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Le salaire variable des ingénieurs est en baisse

Menée chaque année auprès des ingénieurs, l’enquête du CNISF livre une photo globale de la population des ingénieurs et de leur rémunération en 2008. Des constats en demi-teinte...

La crise a-t-elle laminé les salaires des ingénieurs informatiques ?Malgré les nombreuses études en la matière, la réponse n'est pas évidente.

Ainsi, dans son enquête annuelle (1) parue en juillet 2009, le CNISF (Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France) tient à préciser :

« Le seul constat que nous pouvons faire ici porte sur l'évolution de la distribution des salaires, avec une conclusion nette : les limites marquant la borne inférieure des salaires les plus bas sont en progression par rapport à 2007. Ainsi, les 10 % d'ingénieurs qui touchaient les plus faibles salaires en 2007 percevaient entre 32 768 et 39 507 € alors qu'en 2008, cette part (qui n'est pas formée par les mêmes personnes) perçoit entre 33 464 et 40 000 €. Cela marque une amélioration. »

Ce qui n'empêche pas l'enquête de mentionner que 10 % des ingénieurs considèrent que leurs revenus ont baissé entre 2007 et 2008. Entre les résultats d'études et les constats individuels, le ravin se creuse... Difficile en tous cas de généraliser.

Reste que l'étude du CNISF, qui s'intéresse à l'ensemble des ingénieurs toutes fonctions confondues, établit des moyennes qui peuvent tout de même servir de références. Avec un chiffre-clé qu'il convient de retenir : le salaire brut annuel médian des ingénieurs œuvrant dans les systèmes d'information s'établit à 50 000 €. Avec, certes, de fortes variations selon les fonctions, âges...

La moyenne la plus faible concerne le développement et l'intégration (45 217 €) ainsi que le support et l'assistance (46 050 €). En toute logique, les mieux lotis sont les DSI et dirigeants du secteur (75 000 €) suivis par les consultants en systèmes d'information et maîtrise d'ouvrage (52 000 €).

Par ailleurs, les rémunérations en SSII suivent une progression selon l'âge : 36 000 € avant 30 ans, 50 150 € de 30 à 44 ans, 69 000 € de 45 à 64 ans, pour une moyenne générale s'établissant à 44 500 €.

Les débutants commencent à se résigner : En revanche, la part variable du salaire est sensiblement touchée par la crise. Un tiers des ingénieurs, toutes spécialités confondues, a perçu une partie du salaire sous une forme variable qui représentait au moins 5 % de la rémunération, indique ainsi l'enquête.

« Les parts variables restent limitées par rapport au montant total du salaire : 15,7 % en moyenne, si l'on ne prend en compte que celles de plus de 5 %, 13,4 % si l'on étend le décompte à celles de plus de 0,5 %. Ces deux moyennes sont en baisse par rapport en 2007. Elles atteignaient alors respectivement 17 et 15 %. »

Que réserve l'avenir ? Le pessimisme est latent : plus de 35 % des ingénieurs (contre 19 % l'an dernier) anticipent en effet une stabilité de leur rémunération pour 2009, et 47,7 % (66 % en 2008) d'entre eux espèrent une augmentation.

Conclusion du CNISF : « la progression des attentes de hausse de salaire s'observe uniquement chez les ingénieurs de plus de 30 ans. Mais la proportion de débutants en attente d'une hausse de salaire est en baisse de cinq points par rapport à l'an passé. »

(1) Rapport édité par le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF) en collaboration avec le Comité d'études sur les formations des ingénieurs (CEFI). Enquête menée sur Internet du 1er mars au 18 avril 2009. 41 937 réponses ont été pondérées pour représenter les 681 400 ingénieurs diplômés de moins de 65 ans, toutes écoles confondues. (Source 01 Net)