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Nathalie Kosciusko-Morizet ajoute un volet numérique au plan de relance

250 millions d'euros par an pendant trois ans pour amorcer le déploiement du très haut débit dans les zones les moins rentables et 50 millions pour booster le serious gaming et le Web 2.0. Voilà les mesures présentées le 6 mai dernier en conseil des ministres.

Parce que le numérique est un secteur d'activité porteur et un outil pour tous les autres secteurs, le gouvernement le considère comme un pilier de l'après-crise et lui accorde aujourd'hui quelques mesures particulières, alors que le premier jet du plan de relance de Patrick Devedjian était muet sur le sujet.

Lors du conseil des ministres, la secrétaire d'état au Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, présentait trois nouvelles mesures.

La première vise à encourager le déploiement du très haut débit dans les zones denses mais considérées comme moins rentables par les acteurs privés.
« La Caisse des dépôts et consignation va disposer de 250 millions d'euros par an sur trois ans pour conduire la structuration de fonds propres. L'objectif de ce co-investissement avec des opérateurs privés et des collectivités locales est d'atteindre 4 millions de prises supplémentaires d'ici à la fin de 2012 », a annoncé Nathalie Kosciusko-Morizet, qui estime que cet effort créera plusieurs dizaines de milliers d'emplois, dont certains dès cette année.

Le serious gaming et le Web 2.0 comme moteurs de croissance : « L'industrie du jeu est très vivante en France, mais nous sommes faibles sur le secteur du serious game * », a continué NKM. Ce dernier représente un marché de 1,5 à 3 milliards de dollars dans le monde et de 10 millions d'euros en France (contre 45 milliards de dollars dans le monde et 3 milliards de dollars en France pour l'industrie du jeu vidéo).

Pour aider les 300 petites entreprises françaises du jeu vidéo, elle a annoncé que 30 millions d'euros seraient consacrés à des projets de serious game, particulièrement dans la santé et l'éducation ou encore dans la défense, la sécurité civile et le français comme langue étrangère.
Cette seconde mesure prend la forme d'appels à projets et de commandes publiques qui seront lancés en septembre. Les décisions seront prises d'ici au mois de décembre et les premiers investissements lancés au début de l'année 2010.

La troisième mesure suit le même calendrier et les mêmes modalités. Ce sont cette fois 20 millions d'euros qui financeront « des solutions collaboratives dans le domaine des services mobiles et de l'accès aux données publiques. »

L'inspiration de ce volet Web 2.0 est venue d'un voyage aux Etats-Unis, où la secrétaire d'état a constaté que les équipes du président Obama avaient décidé de mettre des statistiques à la disposition du public dans le but de les valoriser. « Il ne s'agit pas de répliquer leur data.gov, mais le principe accompagnera la modernisation de l'administration », a-t-elle expliqué.

Un exemple de projet pourrait être une application géolocalisée, du type Cartocrime, qui prévient des taux de criminalité d'un secteur directement sur le mobile.

Renaissance Numérique reste sur sa faim : La secrétaire d'état a tenu à rappeler que plusieurs mesures déjà en place contribuaient à booster l'économie numérique.

« Le plan Administration numérique 2012 représente plusieurs centaines de millions d'euros et 15 % des appels d'offre sont réservés aux PME et aux TPE, a-t-elle précisé. Dans le plan de relance, les bailleurs qui construisent des logements doivent les “pré-fibrer”. »

Du côté de l'association Renaissance Numérique, c'est la déception. « C'est positif, mais le budget alloué au très haut débit me semble très faible par rapport aux milliards d'euros nécessaires, a réagi Christine Balagué, la présidente de l'association. Surtout, on ne s'occupe pas de l'Internet social pour les seniors et les foyers défavorisés.

Pourtant, ce sont des enjeux sociétaux importants qui sont générateurs d'emplois et d'économies dans le cas du maintien à domicile des personnes âgées. » (Source 01 net).