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SAP rachète Sybase

SAP procède à l’acquisition de l’éditeur de base de données Sybase par le biais de sa filiale américaine SAP America.

Selon les termes de l’accord, la transaction s’est  effectuée à la valeur de 65 dollars l’action représentant une valeur globale de 5,8 milliards de dollars. Cela correspond à une prime de 44 % par rapport à la valeur de la moyenne de l’action sur les trois derniers mois.

La transaction sera financée par les liquidités que possède SAP et par un prêt de 2,75 milliards de dollars accordé par Barclays Capital et la Deutsche Bank.

Il ne s’agit pas d’un achat d’opportunité parce que le cours de l’action serait particulièrement favorable. On pourrait le penser en raison de la crise qui sévit depuis septembre 2008. Mais si l’on observe le cours de l’action de Sybase, on observe un enchérissement quasi constant depuis trois ans. A un étiage de 20 dollars en 2005, l’action est passée plutôt autour des 45-50 dollars ces dernières semaines. Ironie de l’histoire, l’action de SAP est restée fixe autour des 45 dollars.

Renforcement de la bande des quatre : L’édition du logiciel est depuis quelques années dominée par quatre grands acteurs qui n’en finissent d’accentuer leur position : Microsoft, IBM, Oracle et SAP. Récemment Oracle a élargi considérablement son portefeuille produit tandis qu’IBM poursuit une stratégie d’acquisitions soutenus dans le domaine du logiciel. Lors de l’acquisition de Cast Iron la semaine dernière, IBM rappelait que la division logiciels avait racheté plus de 55 entreprises depuis 2003. Finalement, c’est Microsoft qui est sans doute le moins actif à ce niveau des acquisitions. La firme de Bill Gates est entrée sur le marché des applications de gestion d’entreprises par acquisition en rachetant quatre entreprises (Great Plains, Solomon, Navision et Axapta), mais rachète plutôt des petites entreprises pour acquérir des technologies.

Il n'y a quasiment pas de recouvrement entre SAP et Sybase, le premier étant uniquement positionné sur les applications de gestion tandis que Sybase est présent sur les marchés de bases de données et de la mobilité. SAP indique qu’il y a synergies entre les deux protagonistes, tant du point de vue marché que technologies. L’éditeur allemand mentionne en priorité les solutions mobiles que lui apporte Sybase lui permettant de diffuser ses applications de gestion sur les smarphones, iPhones, iPads,  netbooks et autres terminaux de la mobilité dont la liste s’allonge toutes les semaines.

« Les terminaux mobiles deviennent  le point d’interaction préféré avec les applications de gestion et ce quel que soit l’utilisateur, explique Jim Hageman, co-CEO de SAP commentant le rachat. L’association des technologies Sybase et SAP donnera aux utilisateurs la possibilité de gérer leurs opérations depuis un terminal mobile et de bénéficier de toutes les technologies connexes, interopérabilité des messages, diffusion de contenus et services de m-commerce. »

Sybase opérera en tant que filiale indépendante et deviendra « Sybase, a SAP Company ». Pour l’heure, il n’est pas question de changer l’équipe dirigeante mais on connaît les limites de ce genre d’annonces. Le Chairman et CEO de Sybase devrait intégrer le comité exécutif de SAP.

Who’s next ? La course aux acquisitions semble donc être relancée, on peut même être surpris du nombre limité d’opérations de ce type depuis le commencement de la crise. Il y a vraisemblablement de bonnes affaires à réaliser et certaines grandes entreprises - notamment celles de la bande des quatre – ont des ressources financières importantes. La question est donc : qui sera le prochain. Dans son billet, Dana Gardner consultant du cabinet Interarbor solutions mentionne Red Hat, Tibco, BMC, Progress Software, Novell, Citrix… et bien entendu la liste n’est pas close.

Du côté des acheteurs, il y a évidemment les membres de la bande des quatre, mais aussi d’autres acteurs comme HP qui vient d’ailleurs d’absorber Palm, mais aussi Apple ou Google et quelques autres.

Avec le Cloud computing, l’industrie informatique se situe à une évolution majeure de son développement sur le plan technologique, évolution qui ne se fera pas en un jour. Elle s’accompagnera par une consolidation majeure. (Source: ITRmanager.com)