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Acculé par ses pertes Sun chercherait un repreneur

Après des pertes importantes, Sun Microsystems ferait les yeux doux à IBM, selon le Wall Street Journal. Un rachat susceptible de redessiner en profondeur le paysage informatique.

La nouvelle a fait son petit effet en fin de semaine dernière : le très sérieux quotidien new-yorkais The Wall Street Journal affirme qu'IBM serait en pourparlers en vue de faire l'acquisition de Sun Microsystems, pour un montant avoisinant les 6,5 milliards de dollars, soit le double de sa valorisation boursière actuelle.

Tout en restant très prudent sur l'issue possible de ces discussions, le quotidien rapporte également que le californien aurait approché un certain nombre de poids lourds du secteur comme HP, qui aurait décliné la proposition.

Si ces rumeurs n'ont pas été confirmées, ni par IBM, ni par Sun, malgré nos demandes, elles sont tout de même à prendre très au sérieux. Car Sun est actuellement en très mauvaise santé financière. Très présent dans le secteur de la finance, notamment grâce à ses machines Risc/Unix à haute disponibilité, le constructeur subit la crise de plein fouet.

Après le flambloyant rachat pour un milliard de dollars de MySQL au début de 2008, la situation de la firme de Santa Clara s'est considérablement dégradée : celle-ci a enchaîné les trimestres consécutifs de perte, sur fond de dépréciation d'actifs due notamment au rachat de StorageTek en 2005 pour la bagatelle de 4,1 milliards de dollars. Des pertes qui ont abouti en novembre à l'annonce d'un plan de suppression de l'ordre de 5 000 à 6 000 postes au niveau mondial, qui faisait suite déjà à un premier plan de réduction des effectifs de 5000 personnes en 2006.

Période de transition incertaine pour Sun : L'icône de la résistance à Microsoft en entreprise dans les années 90 est donc en mauvaise posture, tout comme son PDG Jonathan Schwartz, vivement décrié par le principal actionnaire de Sun, le fonds d'investissement Southern Asset Management, qui commence à perdre patience. Le virage vers l'open source et les services impulsés par Schwartz tardent en effet à porter leurs fruits. Qui plus est, la greffe de MySQL s'est traduite médiatiquement par le départ fracassant de ses équipes de management.

Pour tenter de rassurer, Sun annonçait récemment une réorganisation interne de sa division logicielle qui devait être divisée en trois pôles : Application Platform Software réunissant les logiciels comme Java et MySQL, Systems Platform dédié au système d'exploitation Solaris et aux outils de virtualisation, et enfin Cloud Computing and Developer Platforms, dont le terme parle de lui-même.

Côté matériel, malgré une baisse de ses ventes sur ses modèles traditionnels à base de processeurs UltraSPARC IIIi, il connaît une belle croissance sur ses serveurs massivement multicoeurs et sur ses modèles x86 intégrant désormais au choix processeur AMD ou Intel et livrés en standard avec Windows. Sun change de modèle, mais visiblement pas assez vite pour Wall Street.

Une acquisition non dénuée de risques : L'acquisition de Sun par IBM, conduirait inévitablement à beaucoup de casse, tant sur le plan humain que sur celui de l'offre. Les cartes des relations commerciales de ce nouveau géant avec ses partenaires commerciaux seraient alors complètement rebattues. Quant au catalogue produit, il subirait inévitablement des coupes drastiques, les deux acteurs étant en concurrence frontale sur le marché des serveurs.

Ce rapprochement permettrait à IBM de mettre la main sur des joyaux logiciels comme Java, MySQL, et Glassfish, et de tenir à bonne distance non seulement son principal rival HP, actuellement en plein forme sur le marché des serveurs mais aussi un nouvel entrant comme Cisco, même si celui-ci se défend d'attaquer frontalement HP et IBM.

Enfin, l'acquisition d'un acteur aussi emblématique que Sun n'est pas sans risque même pour un mastodonte comme IBM. (Source 01 net).