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Vers une nouvelle bulle internet gonflée par les réseaux sociaux ?

L'importante valorisation des entreprises du secteur des réseaux sociaux fait redouter une nouvelle une bulle comme celle des années 2000. Mais, dix ans plus tard, le contexte est radicalement différent.

Au-delà de leurs différents positionnements, on peut se demander si les réseaux sociaux constituent un phénomène de mode, avec son corollaire, une bulle spéculative, ou s’ils s’inscrivent plutôt dans un phénomène durable. Cette question est légitime dans la mesure où leur valorisation, parfois démesurée […], n’est pas corrélée avec leur situation économique. Elle laisse planer le risque d’une bulle spéculative comme internet l’avait déjà connue en mars 2000 », expliquent Christine Balagué et David Fayon, dans leur ouvrage Facebook, Twitter et les autres… paru en 2010 aux éditions Pearson.

Quelques mois ont passés depuis que ces lignes ont été écrites, et les survalorisations des entreprises du secteur des médias sociaux vont en s’accroissant. Facebook était ainsi valorisé plus de 50 milliards de dollars fin janvier 2011 et Twitter plus de 4 milliards de dollars. De nombreux journaux et blogs s’interrogent donc effectivement sur l’apparition d’une bulle liée aux entreprises du secteur des médias sociaux, Facebook et Twitter pour les plus connus, mais aussi, Groupon, Linkedin, voire Zynga (sociétés spécialisées dans les jeux intégrés, notamment à Facebook).

« Les valorisations sont difficiles à rationaliser car elles sont très élevées », explique Christophe Chausson, le fondateur de Chausson Finance, qui poursuit : « Les chiffres avancés sortent des métriques traditionnelles de valorisation des sociétés. Celle de Facebook augmente quasiment quotidiennement. » Difficile en effet, de suivre le rythme de son augmentation : elle serait passée en un mois de 50 à 65 milliards de dollars.

Un contexte bien différent de celui du début des années 2000 : Dix ans après la bulle internet, le web a cependant beaucoup évolué, passant au web 2.0 puis au web social. Et Christophe Chausson contrebalance son propos : « Le fait que ces sites soient accessibles avec des smartphones induit un facteur dix en nombre d’utilisateurs, en temps passé et donc en nombre d’utilisations. Une société comme Groupon va clôturer son deuxième exercice avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dollars. C’est du jamais-vu. » Même si toutes ces sociétés ne seront sans doute pas capables de monétiser leur forte croissance en nombre d’utilisateurs, l’engouement des internautes pour les réseaux sociaux justifie donc en partie les chiffres avancés.

Autres différence avec le début des années 2000 : « Le niveau de la Bourse est très en deçà de ce qu’il était à l’époque, et il n’y a pas encore eu d’introduction en Bourse », rappelle Christophe Chausson. Celle de Facebook n’est prévue que pour 2012. Remarque confirmée à la fin 2010 par Jeffrey Mann, vice-président recherche chez Gartner, spécialiste de la collaboration et des outils sociaux : « Il y aura sans doute des consolidations dans le secteur, mais l’argent engagé est bien plus faible que celui qui l’était lors de la bulle internet. Moins d’argent, moins d’entreprises et moins d’attente : si bulle 2.0 il y a, elle devrait être moins importante que la précédente. » (Source 01 net)