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SSII et éditeurs connaissent une forte hausse des défaillances d'entreprise

Selon la société d’assurance-crédit Euler Hermes SFAC, les défaillances d’entreprise dans le secteur du logiciel et des services informatiques ont augmenté de 16 % sur un an.

Peu à peu les SSII de taille modeste rendent les armes. La crise économique amenuise les défenses des plus volontaires. La société d'assurance-crédit Euler Hermes SFAC qui publie régulièrement des études sectorielles, enregistre ainsi une hausse des défaillances de 16 % sur un an, dans le secteur du logiciel et des services informatiques par rapport à l'année précédente, à la même période.

Au 31 août 2009, elle comptabilise 1 001 sociétés en redressement ou en liquidation judiciaire, ou encore en procédure de sauvegarde. Selon Didier Moizo, conseiller sectoriel en charge du domaine informatique, électronique et télécoms chez Euler Hermes SFAC, « la situation se dégrade de façon assez préoccupante. » Il faut néanmoins tenir compte d'une légère distorsion mécanique, la comparaison s'établissant sur une période de référence pendant laquelle le marché était en pleine phase de croissance.

Vers une consolidation du secteur : Mais l'inquiétude principale provient de la poursuite de cette augmentation des procédures de redressement judiciaire ou de sauvegarde durant l'été. « L'accalmie habituelle pendant cette période n'a pas eu lieu », relève Didier Moizo. Il faut dire que les conditions du marché continuent de se détériorer.

Le cabinet d'études Pierre Audoin Consultants a ainsi revu ses estimations de croissance à la baisse. Il prévoit désormais une récession du marché des logiciels et services informatiques à 1,1 % contre une hausse entre 0 et 1 % six mois auparavant. Il dresse d'ailleurs un diagnostic similaire à celui de la société d'assurance-crédit, et prédit une hausse du nombre de sociétés défaillantes sur la deuxième moitié de l'année.

Ares excepté, les grandes SSII qui ont publié des résultats semestriels honorables ne semblent pas trop affectées par ce durcissement des conditions de marché. La communauté moins visible des petites et moyennes SSII souffre davantage. La baisse des carnets de commande et le rallongement des délais de paiement des clients fragilisent leur trésorerie. La difficulté à refinancer leurs dettes, avec des conditions d'accès au crédit toujours complexes, incite les PME du secteur à envisager d'autres alternatives. A commencer par le rachat par un acteur plus solide.

Cette situation devrait déclencher, selon Frédéric Giron, directeur de PAC France, un mouvement de consolidation des petites et moyennes entreprises du secteur.

Les PME davantage affectées : S'appuyant sur le dernier sondage réalisé auprès de ses adhérents, Olivier Bouderand, secrétaire général de 3SCI, l'organisation patronale représentant les petites structures dans le secteur informatique, se montre moins pessimiste. « Le dernier sondage reste plutôt positif », relève-t-il. Peu d'adhérents évoquent un manque de trésorerie, même si 37 % d'entre eux mentionnent une érosion de leur chiffre d'affaires. L'échantillon d'entreprises interrogées est composé en majorité de sociétés de moins de 50 salariés, travaillant pour des PME.

La situation des SSII ciblant les grands comptes est en revanche plus précaire. Les critères de référencement mis en place par les services achats, qui favorisent les acteurs de taille importante, les ont exclues ces dernières années de nombreux appels d'offres.

A défaut d'accès direct aux projets, les PME du secteur travaillent régulièrement en sous-traitance, souvent de façon occulte, pour les grands prestataires. Elles voient s'envoler au passage une part de marge brute de l'ordre de 20 à 30 %. Or ces grands prestataires sont prompts à couper le robinet de la sous-traitance, dès que les perspectives du marché s'obscurcissent, fragilisant davantage la situation de ces SSII de taille modeste en période de crise économique. (Source 01 net)