre... (Source 01 net).