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EuroSoftware100 édition 2009 : Faiblesse et verticalisation du logiciel français

Après le rachat de Business Object, Dassault Systèmes pèse désormais de tout son poids sur le logiciel français puisqu'il représente à lui seul, près d'un tiers du chiffre d'affaires cumulés des 100 premiers éditeurs. Il vient d'ailleurs de renforcer ses activités avec le rachat des activités ventes et support PLM d'IBM. Il est un peu au logiciel français ce que SAP est au logiciel européen.

Quasi simultanément, L'EuroSoftware100 (Le classement EuroSoftware 100 du marché français), et le Truffle 100 (Le classement Truffle 100 du marché français) publient leur édition 2009 du Top français qui recense les 100 premiers éditeurs de logiciel français.

Selon EuroSoftware, l'édition 2009 met en évidence la verticalisation de l'industrie française comme facteur de résistance à la crise.

La taille des éditeurs français reste limitée, due à une faible internationalisation.

La comparaison avec le classement des 100 éditeurs européens confirme clairement ce point de vue (Classement du logiciel européen Truffle 100 : La France derrière l'Allemagne et le Royaume Uni).

Dassault Systèmes est le seul éditeur français présent parmi les 20 premiers mondiaux, et seul trois français sont dans le top 50 éditeurs en Europe.

En effet, la France ne représente que 16% du marché européen du logiciel, alors que le taux d'exportation dans le chiffre d'affaires est bas. Si les 10 premiers éditeurs français exportent 75% de leur production, les 40 suivants n'en exportent que 37%, et le top 51 à 100 seulement 21%.

« Par ailleurs, la vague de la consolidation qui a déferlé en 2007 a continué de faire des ravages l'an dernier : en 2 ans pas moins de 11 sociétés parmi les plus importantes ont disparu du Truffle 100 pour cause de rachat par des éditeurs américains, allemands ou anglais », rappelle Bernard-Louis Roques, Bernard-Louis Roques, directeur général et co-fondateur de Truffle Capital en commentant le Truffle 100.

La faiblesse de la France en matière de logiciels d'infrastructure est à nouveau visible dans cette édition exception faite du deuxième du classement : Axway qui prendra son indépendance en 2010 par rapport au groupe Sopra. II faut chercher au-delà de la 30e place pour retrouver un nouvel acteur de ce marché : Orsys.

Métier ou verticaux : Sur les 20 premiers éditeurs, prés de la moitié sont des éditeurs verticaux et les autres affichent une stratégie clairement orientée métier : Cegid depuis son origine travaille sur différents métiers (expertise comptable, mode/distribution...) alors que Générix se focalise depuis plusieurs années vers la distribution

Les éditeurs français sont des spécialistes leaders sur leurs marchés. Dassault dans le PLM, Cegedim, qui vient de procéder à une augmentation en capital avec le soutien du FSI, dans la santé, Murex et Sophis en finance, etc. Ces sociétés ayant atteint une masse critique, cette spécialisation est une garantie de survie sur un marché de plus en plus scindé entre grands généralistes et spécialistes de niche.
Selon les auteurs du classement EuroSoftware 100, le SaaS est aujourd'hui une réalité et poursuit sa pénétration du marché, favorisé par la crise. Cette activité progresse chez des éditeurs déjà présents  comme Cegid, Lefebvre Software, Générix, Esker ou des sociétés dites pure players que se sont créées avec le SaaS comme Emailvision, Sidetrade, Oodrive ou Proginov.

« Cette étude montre bien (...) que les entreprises françaises du secteur du logiciel n'ont pas atteint, dans leur grande majorité, la taille critique qui pourrait leur permettre de se protéger contre des rachats étrangers et d'envisager sereinement un développement à l'international. C'est pourquoi je veux leur faciliter l'accès à la commande publique, en faisant largement connaître auprès d'elles et des acheteurs publics la possibilité prévue par la Loi de Modernisation de l'Economie de leur réserver 15% d'un marché public», commente Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique.

« Les acteurs du logiciel français réunissent tous les atouts pour mériter une vraie politique industrielle... à commencer par l'aménagement du statut de JEI (Jeune Entreprise Innovante) (1), qui pousse les éditeurs à se vendre au bout de 8 ans, ou à travers la mise en place d'un véritable Small Business Act (SBA). Ce SBA est une mesure anticrise idéale : créatrice d'emplois, à coût budgétaire nul, qui permet aux administrations de faire des économies tout en gagnant en productivité. Elle permettra aussi aux éditeurs nationaux de devenir consolidateurs plutôt que cibles... » conclut Bernard-Louis Roques. 

(1) Ce statut, mis en place par la loi de finances pour 2004, a vocation à apporter un soutien significatif à des jeunes entreprises très actives en R&D et leur permettre ainsi de passer le cap difficile des premières années de leur développement, sous réserve qu'elles répondent à certaines conditions.(Source ITR Manager)