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Crise : les DSI gardent leur calme

Mercredi 1er avril, lors de la présentation du baromètre CIO 2009, des DSI ont rappelé que leur rôle en temps de crise était de s'adapter, notamment en rendant leur SI plus agile et en jouant un rôle moteur dans l'innovation.

Pas d'affolement chez les directeurs informatiques. C'est du moins la première impression qui se dégage de cette matinée de débat, organisée à l'occasion du lancement du premier baromètre CIO de la fonction informatique, réalisé auprès d'une centaine de DSI issus de grandes entreprises européennes par CSC, spécialiste du conseil et des services informatiques, et Cast, éditeur d'application Intelligence avec l'Ifop.

Une douzaine de patrons et de directeurs informatiques (AGF, Caisse des dépôts et consignations, Auchan, SNCF Voyageurs, Fnac, etc.), ont réfléchi à la façon dont la fonction de DSI appréhende la crise actuelle et, plus largement, à son avenir.

Des intervenants ont rappelé que cela faisait déjà plusieurs années qu'ils étaient sous tension. « Nous sommes dans un environnement en crise, avec des ruptures dans les modèles économiques et aussi opérationnels. Mais ces ruptures existent déjà depuis des années, explique Claude Czechowski, PDG Europe de l'Ouest et du Sud de CSC. Sur le plan opérationnel, nous devons faire plus avec moins ... mais mieux. Ce n'est pas nouveau ».

Pour Pascal Buffard, directeur général d'Axa France Services, « les entreprises qui ont déjà les bons réflexes comme “veiller à ce que ses investissements informatiques s'alignent avec la stratégie de l'entreprise et les priorités des directions métiers” s'en sortiront mieux ».

Une chose est sûre : dans ce contexte, les DSI essaient de s'adapter. D'abord, ils revoient leurs priorités. « Aujourd'hui, les DSI nous sollicitent surtout pour réduire les risques IT et réduire les coûts de possession et de maintenance des applicatifs. De plus en plus de DSI ont aussi recours à l'offshore pour réduire les coûts et nous consultent pour éviter que cela se fasse au détriment de la qualité », explique Gérard Karsenti, vice-président exécutif du business development chez Cast.

Plus de dialogue avec les opérationnels : S'adapter au quotidien, cela passe par plus d'écoute. « Je passe beaucoup de temps à dialoguer avec nos clients internes, nos directions métiers », assure David Horvat, DSI d'AGF. Un point de vue partagé par Jean-Jacques Delaporte, DSI de la Caisse des dépôts et consignations.

« La crise va nous obliger à intensifier le dialogue avec les directions métiers. Nous nous entendons déjà bien mais sur le terrain, nos équipes informatiques doivent encore apprendre davantage à travailler ensemble », insiste-t-il.

Cela peut se traduire par exemple par l'organisation d'événements fédérateurs tels que des séminaires rassemblant les informaticiens et les opérationnels pour réfléchir ensemble sur les processus de l'entreprise.

Autre piste avancée par les participants : la nécessité d'introduire plus de flexibilité dans l'entreprise. « La DSI a un rôle à jouer pour rendre l'organisation plus simple et plus agile afin de transformer l'entreprise, organisée traditionnellement avec des filières produits en une entreprise multi-canal », explique Etienne Bertin, DSI de la Fnac.

DSI, stimulateur de l'innovation : Enfin, pour affronter la crise et préparer l'après-crise, il faut innover et  « rester créatif avec les moyens qu'on a. Un vrai défi », explique Jean-Louis Gross, vice-président de CSC. « L'innovation en temps de crise ne se matérialise pas de la même façon. A nous de trouver les bonnes initiatives », prévient Etienne Bertin, DSI de la Fnac.

De l'innovation oui mais pas facile dans le contexte actuel. Comme le rappelle Georges Epinette, DSI Les Mousquetaires. « Innover c'est aussi savoir attendre que certaines technologies mûrissent. Or, en temps de crise, c'est compliqué d'expliquer à la direction générale qu'une innovation ne va pas générer de retour sur investissement rapide et qu'il va falloir attendre trois ans ! », reconnaît-il.

Pour ce DSI, il est aussi primordial pour innover, d'instaurer en amont une culture du changement et de ne pas l'imposer brutalement. « Dialoguer avec les directions métiers génère de l'innovation. Le DSI est davantage un stimulateur de l'innovation. Il doit fertiliser les idées qui proviennent du terrain », argumente-t-il.

Là encore, les entreprises qui se seront déjà lancées dans des démarches d'innovation, en mettant en place les bons processus avant la crise, auront une longueur d'avance...  (Source 01 net).