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Acquisition de Siemens IT Solutions par Atos Origin

La SSII française met 850 millions d'euros sur la table pour s'emparer de l'allemand Siemens IT Solutions. L'ensemble représentera 78500 salariés dans le monde, pour un chiffre d'affaires de 8,7 milliards d'euros.

Le 15 Décembre dernier, Atos Origin dévoilait une acquisition majeure en Europe.

La SSII française s'emparait en effet de Siemens IT Solutions, la SSII du groupe industriel Siemens. Atos Origin réalise cette acquisition majeure pour 850 millions d'euros et cède 15% de son capital pour former un géant européen des services informatiques, dans le cadre d'un "partenariat stratégique global.

L’ensemble Atos Origin + SIS devrait dégager une marge opérationnelle de l’ordre de 6 % en 2011.Une acquisition aussi à haut risque car Siemens IT Solutions était en difficulté.
Dans la corbeille de mariage, Atos fournira à Siemens des prestations d’infogérance et d’intégration pour une période de sept ans, et un montant total de l’ordre de 5,5 milliards d’euros.

« Dommage collatéral » du deal, les effectifs de SIS seront réduits de 1 750 personnes, dont 650 en Allemagne principalement sur les fonctions supports.

« Siemens contribuera pour 250 millions d’euros aux coûts d’intégration et de formation », précise le communiqué. Siemens avait annoncé en mars dernier la suppression de 12 % de ses effectifs de sa branche de services informatiques.
La signature finale de la transaction est fixée début juillet 2011 après consultation des organisations représentatives des salariés d’Atos, l’accord des autorités de la concurrence, et l’approbation des actionnaires réunis en assemblée générale extraordinaire fin juin 2011.

Premier actionnaire d’Atos Orign, PAI Partners a apporté son entier soutien à cette opération. Selon le fonds d’investissement, elle lui permet d’obtenir la taille critique sur le marché allemand et en Europe du Nord, zones-clefs pour Atos, de se structurer autour de deux métiers majeurs : les services informatiques et les transactions électroniques.

Le regroupement annoncé entre Atos Origin et la SSII de Siemens donne naissance à un acteur paneuropéen de l’infogérance. La nouvelle entité créée va, en effet, générer un chiffre d’affaires de 5,1 milliards d’euros (pour 8,7 milliards de chiffre d'affaires au total) dans ce domaine où les deux sociétés avaient déjà des positions fortes. L’effet de taille est important dans ce secteur qui nécessite une forte capacité d'investissement et où la marge s’est réduite ces dernières années.

Atos Origin revendique ainsi la place de numéro deux en Europe sur le marché de l’externalisation des systèmes d'informations, derrière IBM, avec 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et la cinquième place mondiale. La possibilité de se positionner sur les méga contrats d'infogérance est un bénéfice majeur, relevé par Thierry Breton, le président d’Atos Origin, à l’heure de l’évocation de ce rachat.

Une trentaine de centres de données majeurs dans le monde : Surtout, la société renforce considérablement la capacité de ses datacenters. Un argument de poids pour répondre aux enjeux induits par le développement du cloud computing. « Etant donné l’évolution des besoins informatiques, il y a nécessité à accroître les capacités de stockage. Le volume des données générées par les entreprises double tous les dix-huit mois. Il faut donc disposer de fermes de serveurs de plus en plus importantes et de centres de données partout dans le monde afin de répondre au mieux aux besoins d’élasticité du cloud », a souligné Thierry Breton. Atos Origin et Siemens IT Solutions totalisent, à eux deux, une trentaine de « centres de données majeurs » dans le monde, selon le président d’Atos Origin.

Autre axe fort du rapprochement entre les deux acteurs, la nécessité pour les sociétés de services informatiques de développer « des offres verticales et mieux intégrées », dixit Peter Loscher, le président de Siemens. Les deux SSII vont investir conjointement 100 millions d'euros en R&D sur les trois prochaines années, dont une partie servira au développement de ces nouvelles solutions dans le domaine des transports, de la santé, des télécoms ou de l’énergie.

La SSII de Siemens enchaîne les restructurations : L'entité Atos Worldline (services transactionnels), la pépite d’Atos Origin qui sera intégrée au sein de la division nouvellement baptisée Atos SBS (Specialized Business Services), devrait également profiter de ce rapprochement. Les services de paiement d’Atos Worldline seront proposés non seulement à toutes les divisions de Siemens mais aussi à ses clients. « Cette alliance va également accroître notre capacité à faire des rachats dans ce secteur »,  souligne Thierry Breton. La SSII cherche depuis quelques mois à réaliser une grosse acquisition dans ce secteur.

