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Il y a trente ans, le PC

IBM n’a pas été le premier constructeur à introduire un ordinateur personnel. Apple, Commodore, Tandy, Atari avaient déjà vendu de nombreux exemplaires lorsque Big Blue s’est réveillé.

En France, R2E, fondé par André Truong Trong Thi entend être le premier à avoir proposé un tel équipement. Mais c’est bien IBM qui a lancé une nouvelle industrie dont il est paradoxalement sorti en 2005 en revendant sa division PC au Chinois Lenovo pour 1,75 milliard de dollars.

Le 12 août 1981, au Waldorf Astoria Hotel à New York, IBM dévoilait en grande pompe le 5150 Personal Computer, une machine qui allait changer significativement le marché. IBM, spécialiste des grands systèmes, mainframes ou minis, présente une machine pouvant être utilisée directement par Monsieur tout le monde, ou presque.

L’ergonomie du 5150 n’a en effet  rien à voir avec les PC, tablettes ou autres Smartphones d’aujourd’hui. Pour accompagner le lancement de cette nouvelle famille de matériels et lui apporter le supplément d’âme nécessaire, IBM utilisa l’image de Charlie Chaplin.

Distancé par Apple qui avait très compris l’intérêt d’une telle machine, IBM a donc réagi en se lançant dans l’aventure avec de nouvelles méthodes pour rattraper le temps perdu. IBM confia à Philip Estridge la responsabilité de la Small Entry Level Division en 1980 avec comme mission de développer au plus vite une machine capable de rivaliser avec les concurrents déjà installés sur le marché. Philip Estridge releva le défi et développa le produit en un peu plus d’un an.

Alors qu’IBM était alors une compagnie intégrée verticalement, Philip Estridge décida d’utiliser des composants existants pour construire sa machine. Une décision qui aura pour conséquence de créer Une nouvelle industrie et aussi de faire la fortune de deux entreprises, Intel et Microsoft, alliés autour de ce que l’on a appelé la plate-forme Wintel.

Côté processeur, c’est la 8088 à 16 bits qui équipa la première machine.  Côté système d’exploitation, IBM se tourna d’abord vers Digital Research pour acquérir la licence de CP/M. Mais Gary Kidall, le fondateur de Digital Research hésita et laissa le champ libre à Bill Gates et son PC-DOS. Ironie de l’histoire, Microsoft était réputé plutôt pour ses interpréteurs Basic. Pour développer son fameux PC-DOS - la version MS-DOS commercialisée pour IBM - Microsoft racheta les droits du QDOS (Quick and Dirty Operating System) à  Seattle Computer Products, une petite société de Seattle.

L’unité centrale, le contrôleur graphique et le clavier coûtaient un peu plus de 1500 dollars. Mais il fallait dépenser encore plus pour bénéficier d’une machine réellement utilisable en s’équipant d’un écran, d’une imprimante, des lecteurs de disquettes et de la mémoire additionnelle.

Transformé en assembleur de composants, IBM alla encore plus loin en rendant public l’architecture de sa machine donnant ainsi la possibilité à d’autres de construire des clones de PC. Compaq fut un des premiers à se lancer dans la bagarre et sans doute un des plus dynamiques.  Chaque année, à l’occasion du Comdex de Las Vegas, des centaines de petits fabricants proposaient des compatibles PC selon les différentes générations de processeurs (286, 386, 486…).

Quelques années plus tard, IBM essaya de reprendre le contrôle de cette jeune industrie à la fois au niveau du système d’exploitation et de l’architecture de la machine. Côté OS, Big Blue développa OS/2 en partenariat avec Microsoft. Mais ce dernier avait aussi son propre projet baptisé Windows. On connaît la suite. Côté architecture, IBM proposa le PS/2 (Personal System) architecturé autour du bus MCA (Micro Channel Architecture). Malgré les qualités techniques de cette nouvelle génération de machines, le PS/2 ne réussi pas à s’imposer, sauf peut-être dans quelques secteurs comme la banque où IBM avait une très forte présence.  

350 millions de PC vendus en 2010 : Aujourd’hui, l’industrie du PC est très concentré : les 5 premiers fournisseurs détiennent près de 60 % du marché. Cette concentration s’est faite de manière organique grâce à une croissance plus forte que le marché, mais aussi via des acquisitions. Acer par exemple a racheté successivement Gateway en 2007 et Packard-Bell en 2008, ce qui lui d’accélérer son implantation aux Etats-Unis et  en Europe.

Selon le Gartner, Il s’est vendu 350 millions de PC en 2010 en croissance de 13,8 % par rapport à l’année précédente. Ce rebond est intervenu  après une année 2009 qui a connu une très faible croissance et pendant laquelle une proportion importante de DSI ont reporté le remplacement d’une partie de leur parc.

En 15 ans, le nombre de PC vendus dans le monde a été multiplié par 5, passant de 70 millions d’unités en 1996 à 350 millions en 2010. Les cartes ont été significativement redistribuées. Un constructeur du Top5 a jeté l’éponge -IBM qui a vendu son activité PC au chinois Lenovo - et un autre en est sorti avec la fin du partenariat entre Fujitsu et Siemens. Ce dernier s’est départi de son activité informatique. Depuis les années 2002/03, le grand gagnant est sans conteste le constructeur taïwanais Acer devenu le numéro deux du PC à la suite d’une progression spectaculaire : 3,4  % de parts de marché en 2004 et 12,9 % six ans plus tard.

Pour Mark Dean, actuellement CTO pour IBM EMEA et un des principaux concepteurs du 5150 (IBM leads the Way in the Post-PC Era), nous sommes entrés dans l’après PC et ce dernier peut être rangé au musée des produits technologiques en compagnie du tube à vide, de la machine à écrire, des écrans CRT, des disques vinyles, des lampes à incandescence.  Il est vrai que dans les 350 millions de PC vendus dans le monde en 2010, les portables sont désormais largement majoritaires. Et, peu à peu, des matériels tels que les tablettes ou les Smartphones, remplace peu à peu les bons vieux PC. Mais ces derniers ne sont pas encore morts. (Source Info DSI)