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Humeur : « Les SSII doivent s'attendre à un troisième tour social »

Par Xavier Biseul

C'est le printemps ! Avec les beaux jours ressortent les banderoles et les mégaphones. Après les syndicats d'Atos  Origin, c'était au tour de ceux de Sodifrance et de Segula d'appeler récemment à la grève. Au cœur des revendications : les salaires ou la remise en cause des accords sur les 35 heures.

Pour une profession réputée individualiste, composée essentiellement de cadres et faiblement syndicalisée, cette fronde peut surprendre. Elle n'est toutefois pas nouvelle. Il y a deux ans, à la même période, des mouvements de débrayage s'étaient multipliés chez Altran, Capgemini et, déjà, Atos Origin. En 2008, les salariés de SSII prenaient au mot le gouvernement et son leitmotiv : « Travailler plus pour gagner plus. » Ils n'ont pas été entendus, et il y a de fortes de chances qu'ils ne le soient pas plus aujourd'hui.

Focalisées sur la préservation de leur marge  d'exploitation, les sociétés de services ne peuvent délier les cordons de la bourse et laisser filer la masse salariale. Les grandes SSII cherchent même par tous les moyens à la réduire en enrôlant des armées de codeurs en Inde ou au Maroc.

En France, en dépit des déclarations d'intention, les seniors sont gentiment poussés vers la sortie au profit de jeunes diplômés au salaire d'embauche plus attractif. Les transferts de site, le stress qui accompagne les réorganisations permanentes, les reporting incessants, les évaluations à la tête du client, les départs négociés participent aussi à ce dégraissage « en douceur » hors de tout plan social officiel.

Cette position sera toutefois difficilement tenable en sortie de crise. Les équipes risquent, en effet, de se vider quand le retour de l'activité donnera des fourmis dans les jambes aux collaborateurs ayant dû courber l'échine de longs mois durant.

D'autant que l'inflation repart – une fois encore – comme en 2008, avec l'envolée du prix du pétrole. Elle s'établirait à 1,5 % en juin prochain, contre - 0,2 % en octobre 2009. L'application de la taxe carbone aurait d'ailleurs augmenté cette inflation de 0,3 point. Faut-il s'en réjouir ? (Source 01 net)