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Le malaise grandit au sein de l'informatique de la SNCF

Par Olivier Discazeaux 01netPRO

Soixante-cinq pour cent des informaticiens de la principale DSI du groupe ont rejoint le mouvement national de grève de mercredi dernier. L’inquiétude monte suite à la création de la coentreprise IBM-SNCF.

D'habitude peu mobilisés, les informaticiens de la SNCF ont rejoint en masse leurs collègues cheminots lors de la grève nationale de mercredi dernier. Selon le syndicat SUD-Rail environ, 65 % du personnel de la DSIT (Direction des systèmes d'information et télécommunications) était mobilisé. Un taux qui de mémoire syndicale n'avait jamais dépassé les 5 %.

Ces chiffres donnent un aperçu du malaise engendré par le flou qui entoure la création de la coentreprise entre la SNCF et IBM. La DSIT avec un effectif de 1 000 à 1 200 informaticiens étant la plus importante DSI parmi les quatre qui s'occupent de l'informatique de l'opérateur ferroviaire.

Un manque de communication officielle : Cette inquiétude est amplifiée par le manque de communication officielle de la part de la direction, et notamment de Michel Baudy, le patron de la DSIT, qui doit prendre la tête de la coentreprise fondée avec IBM. Pour ne rien arranger, un document de travail présenté par IBM en octobre dernier, soit trois mois avant l'officialisation du contrat, a circulé en interne et attisé les craintes des informaticiens. Ce document, dont les grandes lignes ont été dévoilées sur le site d'un blogueur anonyme, montre que le constructeur envisageait le détachement de 209 postes d'agents SNCF de la DSIT-X, l'entité responsable de l'exploitation et de la production des applications du groupe, vers le joint venture. La délocalisation d'un certain nombre de tâches notamment de la totalité du pilotage, de l'administration des systèmes, du support messagerie vers les centres d'IBM en Inde y est également évoquée.

Le transfert de postes d’agents rejeté par la SNCF : Michel Baudy a depuis précisé qu'il s'agissait d'un scénario proposé par IBM écarté ensuite par la SNCF. Plus précisément, le directeur des systèmes d'information a formellement démenti le transfert de salariés de la SNCF vers la coentreprise mais pas le recours à l'offshore en Inde. « Avec 20 % d'économies prévues sur le volume de sous-traitance concerné, c'est un scénario tout à fait envisageable. D'autant que Michel Baudy se plait à citer en exemple des entreprises ou ministères qui ont recours à l'offshore », relève Pascal Modeste, délégué du personnel à la DSIT et représentant SUD-Rail. En revanche, aucune information sur ce thème n'a pour l'instant filtré concernant la partie études (DSIT-E).

Pour plus d’informations, consulter : http://pro.01net.com/editorial/512321/le-malaise-grandit-au-sein-de-l-informatique-de-la-sncf/