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Intel, le trimestre qui valait 13 milliards

Le numéro un des semi-conducteurs atteint un chiffre d’affaires record, mais sa progression est en définitive inférieure à la moyenne du marché. Explications.
Chiffre d’affaires record pour Intel. Le fournisseur numéro un de processeurs pour PC et serveurs vient de publier un résultat de 12,9 milliards de dollars au premier trimestre 2011, soit une hausse de 25 % d’une année sur l’autre. Le bénéfice net sur cette même période est à l’avenant : 3,3 milliards de dollars, soit une progression de 34 % par rapport au premier trimestre 2010.

Dans le détail, les recettes des puces pour PC ont augmenté de 17 %, celles des puces pour serveurs de 32 % et les autres, c’est-à-dire celles utilisées dans les équipements de réseau et de stockage, de 70 %. Infineon Wireless Solutions et McAfee, tous deux rachetés cette année, ont généré ensemble des recettes de 496 millions de dollars. Intel prévoit d’atteindre exactement le même chiffre d’affaires au second semestre.

Intel, un leader indétrônable… mais faible : Selon Gartner, c’est l’industrie des semi-conducteurs tout entière qui affiche une reprise insolente depuis 2010. En fin d’année dernière, la globalité du marché avait ainsi progressé de 30 % par rapport à la fin 2009 (près de 300 milliards de dollars contre 228 milliards auparavant). Intel devrait trôner en tête du palmarès des fournisseurs pour la vingtième année consécutive d’ici à décembre. Paradoxalement, ce n’est pourtant pas l’acteur qui cristallise toutes les attentions. Sa progression n’a été que de 25 %, soit 5 % de moins que la moyenne.

Le Coréen Samsung, numéro deux du palmarès mais leader de la mémoire DRAM, a progressé, lui, de 60 %. Broadcom, en dixième position, a progressé de 53 % grâce à ses puces de communication. D’une manière générale, c’est le secteur des puces pour téléphones et équipements embarqués qui tire le marché des semi-conducteurs, pas celui des ordinateurs.

Peter Middleton, analyste en chef chez Gartner, note que si l’essentiel du marché des serveurs est entre les mains de cinq acteurs, ils sont 25 fournisseurs à se partager 70 % du marché des semi-conducteurs : « Le palmarès des fondeurs ne raconte qu’un bout de l’histoire. La réalité, c’est qu’ils sont chacun plus ou moins placés dans des domaines précis. Et c’est la santé de chacun de ces domaines qui fait le marché », dit-il.

Prisonnier d’un marché qui progresse moins : En réalité, Intel bataille en vain depuis trois ans pour imposer son architecture Atom aux fabricants de smartphones. Mais ceux-ci lui préfèrent irrémédiablement l’architecture ARM proposée chez tous les autres fondeurs et qui fait, à force, office de standard.

Dans les années à venir, Intel devra aussi faire face à un autre problème : celui du coût des usines. De plus en plus chères au fur et à mesure que les composants sont miniaturisés, elles ne sont rentabilisées que si leur rendement est exponentiel.
Or, d’une part, le seul marché informatique progresse peu par rapport à celui des téléphones ; l’essentiel des ventes d’ordinateurs correspondant d’ailleurs à du renouvellement de parc. D’autre part, Intel ne partage pas sa force industrielle. Ses usines ne produisent que pour lui, alors que tous les autres acteurs des semi-conducteurs mettent en commun leurs chaînes afin qu’elles tournent en permanence. (Source 01 net)