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Un commissaire européen plaide pour les logiciels libres

Neelie Kroes, commissaire au numérique, estime que l'adoption de logiciels ouverts par les Etats leur donnera un avantage économique.

Un commissaire européen qui prend position pour les standards informatiques ouverts, ce n'est pas si fréquent. Neelie Kroes, commissaire au numérique depuis novembre 2009, a pourtant exprimé ses réserves quant aux standards propriétaires lors d'une intervention à l'OpenForum Europe, une organisation indépendante militant pour l'utilisation de logiciels libres.

Selon l'agence AP, Neelie Kroes a notamment évoqué le risque que les Etats et leurs administration se retrouvent « enfermés accidentellement dans une technologie propriétaire et a déploré que les alternatives [soient] systématiquement ignorées ».

Dans la version écrite de son intervention, disponible sur le site de l'Union européenne (cinq pages en anglais), elle explique :

« Les fournisseurs publics et privés de technologies devraient avoir l'intelligence de bâtir leurs systèmes autant que possible autour de standards que tout le monde peut utiliser et installer sans restriction. »

Pour la commissaire, c'est même une vraie source d'économie budgétaire et donc un atout concurrentiel que d'utiliser des logiciels non propriétaires et interopérables.

Une position isolée : Sauf que Neelie Kroes est pour l'heure la seule à revendiquer une telle position à la Commission.

« Elle pousse ses pions le plus possible, mais elle est isolée, estime Frédéric Couchet, à l'April, association de promotion du logiciel libre. Au-delà des déclarations, ce qui va être important, c'est ce qui sera écrit dans les textes ».

Selon lui, les véritables avancées ne pourront avoir lieu que si les entreprises, notamment les PME, expriment à leur tour une vraie motivation à s'émanciper des gros fournisseurs de logiciels propriétaires, tels Microsoft, et à favoriser d'autres acteurs.

Jusque-là, ce sont des parlementaires européens qui ont tenté d'encourager ce genre de politique, tels Michel Rocard, mais jamais un commissaire européen. Les choses risquent donc d'être encore longues à bouger. (Source 01 net)