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Disparition d'une icône de la Silicon Valley

Par Alix Hippolyte 01netPRO

Les rachats ou fusions d'entreprises sont monnaie courante dans la Silicon Valley.

Mais la semaine dernière, l'annonce du rachat de Sun Microsystems par Oracle pour plus de 7 milliards de dollars a sonné le glas d'une des entreprises phare de la région. Fondée en 1982 par Vinod Khosla, Andy Bechtolsheim et Scott McNealy, tous trois diplômés de Stanford (d'ailleurs, Sun signifie Stanford University Network),

Sun est rapidement devenu emblématique de la réussite : l'entreprise, qui place ses ingénieurs sur un piédestal, joue aux touche-à-tout, du hardware au software, en passant par le stockage, les serveurs et la plate-forme Java. Les blagues potaches des employés, perpétrées chaque 1er avril, sont entrées dans la légende : ils ont tour à tour installé un terrain de golf dans le bureau du PDG Scott McNealy, immergé le bureau d'un des vice-présidents dans un aquarium de San Francisco infesté de requins, et garé la Ferrari d'un autre au milieu d'un étang.

Nombreux sont les dirigeants de grandes entreprises de la Silicon Valley qui ont fait leurs armes chez Sun Microsystems, avant de connaître le succès : Carol Bartz, vice-présidente du marketing chez Sun et actuelle PDG de Yahoo ! ; Eric Schmidt, PDG de Google, mena le développement de la plate-forme Java, il fut nommé directeur de la technologie (CTO) ; Ed Zander passa quinze ans chez Sun, et gravit les échelons de l'entreprise, dont il devint directeur général de 1998 à 2002, avant de la quitter pour le poste de PDG de Motorola.

Tous doivent probablement leur réussite professionnelle post-Sun à la personnalité de Scott McNealy, cofondateur et PDG de Sun de 1984 à 2006. Pendant vingt-deux ans, ce passionné de hockey et de golf a imposé son style peu conventionnel et son franc parlé à ses collègues et au reste de la Silicon Valley.

En 1997, il posait déguisé en super héros, symbole de la lutte acharnée qu'il mena dans les années 1990 contre la domination de Microsoft. Il alla même jusqu'à interdire aux employés de Sun d'utiliser les produits Microsoft tels PowerPoint. Mais l'éclatement de la bulle Internet a mis un frein à l'expansion de la petite start-up devenue un des géants de la Silicon Valley, et le charisme et le dévouement de son PDG n'y ont rien fait. La crise économique a porté le coup fatal à Sun. L'actuel PDG, Jonathan Schwartz, a laconiquement annoncé sa démission sur Twitter.

Fidèle à sa réputation, Scott McNealy, bien qu'ayant quitté la tête de Sun depuis 2006, a envoyé une lettre aux employés de l'entreprise qu'il a cofondée : il leur souhaite de réussir dans leur future carrière sous les couleurs d'Oracle, et surtout de se « défoncer et de s'amuser ». (« Kick ass and have fun »).