Le spécialiste européen de la formation certifiante en informatique et management pour les entreprises

Oracle rachète Sun pour 7,4 milliards de dollars !!!

Avec Sun, Oracle se dote d'une offre matérielle et logicielle complète !

Le rachat du constructeur de serveurs par la firme de Larry Ellison redessine le paysage de la high-tech d'entreprise.

Cette fusion entre deux groupes complémentaires soulève toutefois des questions sur l'avenir de MySQL.

Les rumeurs d'un rachat de Sun étaient très persistantes depuis quelque temps. Les concurrents directs comme IBM ou HP faisaient partie des principaux prétendants.

C'est finalement Oracle qui s'est offert la firme emmenée par Jonathan Schwartz. Avec ce rachat, une page d'histoire se tourne. La crise aura donc eu raison de l'indépendance de Sun, quatrième ou cinquième protagoniste, selon les classements, du marché mondial des serveurs. Résumons-le ainsi : l'un avait besoin de l'autre et vice-versa.

Après plusieurs énormes rachats dans le domaine du logiciel, comme celui de l'ERP PeopleSoft pour 10,3 milliards de dollars, en 2003 ; de l'éditeur de CRM Siebel, en 2005, pour 6 milliards de dollars ; d'Hyperion dans le décisionnel, en 2007, pour 3,3 milliards de dollars ; enfin, de BEA (serveur d'application Java) pour 8,5 milliards de dollars, en 2008, l'éditeur éponyme de la base de données Oracle n'avaient pas vraiment d'autres choix pour se diversifier que d'investir le secteur du matériel.

Sun, de son côté, en difficulté sur son marché historique des serveurs, avait besoin du logiciel ; le constructeur essayait depuis l'arrivée de Jonathan Schwartz de se positionner davantage sur ce secteur et sur celui des services, notamment avec le rachat de MySQL, en 2008. La crise a semble-t-il précipité la recherche d'un repreneur, mettant ainsi un terme à cette stratégie.

Dans un tel scénario, Oracle était sans doute le meilleur des repreneurs possibles pour Sun, les deux groupes étant relativement complémentaires en termes de solutions. Et ce d'autant plus pour l'ensemble de la ligne de serveurs et de matériel de stockage du californien, Oracle n'ayant jamais mis un pied dans ce secteur.

Un rachat par IBM ou HP aurait conduit inévitablement à de douloureux arbitrages, bon nombre de lignes de produits serveurs (x86, Risc/Unix, etc.) étant frontalement concurrentes. A contrario, le rachat de Sun par Oracle fait de ce dernier un sérieux concurrent pour ces deux poids lourds, tant sur le secteur du logiciel que du matériel, et du service dans une moindre mesure.

Un rachat motivé par l'acquisition de Solaris et de Java : Côté logiciel, Larry Ellison motive le rachat de Sun essentiellement pour le langage Java et pour le système d'exploitation Solaris, qui motorise la majorité des bases Oracle installées dans le monde. Les équipes vont donc chercher à optimiser le fonctionnement entre les deux groupes et jouer à fond la carte de la complémentarité logicielle et matérielle apportée par la fusion : « Oracle a l'intention de construire et de livrer des systèmes intégrés – de l'application jusqu'aux disques – où chacune des pièces s'emboîtera si bien que nos clients n'auront pas à le faire eux-mêmes », écrit le président d'Oracle, Charles Phillips, dans une lettre aux clients de l'éditeur.

Mais tout n'est pas rose dans cette acquisition, où la question de l'avenir de la base de données MySQL se pose en filigrane. Même si celle-ci est plutôt orientée Web, elle reste toute de même une concurrente de la base historique d'Oracle, qui, il est vrai, est plutôt taillée pour les applications critiques d'entreprise. Bizarrement, cette question semble taboue, elle n'a pas du tout été évoquée lors de la conférence téléphonique donnée par les deux groupes hier après-midi.

Autre sujet d'interrogation, le serveur d'application Java Glassfish de Sun, qui vient faire un peu trop d'ombre à celui de BEA, regroupé au sein de l'offre Oracle Fusion MiddleWare.

Croisons les doigts pour que ce rachat n'aboutisse pas une fois de plus à des suppressions de postes ! Sun enchaînant les plans de licenciement depuis trois ans. Enfin, la stratégie et l'esprit open source de la firme de Santa Clara vont-t-elle perdurer au sein d'un mastodonte comme Oracle, plutôt considéré comme un ambassadeur du logiciel propriétaire ? A suivre…(Source 01 net).