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Les SSII face à la grippe A

Appliquant les recommandations du gouvernement, les SSII mettent en place leur « plan de continuité de l’activité ». Exemple avec Consort NT qui emploie un millier de personnes.

Il y a quelques semaines, Lénaïc Fichet a été bombardé M. Grippe A. Directeur du knowledge management, il pilote la cellule chargée de mettre en place les mesures qui aideront cette SSII à continuer de fonctionner si la grippe A venait à frapper ses équipes.

« Les communications en interne et auprès de nos clients ont déjà commencé. Nous avons mis en place 35 mesures qui sont activables en un clic et nous attendons la livraison de matériel de protection à la fin août », résume-t-il d'un air confiant.

Consort NT a multiplié les sources d'information : chambre d'industrie, circulaire du gouvernement et Syntec Informatique. La chambre syndicale des SSII et des éditeurs de logiciels a édité à l'attention de ses membres un mémento social qui reprend les consignes gouvernementales en matière de mesures de protection.

« Les grosses structures sont sur le pied de guerre, mais les petites sociétés sont plus démunies, explique Laurence Jego au Syntec Informatique. Celles qui ont une forte population mobile s'inquiètent. Si leurs clients ne mettent rien en place, ce sera le maillon faible. Mais elles ont un devoir d'information auprès de leurs salariés ».

Le ministre du Travail a par ailleurs annoncé cette semaine que les PME de plus de 50 salariés allaient recevoir des notices d'information sur les plans de continuité d'activité en cas de pandémie de grippe A.

Masques et lavage des mains : « Nous avons décliné les mesures préconisées par le gouvernement qui s'appliquent dans notre cadre pour élaborer un plan général sur les conduites et les gestes pour se prémunir, explique Lénaïc Fichet. Pour les fonctions centrales comme la comptabilité, la paie et les décisionnaires, nous avons des back-up suffisants pour tenir avec un taux d'absentéisme de 40 % sur deux ou trois semaines ».

Consort NT a également commandé 16 000 masques de protection et des produits hydro-alcooliques pour assurer une bonne hygiène des mains. Ces outils pour éviter la propagation du virus lui seront livrés à la fin du mois, à temps pour la rentrée de septembre.

Le télétravail sera-t-il une solution pour les entreprises ? « Nous avons déjà les moyens en place. Nous nous demandons s'il faut les augmenter. Mais il faut respecter le cadre légal en obtenant l'accord des salariés », confie Lénaïc Fichet. Le télétravail pourrait devenir un ultime recours en cas de fermeture de sites pour cette société implantée en région parisienne, à Toulouse et à Lille.

Quid des consultants sur site ? « Notre spécificité est d'avoir 80 % de nos effectifs chez nos clients. Nous avons demandé à nos clients de se positionner sur leurs mesures en interne et d'identifier un correspondant pour les prestataires, explique le responsable de Consort NT. Nos clients dans les banques nous ont interrogés sur nos plans car nous sommes dans un contexte de prestations critiques. Nous leur avons fait des propositions qui doivent être validées d'ici à la fin du mois ».

Pour certains clients, le plan est de dégrader la qualité de service en gardant un tiers de l'équipe en réserve. « Ils seront d'astreinte chez eux et pourront intervenir en cas de défaillance. On envisage aussi des mesures de réquisition de personnel qui sont sur des projets non-essentiels », continue Lénaïc Fichet.

Mais il reste des inconnues. « Si nos clients mettent en place des moyens de protection pour nos consultants, vont-ils nous facturer ? » s'interroge encore Lénaïc Fichet.

Un globull contre un virus : En avril 2008, Bull lançait globull, une solution matérielle et logicielle de sécurité mobile dont les algorithmes classés défense permettent de sécuriser applications et données.

« Depuis deux mois, de nombreux contacts privés et gouvernementaux nous rappellent pour accélérer la mise en place de solution dans le cadre du virus H1N1, affirme Bruno Pinna, directeur marketing chez Bull. Une grosse société dans le tertiaire veut équiper 300 salariés critiques ».

Selon lui, le risque de pandémie risque d'entrainer pour la première fois le nomadisme de personnels critiques manipulant des données confidentielles.

« Les sociétés étudient d'autres cas de figure comme des salariés en quarantaine ou transférés sur un nouveau site après la fermeture de leur lieu de travail », explique-t-il.
« Des simulations aux Etats-Unis ont montré qu'en cas de pandémie, les réseaux de communication pouvaient être affaiblis parce que ces sociétés elles-mêmes seraient touchées par la pandémie et que les réseaux seraient soumis à trop de pression à cause du télétravail. Dans ce cas, que nous ne souhaitons évidemment pas, globull serait un kit de survie H1N1 », conclut Bruno Pinna.  (Source 01 Net)