Autre raison moins avouable à ce mariage : les difficultés récurrentes de Siemens IT Solutions (SIS), qui enchaîne les plans de restructuration depuis quelques années. La direction de Siemens cherchait à l'adosser à un acteur de poids dans les services informatiques. En 2005 déjà, une possible association Atos Origin-Siemens avait été évoquée. En mars dernier, SIS a annoncé un énième plan de restructuration. La SSII allemande a terminé son exercice 2010, clôt le 30 septembre, avec un résultat opérationnel négatif (à - 12,9 %).

225 millions d’euros de synergies de coûts affichées à l’horizon 2013 :
Les deux partenaires estiment à 225 millions les synergies de coûts générées grâce à cette fusion. Elles doivent permettre au groupe de dégager une marge opérationnelle comprise entre 7 % et 8 % (pour 9 à 10 milliards de chiffre d’affaires) à l’horizon 2013 contre environ 6 % prévu en 2011 pour le nouvel ensemble.  Environ 100 millions d’euros proviendront en fait de la restructuration de Siemens IT Solutions. Cette restructuration va se traduire par la suppression de 1 750 postes chez Siemens, dont 650 en Allemagne. La direction d’Atos Origin va appliquer le même programme baptisé TOP (pour Total Operation Performance) qui avait permis à Thierry Breton de redresser la société Atos Origin peu de temps après son arrivée à sa tête début 2009. Une autre tranche de 125 millions d’euros sera issue de la rationalisation des locaux et des structures des deux entités. Le groupe industriel allemand s'est, par ailleurs, engagé à financer la quasi-totalité des coûts d’intégration du nouvel ensemble à hauteur de 250 millions d'euros.

Un partenariat avec Siemens très favorable à Atos Origin : L'industriel allemand s'est engagé à fournir 5,5 milliards d’euros de contrats à la SSII sur les sept prochaines années. Il finance également la quasi-totalité des coûts d’intégration du nouvel ensemble.

Au terme de cette opération, dont la clôture est prévue pour juillet 2011, Siemens deviendra actionnaire de la société Atos Origin à hauteur de 15 %. L’industriel allemand s’est engagé à garder ses actions pendant cinq ans. Un siège sera d’ailleurs réservé à un représentant du groupe au conseil d’administration d’Atos Origin.

Surtout, Siemens a garanti à Atos Origin un chiffre d’affaires d'au moins 5,5 milliards d’euros sur les sept prochaines années (de 2011 à 2017), soit 80 % du poids de la sous-traitance en services informatiques du groupe industriel allemand (sur une base annuelle). Atos Origin a ainsi l’exclusivité des contrats d’infogérance d’infrastructure de Siemens.

Le groupe français sera également son partenaire prioritaire en matière d’intégration de systèmes et d’applications. Enfin, les deux entreprises investiront conjointement une somme de 100 millions d’euros, répartie à 50/50, en recherche et développement afin de développer de nouvelles offres dans les trois prochaines années.

Un financement des coûts d’intégration à hauteur de 250 millions d’euros : Afin d'accompagner la création du nouvel ensemble, Siemens s’est engagé à financer la quasi-totalité de ses coûts d’intégration, à hauteur de 250 millions d’euros. Cette somme inclus les frais de restructuration qui vont être consentis par le groupe allemand pour rendre la mariée, Siemens IT Solutions (SIS) plus belle : la SSII allemande va supprimer 1 750 postes dans le monde. Selon une note de CM-CIC Securities, l’intérêt de faire porter les coûts de restructuration sur Siemens est double pour Atos Origin : éviter de nouvelles réorganisations au sein de la SSII française qui pourrait affecter le moral des salariés déjà mis à mal lors du programme TOP (Total Operation Performance) de Thierry Breton lancé en 2009. Autre intérêt : la protection de sa marge.

Pour les salariés de SIS, en revanche, la pilule risque d’être difficile à avaler : ce plan de suppression fait suite à celui annoncé en mars dernier afin d’alléger de 4 200 postes d’ici à l’automne 2011 la masse salariale de la SSII allemande, vraisemblablement dans l’optique de préparer la cession.

Les grosses transactions apportent rarement les synergies attendues : Grâce à ce montage particulièrement favorable à Atos Origin, la SSII française devrait, selon CM-CIC Securities, éviter les écueils des acquisitions d’Origin, la filiale de services informatiques de Philips rachetée en 2000, et de Schlumberger Sema, acquise en 2003. Néanmoins ce genre de megadeals comporte toujours des risques.
Le courtier Chevreux note d’ailleurs que le groupe Atos Origin est encore en restructuration et que les grosses transactions dans les services informatiques n'apportent jamais les synergies et les économies de coûts attendues.

Le principal défi pour Atos Origin résidera d’ailleurs dans sa capacité à relancer les activités particulièrement grippées de la société de services allemande. (Source 01 net)