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Solutions Linux 2010 : Le logiciel libre à la recherche d'une nouvelle identité

Linagora, Microsoft et Canonical, l’un des principaux fournisseurs de la distribution Ubuntu, ont profité de Solution Linux qui vient de se tenir à Paris pour faire un point sur l’évolution du logiciel libre et de leur contribution dans ce domaine.

Le modèle « blended » qui mélange code open source et propriétaire est désormais largement accepté par certains et repoussé par d’autres avant une vigueur toujours aussi forte.

Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora, a retracé l’évolution de 10 ans d’évolution du logiciel libre et plus généralement de l’IT, à défaut d’avoir des annonces à présenter lors de ce salon. « Après avoir dessiné une politique ambitieuse pour le logiciel libre (LL), les pouvoirs publics ont réduit la voilure, remarquait-il, et le lobby du LL est moins efficace qu’il ne l’a été. Le contrat cadre de 100 M€ sur quatre ans que le ministère de la Défense a signé avec Microsoft est un scandale qui doit être dénoncé », s’est insurgé Alexandre Zapolsky. Mais si l’administration française est moins active dans ce domaine, heureusement le secteur privé prend le relais. Dans ce contexte, Linagora fait état d’une réflexion pour définir une stratégie Open Source pour le compte de 14 grandes entreprises.

Le PDG de Linagora s’est aussi fait l’écho d’une grande préoccupation face au danger de MISO (Microsoft, IBM, SAP et Oracle) qui pourrait bien devenir MISOG tant la stratégie de Google peut encore basculer pour ou contre l’open Source. « Il faut clarifier nos modèles », a-t-il lancé et faire des propositions qui soient compréhensibles par les utilisateurs, mettant en garde contre les solutions de type Fremium qui mélange le gratuit et le payant, le libre et le propriétaire. En 2010, nous ferons 100 millions de francs de chiffre d’affaires avait parié Alexandre Zapolsky, en 2020, ce sera 100 millions d’euros.

Microsoft, contre l’open source, tout contre : C’est la 7e année que nous sommes présents à Solution Linux, mais cette année nous voulions être un des principaux partenaires, expliquait Alfonso Castro, directeur de la stratégie d’interopérabilité de Microsoft. Après avoir voulu tuer l’open source, la firme de Redmond est donc revenue à la Real Politic et au pragmatisme. La stratégie open source est désormais organisé en quatre axes : supporter les grands produits open source sur ses infrastructures comme PHP, fournir les documentations pour faciliter la vie des développeurs, participer à l’élaboration des standards et collaborer avec les communautés open source.

« Les relations dans le monde open source se bâtissent plus par les individus que par les entreprises », expliquait Tom Hanradan, responsable de l’Open Source Technology Center. Fort d’une vingtaine de personnes, ce centre qui met en œuvre la stratégie open source de Microsoft s’appuie sur l’ensemble des ressources de l’éditeur. « Ray Ozzie nous a expliqué que tous les développeurs de Microsoft devaient avoir la préoccupation de l’open source », précisait Tom Haradan et il y a eu une véritable révolution culturelle au sein de Microsoft sur ce sujet. Pourquoi un tel changement ? « Tout simplement, nos clients nous l’ont demandé pour avoir un plus grand choix ».

Depuis quelque temps, Microsoft participe au développement de Linux et a contribué pour 20 000 lignes de codes devenant ainsi le « 142e contributeur au noyau du système d’exploitation devant Canonical, et nous allons renforcer notre collaboration ».

Intégrer du code open source est désormais possible pour Microsoft qui cite l’exemple d’Open Pegasus dans System Center permettant ainsi d’administrer des environnements mixtes.

« Notre objectif, n’est pas de convaincre les développeurs de changer Linux pour Windows, mais plutôt qu’ils considèrent Windows comme une autre plate-forme possible. C’est pour eux comme pour nous le moyen d’offrir un plus large choix aux utilisateurs et d’augmenter nos marchés respectifs », poursuit Tom Haradan.
Actuellement, l’OSTC finalise un projet qui regroupera un ensemble d’outils, de méthodologies et de processus pour faciliter la vie des développeurs et faire en sorte que Windows devienne une plate-forme de leur choix.

Canonical, cloud privé et public : Canonical, l’un des principaux sponsors de la distribution Ubuntu, s’est lancé lui-aussi dans le cloud computing qu’il définit simplement comme la fourniture d’informatique en tant que service.

L’éditeur entend être présent sur les deux segments cloud privé et cloud privé en utilisant les mêmes briques technologiques permettant aux utilisateurs de passer de l’un à l’autre sans difficulté majeure. Côté cloud privé, il s’agit de l’infrastructure Ubuntu Entreprise Cloud qui s’appuie sur la solution de virtualisation KVM et côté cloud public, Canonical a retenu Amazon EC2 qui utilise VMWare.

« Les modèles d’usage du cloud privé sont divers, explique Nicolas Barcet, Ubuntu Server Product Manager. Il permet de mieux gérer les débordements ainsi que de faciliter la gestion de nouveaux projets ». Côté cloud public, les startups pourront mettre à profit l’utilisation d’un service de cloud en bénéficiant rapidement et à moindre frais de quelques instances de calcul et de pouvoir évoluer facilement en fonction de leur besoin. Des grandes entreprises évolueront vers le cloud malgré elles dans la mesure où des équipes de projets pourront contourner les contraintes imposées par les DSI afin de bénéficier rapidement de ressources. Le modèle hybride mixant cloud privé et cloud public afin de trouver le meilleur compromis entre les ressources et les coûts.(Source IT Channel)