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Fichiers bancaires : la migration Etebac expliquée en sept points

Suite à l’arrêt programmé, fin 2011, du réseau public X25 d’Orange, 90 000 entreprises vont devoir s'appuyer sur un nouveau protocole pour continuer à échanger des fichiers avec leurs banques.

Etebac, le protocole de communication standard entre les banques et les entreprises en France via le réseau public X25, va disparaître. Son arrêt est programmé pour septembre 2011. Banques et entreprises vont donc devoir utiliser de nouveaux protocoles d’échange de fichiers informatiques pour communiquer entre elles. La Fédération nationale des tiers de confiance a récemment publié un guide intitulé Au-delà de la migration Etebac, évoquant quelques bonnes pratiques à suivre dans ce contexte.

A moins d’un an de l’échéance, plusieurs questions se posent aux entreprises qui utilisent encore quotidiennement les vieux protocoles Etebac 3 et 5, parfois sans le savoir, puisque ces mécanismes sont intégrés à leur progiciel de gestion ou de trésorerie.

1. Pourquoi migrer ? France Télécom a annoncé que le réseau X25 de commutation par paquets sera fermé définitivement le 30 septembre 2011. Sa commercialisation est d'ailleurs déjà arrêtée depuis le 31 juillet 2010. Or, cette offre de services, sur le marché depuis 1976, est encore et surtout utilisée pour des échanges informatiques entre entreprises et banques utilisant les protocoles Etebac 3 et 5. Avec l’arrêt programmé du réseau X25, ces protocoles de transmission (définis à partir de 1984) sont devenus obsolètes à l’ère de la généralisation du protocole IP et ne seront plus acceptés par la profession bancaire française. 

2. Quelles sont les entreprises concernées par ces migrations ? Plus de 90 000 entreprises françaises utilisent encore le réseau X25 de France Télécom pour échanger des fichiers informatiques avec leurs banques, en s’appuyant sur ces protocoles Etebac. La migration technique qui les attend concerne, au sein des entreprises, aussi bien les responsables des systèmes d'information que les gestionnaires de trésorerie et les directions financières qui, tous les jours, ont besoin d’échanger des fichiers avec leurs banques. Les flux concernés sont des virements, des prélèvements ou des relevés de comptes, nécessaires à la gestion de la trésorerie ou des finances. La migration doit être effectuée pour chaque banque basée en France avec laquelle l’entreprise est en relation informatique.

3. Est-il urgent de migrer ? Les entreprises qui n’anticiperont pas risquent d'être dans l'impossibilité de communiquer avec leur(s) banque(s) si elles n’ont pas mis en place un nouveau protocole de télécommunication avant la date butoir du 30 septembre 2011. En attendant le dernier moment, elles risquent de se retrouver face un « goulot d’étranglement » en même temps que les autres entreprises retardataires. Les prestataires techniques spécialisés seront alors débordés par l’afflux des demandes, ce qui reculera d’autant le passage effectif à de nouveaux protocoles.

4. Quelles sont les options techniques de remplacement ? Plusieurs protocoles d'échanges sont proposés aux entreprises. Les banques françaises, par l'intermédiaire du CFONB (Comité français d’organisation et de normalisation bancaires), préconisent deux protocoles de remplacement : Swiftnet et Ebics (Electronic Banking Internet Communications Standard).
Le premier est mis à la disposition des entreprises par le réseau privé sécurisé de la société Swift, auquel sont déjà connectées toutes les grandes banques. Les entreprises disposant de plusieurs banques, notamment à l'international, sont visées. Le second, Ebics, est proposé par les banques françaises aux entreprises ayant peu de relations bancaires à l'international. D’autres protocoles d’échanges de fichiers sur internet sont également utilisables, tels le FTP ou le service internet de la banque (web banking).

5. Quels éléments du système d’information sont-ils concernés par la migration ? Certaines applications de l’entreprise devront être adaptées par le biais du module de communication bancaire. Sont concernés les logiciels de gestion de trésorerie et de gestion financière globale, voire le module finances d’un PGI utilisé pour l’ensemble des opérations internes de gestion. Sur le plan des réseaux télécoms, il convient de se tourner vers un opérateur de services IP à même d’assurer un service de transport IP sécurisé de type VPN, adapté à des échanges de fichiers sensibles.

6. Vers quel prestataire externe se tourner pour la migration ? L’entreprise peut, selon ses habitudes, recourir aux intermédiaires techniques habituels compétents dans les échanges informatiques/monétiques avec les banques : SSII généraliste ou spécialisée dans la finance. Les éditeurs en position d’offreurs de solutions de communication informatique bancaire peuvent aussi s’avérer des interlocuteurs compétents. Dans le cas de petites entreprises, elles peuvent aussi se tourner vers des tiers, comme les cabinets d’expertise-comptable qui peuvent être prescripteurs ou utilisateurs de solutions pour le compte de leur clientèle entreprise.

7. Quels bénéfices concrets tirer des nouveaux protocoles d’échange ? En utilisant une connexion IP à haut débit, désormais courante, l’entreprise sera plus efficace dans ses échanges avec sa banque grâce à un délai de transmission réduit, comparativement aux connexions X25 existantes. Sur le plan technique, le protocole Ebics, l’un des deux préconisés, permet de joindre dans un même fichier informatique tous les relevés de compte en provenance de ses multiples filiales, là où il en fallait autant que de sociétés.

Enfin, la mise en œuvre de nouveaux protocoles bancaires, en acceptant des formats de fichiers variables, prépare l’évolution vers l’espace unique européen bientôt appliqué aux moyens de paiement : le Sepa (Single European Payment area). Ce nouveau protocole, dont la généralisation est prévue d’ici 2012, conduira à la normalisation européenne des formats de virement, de prélèvement et de paiement par carte.  (Source 01 net)