Le spécialiste européen de la formation certifiante en informatique et management pour les entreprises

VMware acquiert SpringSource pour 420 millions de dollars

Le spécialiste de la virtualisation rachète un challenger du développement Java pour bâtir une nouvelle génération de services de cloud computing.

Il s'agit de la plus grosse acquisition dans l'histoire de VMware. Le leader de la virtualisation achète SpringSource, spécialiste Java, pour 362 millions de dollars en cash et 58 millions de dollars en actions, soit 420 millions de dollars au total. La transaction devrait être finalisée dans le courant du mois de septembre 2009.

L'objectif : développer une solution PaaS (Platform as a Service) originale, dédiée aussi bien aux clouds internes qu'externes, pour à la fois contrer un Microsoft de plus en plus agressif, mais aussi se faire une place de choix dans ce domaine déjà investi notamment par Google (avec AppEngine) et SalesForce (avec Force.com).

Le marché du PaaS est évalué à 15 milliards de dollars d'ici à 2016 par Forrester Reseach, dans une étude datant du début du mois de juillet. De quoi donner à n'importe quel acteur des infrastructures une envie de s'y investir.

Un investissement qui devrait transformer Vmware : SpringSource deviendra une filiale à 100 % de VMware, avec à sa tête l'actuel PDG, Rob Johnson. En revanche, peu d'éléments techniques sont pour l'instant connus sur l'intégration des deux technologies. La combinaison de SpringSource et de VMware devrait permettre aux entreprises de bâtir de nouvelles applications et de les faire tourner sur n'importe quel type d'infrastructure cloud, de manière simple et sécurisée. La plate-forme de VMware, vSphere (et notamment vApp) devrait donc se combiner avec le framework Java/JEE de SpringSource, déjà bien connu des développeurs.

Aucune évolution de la gamme n'est à prévoir, ni de licensing, du moins dans l'immédiat, si l'on en croit Rob Johnson, dans un article posté sur son blog. Et la synergie entre les deux sociétés devrait être sans douleur. « SpringSource et VMware veulent déployer une solution PaaS (Platform as a Service) construite autour de technologies que les entreprises connaissent déjà, capable de tourner sur des serveurs d'applications Java/JEE localisés aussi bien dans les datacenters conventionnels que sur Amazon EC2 et d'autres environnements élastiques », explique-t-il.

Même si les technologies pour l'instant ne changent pas, Paul Maritz, dans un webcast diffusé au moment de l'annonce lundi 10 août, a tout de même reconnu que ce rachat pourrait bien « transformer VMware ». Vrai ou non, l'acquisition lui permettra de se rapprocher de son objectif avoué il y a un an : devenir un véritable acteur du datacenter et de l'automatisation du cloud computing. 

« Nous voulons combiner la virtualisation, qui contrôle la partie matérielle des infrastructures, avec un framework qui touche aux applications. Nous avions déjà vApp, outil de virtualisation d'applications, mais pour aller plus loin nous avions besoin d'une plate-forme capable de charger les applications aussi bien dans le cloud interne qu'externe de manière simple et automatique, en totale sécurité. Pour cela, il nous fallait avoir une meilleure compréhension des applications elles-mêmes », a-t-il souligné.

SpringSource, le David contre les Goliath de Java : Un savoir-faire que SpringSource détient et qui justifie l'énorme somme déboursée par VMware. Ce dernier est considéré comme le David face aux Goliath de Java que sont IBM WebSphere, Oracle Weblogic ou Red Hat JBoss. Selon Gartner, le framework Spring serait le favori d'une bonne moitié de la communauté Java, soit deux millions de développeurs mondiaux, pour réaliser des applications Java/JEE stables et faciles à maintenir.

Face aux géants, SpringSource a su se faire un nom et un portefeuille bien rempli, aussi grâce à des rachats bien sentis. Apache Tom Cat, l'un des serveurs d'applications les plus en vogue (60 % des entreprises l'utiliseraient), c'est lui. Groovy and Grails, langage dynamique comptant 70 000 téléchargements par mois, c'est encore lui. Hyperic, solution de management et de monitoring des applications, considérée par Gartner comme « cool » pour le cloud computing, c'est toujours lui.

D'ailleurs, VMware ne découvre pas SpringSource. Les deux sociétés collaboraient déjà depuis quelques mois. Lors de la conférence SpringOne à la fin du mois d'avril dernier, SpringSource avait déjà levé un bout de voile sur cette future collaboration.

La compagnie avait montré le déploiement d'applications Spring (avec la suite d'outils SpringSource) tournant dans des machines virtuelles, grâce à vApp sous le contrôle de VMware Lab Manager. (Source 01 Net)