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Des salariés de Nortel menacent de faire exploser leur entreprise

Depuis la confirmation des 467 suppressions de postes sur 684, le mécontentement des collaborateurs de Nortel s'amplifie.

Certains se disent prêts à faire sauter les locaux...
L'arrivée des vacances ou le pont du 14 juillet aurait pu couper les salariés de Nortel Network SA dans leur élan. Il n'en est rien. Aujourd'hui encore, ils semblent bien décidés à continuer la grève, à Châteaufort dans les Yvelines, et surtout à se faire entendre. A l'initiative de quelques salariés - et non de syndicalistes - une dizaine de bombonnes de gaz ont été installées pour « officiellement » faire sauter les locaux du site de Châteaufort, à savoir le centre mondial de R & D GSM de l'équipementier canadien, qui accueille la direction, l'ingénierie, le développement des produits, et le support au niveaumondial.

Dans la pratique, l'action est plutôt symbolique. « Je ne suis pas certain que ces bonbonnes soient pleines, le but est plutôt d'attirer l'attention des médias », confie un collaborateur de l'équipementier. Aujourd'hui, des tracts sont distribués sur la route départementale 36, des pneus brûlés, et une délégation va se rendre au siège de Bouygues Telecom, « un client important, concerné au premier chef par la faillite de Nortel ».

Des conditions de départ jugées inacceptables : Au cœur des revendications du collectif  Nortel France, qui représente syndicats et salariés de Nortel Network SA en lutte contre la liquidation de leur compagnie, une indemnité de 100 000 euros pour chaque personne licenciée. Elle doit aussi s'appliquer « aux prochaines vagues de licenciements », précise ce salarié de Nortel.
Après la confirmation vendredi dernier par la direction de la suppression de 467 postes sur 684, les salariés de Nortel Networks, entament leur neuvième jour de grève. Des collaborateurs de l'entreprise partis en congé se sont même inscrits sur la liste des grévistes, une liste comportant aujourd'hui plus de 250 personnes. Dans une semaine, les lettres de licenciement vont partir. Au désarroi des salariés, s'ajoute le sentiment qu'il n'y a plus de temps à perdre...

La menace d'explosion de l'entreprise rappelle celle des salariés de l'usine en liquidation de News Fabris, un sous-traitant automobile, dans la Vienne. (Source 01 Net)
 

SUITE :  La menace aux bombonnes de gaz a eu le retentissement attendu dans la presse mais aussi au niveau du gouvernement.

Finalement, les syndicats de l'équipementier de télécommunications canadien ont obtenu une réunion avec l'administrateur provisoire et ont levé leur menace. « Les organisations syndicales se sont engagées à retirer les bouteilles de gaz placées sur le site après avoir obtenu satisfaction sur leur demande », a expliqué le chef de cabinet du préfet.
L'affaire est arrivée aux oreilles du ministre de l'Industrie, Christian Estrosi qui a déclaré « La République ne peut pas fonctionner sous la contrainte et la menace », il ajoute « Et si chacun comprend le désarroi des salariés, ils prennent le risque avec de telles pratiques d'inquiéter voire de décourager les repreneurs potentiels des technologies qu'ils ont grandement contribué à développer ». Il se félicite de la bonne tournure que prennent les évènements et se rendra sur place en personne, ce mercredi en fin de journée. « Christian Estrosi, le très récemment nommé ministre chargé de l'Industrie souhaite s'entretenir avec eux et leur représentant sur le site de l'entreprise à Châteaufort dans les Yvelines à 16h30 ce jour » annoncent les syndicats dans un communiqué de presse.

Que ce soit Xavier Darcos, ministre du Travail sur LCI, ou le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, sur France 2, le propos reste le même : les difficultés et le désarroi des salariés sont compréhensibles mais la violence et les menaces ne sont pas une bonne solution.
Nortel de son côté informe que le « site de Châteaufort, centre de recherche et développement pour la technologie Wireless de Nortel, va rester fermé ce jour pour des raisons de sécurité. Notre équipe de sécurité reste vigilante sur l'évolution de la situation ». (Source ITR Manager)