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Classement Truffle 100 pour 2008

Les éditeurs de logiciels français sous le signe de la consolidation :


Les éditeurs de logiciels français ont réalisé un chiffre d'affaires global de 5,7 milliards en 2008 (contre 5,8 en un an plus tôt) et un chiffre d'affaires édition de 3,8 milliards de dollars en légère augmentation de 3% par rapport à 2007.

Rappelons que la comparaison d'une année sur l'autre est difficile à établir puisqu'il s'agit du classement des 100 premiers éditeurs de logiciels. En 2008 par exemple, les numéros 4 et 5 du Truffle 100 sont sortis du classement pour cause de rachat.

« Le secteur de l'édition de logiciel français est incontestablement placé sous le signe de la consolidation. « La vague de la consolidation qui a déferlé en 2007 a continué de faire des ravages l'an dernier : en 2 ans pas moins de 11 sociétés parmi les plus importantes ont disparu du Truffle 100 pour cause de rachat par des éditeurs américains, allemands ou anglais, commente Bernard-Louis Roques, Directeur Général et co-fondateur de Truffle Capital. La crise n'arrange rien.

Pourtant, face à des perspectives de croissance sans cesse révisées à la baisse, la grande majorité des éditeurs restent offensifs et ripostent notamment en développant de nouvelles offres comme par exemple le Saas (Software as a Service). »

Consolidation et rachat par des sociétés étrangères : Sur les deux dernières années, 11 éditeurs ont disparu du classement Truffle 100, rachetés par des sociétés étrangères. En 2007, les plus importantes furent Business Objects et Cartesis respectivement n°2 et 8 du classement ; en 2008, ce fut au tour de GL Trade et d'Ilog, respectivement numéro 4 et 5.

« Cette étude montre bien que les entreprises françaises du secteur du logiciel n'ont pas atteint, dans leur grande majorité, la taille critique qui pourrait leur permettre de se protéger contre des rachats étrangers et d'envisager sereinement un développement à l'international », explique Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'état chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique.

Explication assez peu convaincante puisque ce sont principalement les grands éditeurs qui font l'objet d'acquisition. C'est peut être même le contraire, à savoir que, dès qu'ils grossissent et atteignent une certaine taille, les éditeurs deviennent visibles et font l'objet de convoitise de la part d'éditeurs plus grands.

Dans un monde globalisé, protéger les sociétés d'éventuels rachats par des sociétés tierces procède plutôt d'une stratégie de type ligne Maginot. Ces acquisitions sont plutôt le signe d'une certaine vitalité. Le problème est ailleurs et liée à la relative faiblesse du logiciel français, comme du logiciel européen par rapport à son grand concurrent américain. Contrairement au secteur des services où les sociétés françaises et européennes sont mieux représentées au niveau international. Mais cela n'est évidemment pas nouveau.

A quand un SBA à la française ? Comment renforcer le secteur de l'édition ? « C'est pourquoi je veux leur faciliter l'accès à la commande publique, en faisant largement connaître auprès d'elles et des acheteurs publics la possibilité prévue par la Loi de Modernisation de l'Economie de leur réserver 15% d'un marché public, poursuit Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'état chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique.

Cette possibilité représente un vrai pas en avant sur le chemin d'un SBA (Small Business Act) à la française, et je compte sur l'administration pour la mettre en œuvre systématiquement, dans un esprit d'efficacité et de cohérence de l'action publique. Le SBA est une sorte de serpent de mer dont on parle depuis de nombreuses années, mais que personne n'a encore vu.

En tous cas, ce Small Business Act est une « mesure qui caracole depuis 3 ans en tête des attentes des éditeurs français et européens, rappelle Bernard-Louis Roques, Directeur Général et co-fondateur de Truffle Capital. Ce SBA est une mesure anticrise idéale : créatrice d'emplois, à coût budgétaire nul, qui permet aux administrations de faire des économies tout en gagnant en productivité.

Elle permettra aussi aux éditeurs nationaux de devenir consolidateurs plutôt que cibles... Qu'attend-on ?, conclut-il.  Oui, effectivement qu'attend-on ? (Source IT Channel).