Le spécialiste européen de la formation certifiante en informatique et management pour les entreprises

Comment la crise a bouleversé le plan de formation des SSII

Par Xavier Biseul 01netPRO

Les SSII ont largement utilisé le levier de la formation pour occuper efficacement leurs ingénieurs en intercontrat et les réorienter sur les métiers porteurs. Au détriment des demandeurs d’emploi, jusqu’alors grands bénéficiaires des sessions de reskilling.

Reskilling. Un énième anglicisme que l'on pourrait traduire non par reconversion, mais par « remise en compétences ». Dans le langage des professionnels de la formation, il s'agit d'un cursus de deux ou trois mois, à mi-chemin entre la formation de quelques jours sur une technologie (le retooling) et la poursuite d'études qui se compte, elle, en années (master, MBA). Objectif : adapter les compétences de la personne ainsi formée aux demandes du marché.

Jusqu'en 2008, le reskilling était essentiellement destiné aux informaticiens sur le carreau. « Lorsque l'on ouvrait une classe, il y avait 14 demandeurs d'emploi sur 15 inscrits»..

« Les candidats étaient présélectionnés par des SSII pour être embauchés à l'issue de la formation. » Cette dernière était financée soit par les Assedic (action conventionnée), soit sur un mode mixte (la SSII finançant une partie). Bref, une bonne opération pour toutes les parties.

99 % d’intercontrats dans les promotions : La crise a complètement bouleversé la donne et le Fafiec, l'organisme paritaire pour le financement de la formation de la filière informatique, a pris le relais des Assedic.

Entre fin 2008 et début 2009, Fitec a accueilli 99 % d'ingénieurs en intercontrat dans ses promotions, en lieu et place des demandeurs d'emploi. « Je n'avais jamais vu un revirement aussi soudain. La plupart des SSII ont fait le choix de former leurs collaborateurs en intercontrat afin de réajuster leurs compétences avec la demande du marché. » Un changement à 180 ° par rapport à la précédente crise (2001-2003).

Les SSII avaient alors massivement licencié pour réembaucher dès la reprise d'activité. « Ce mode opératoire s'est avéré très coûteux tant financièrement qu'au niveau de l'image de marque », note Michel Sebban. Les sociétés de services ont également compris que la formation servait à fidéliser. « Un bon élément restera en intercontrat un ou deux mois, puis se positionnera ailleurs. »

Enfin, à la différence de la période passée, les SSII ont continué à avoir des demandes de leurs clients sur des métiers là où elles n'avaient pas les compétences. D'où l'intérêt de repositionner les intercontrats sur ces terrains porteurs.

« J'ouvre un département SAP et je forme mes collaborateurs dans ce sens. » Un certain nombre de plans de Gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC) ont été initiés à cette occasion.

Lire la suite de l’article : http://pro.01net.com/editorial/507572/comment-la-crise-a-bouleverse-le-plan-de-formation-des-ssii/