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La crise, l’informatique, les ingénieurs, et l’innovation

L'innovation serait de nouveau au cœur des préoccupations des entreprises et serait donc une chance pour les ingénieurs qui, par nature, sont parmi les mieux placés pour y jouer un rôle éminent. Et la crise dans laquelle nous sommes actuellement est de nature à mettre encore plus l'accent sur l'innovation. Tel est le message que souhaitait diffuser le CNISF (Conseil National des Ingénieurs et des Scientifiques de France) en organisant un colloque intitulé « l'après crise : une économie d'ingénieur ».

« Innover : introduire une chose nouvelle pour remplacer quelque chose d'ancien ». Telle est la définition que nous propose le Larousse. « Mais trop souvent dans les esprits, l'innovation se situe presque exclusivement au niveau de la recherche en amont, alors qu'elle doit être présente dans toutes les étapes de conception de développement, de réalisation, de vente des services, des produits et des systèmes », commentait Noël Clavelloux, président du CNISF.

La manque de représentants directs du secteur des technologies de l'information et des fonctions liés au SI dans les entreprises dans les intervenants à ce colloque est un peu surprenant tant l'informatique au sens large joue un rôle majeur aujourd'hui dans l'entreprise. 

Les TIC omniprésentes : Selon la 20e enquête réalisée à CNISF à laquelle ont répondu plus de 25 000 ingénieurs, les technologies de l'informatique incluant également l'électronique, le génie logiciel et les maths appliqués constituent la première spécialité à l'issue de la formation des ingénieurs interrogés. Viennent ensuite des ingénieurs généralistes (19,1%) et des ingénieurs spécialisés en mécanique, production et productique (13,9%).

Pour ceux qui auraient un doute sur la place des SI, ces derniers représentent la première activité chez les ingénieurs débutants employant 21 % d'entre eux (dont développement et intégration (11 %), Conseil en SI, maîtrise d'ouvrage (4,7 %) et Production et exploitation (2,6 %) devant la production et fonctions connexes (20,6%).

Troisième élément qui démontre l'importance de l'informatique, les SSII et éditeurs de logiciels est le secteur qui emploie le plus nombre de débutants avec 17,3 %, assez loin devant l'ingénierie et les sociétés de services aux entreprises autres qu'en l'informatique (12,4 %).

« De manière quasi implicite, la crise est une période transitoire relativement courte (on peut l'espérer) qui ne doit pas faire oublier les tendances de fond qui modifient le monde actuel, considère Jean-François Minster, directeur scientifique de Total. Les transferts des pôles de décision et de compétences vers l'Asie, l'environnement, les changements sociétaux et la généralisation de nouveaux modes d'organisation (innovation ouverte, externalisation...) sont certainement les plus marquants dont les ingénieurs doivent tenir compte ».

Le logiciel libre, un outil de compétitivité ? : Comme toute les activités de l'entreprise, l'innovation n'est plus l'affaire d'individus isolés, mais résulte beaucoup plus d'un processus collectif qui mobile des forces à l'intérieur de l'entreprise, mais aussi à l'extérieur. C'est la notion d'innovation ouverte qui fait son chemin et pour laquelle les nouvelles technologies, notamment du Web 2.0, jouent un rôle central.

Dominique Vernay, président du pôle de compétitivité System@tic Paris Région et ancien directeur technique de Thales, ne reniera pas l'importance de l'écosystème pour faire fructifier l'innovation dans la mesure où elle consubstantielle à la notion de pôle de compétitivité qui regroupe des laboratoires de recherche, des grands groupes, des PME. C'est de ce jeu à trois que jailliront la créativité et l'innovation. 

Dans les orientations stratégiques de System@tic, le logiciel libre tient une place éminente. « Lorsque le Premier ministre nous a demandé il y a deux ans d'intégrer le logiciel libre, cela nous a fait très peur et nous avions une image d'un milieu regroupant des esprits libertaires, ne croyant pas à la propriété intellectuelle et appartenant à une nuée de petites entreprises. Mais nous avons rapidement changé d'avis. Il faut savoir que la France est leader dans l'Open Source et que le libre constitue un formidable outil de compétitivité », explique-t-il.

« L'innovation est trop souvent réduite à sa dimension technologique, considère Stéphane Roussel, directeur des ressources humaines de Vivendi, alors qu'elle recouvre souvent d'autres dimensions ». Le cas du mobile est significatif. Au-delà de la prouesse technique, le succès de ce nouveau mode de communication s'explique aussi par des raisons ergonomiques, marketing (système de tarification, timing...).

Dans cette quête à l'innovation, Vivendi assure s'appuyer sur des laboratoires universitaires, des startups dans lesquelles elle prend des participations...
Si pour Alain Bravo, directeur général de Supélec, « Il n'y a pas relation directe entre l'innovation et la crise actuelle », Isabelle Kocher, directeur générale de la Lyonnaise des Eaux estime « que la crise va nous aider à changer nos comportements et est favorable à l'innovation ». La Lyonnaise des Eaux n'échappe pas à la tendance vers les services qui marque l'évolution générale de l'économie.

Pour la filiale du groupe Suez, il ne s'agit plus de distribuer de l'eau, mais « de trouver toutes sortes de solutions répondant à de nouveaux enjeux qui font appel à des compétences diverses ». En amont par exemple, le développement de compteurs intelligents pour réduire la consommation fait appel à des spécialistes télécom.

En aval, la récupération de chaleur des eaux usées nécessite des compétences de thermicien. Entre 30 et 50 % des eaux usées se déverse dans les rivières représente. Ici, des compétences en phytothérapie représentent une voie intéressante. « De même, les business models devront être amenés à changer car être rémunéré au m³ d'eau pose question dans l'environnement actuel » conclut Isabelle Kocher. (Source ITR Manager)