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HP met le cap sur le logiciel et les services et abandonnerait le PC

Hewlett-Packard change donc totalement de cap en rachetant l’éditeur de logiciel britannique Autonomy pour la 

Hewlett-Packard change donc totalement de cap en rachetant l’éditeur de logiciel britannique Autonomy pour la bagatelle de 10 milliards de dollars et en envisageant  la cession de son activité PC alors qu’HP est numéro de ce marché depuis 2006 où il était passé devant le fabricant texan Dell. Après un mois de juillet  plutôt calme sur le front des fusions & acquisitions, ce rachat et celui de Motorola Mobility par Google il y a quelques jours refaçonnent en profondeur l’industrie de l’IT.

Les trois derniers CEO d’HP ont donc totalement modifié la stratégie de leur entreprise dans des directions assez différentes : Carly Fiorina avait transformé HP en rachetant Compaq pour 19 milliards de dollars permettant à son entreprise de devenir quelques années le numéro du marché des PC. Plus gestionnaire que son prédécesseur, Mark Hurd avait mis son entreprise à la diète en supprimant des milliers d’emplois. Mais l’ex patron de NCR a également poussé HP vers les services en procédant au rachat d’EDS, l’entreprise créée par Ross Perot, pour un montant de 13,9 milliards de dollars. Aujourd’hui, c’est donc au tour de Leo Apotheker d’apporter sa touche et en engageant son entreprise dans une voie différente.

La firme de Palo Alto, numéro un de l’informatique en termes de chiffre d’affaire, rachète l'éditeur britannique Autonomy, pour la coquette somme de 10 milliards de dollars tout en réfléchissant à se débarrasser de son activité PC. Autonomy restera une entité indépendante. Leo Apotheker, l'avait annoncé lors de son arrivée à la tête de l'entreprise en novembre dernier, la direction à prendre par HP était celle du logiciel et des services en matière de cloud computing. Pour l’heure, HP envisage la vente pure et simple ou la création d’une spin-off pouvant conduire ultérieure à la cession de l’activité. HP ne fait que suivre les traces d’IBM qui a pris la même direction il y a une dizaine de  d’années en rachetant des éditeurs de logiciels et des sociétés de services. En 2005, Sam Palmisano avait donné une nouvelle impulsion à cette stratégie en vendant son activité PC au Chinois Lenovo. D’autres fabricants de PC comme Dell pourront donc être amenés à se poser des questions.

L'échec du Touchpad introduit par HP qui vient d'être repositionné à deux reprises en termes de prix et le recul du marché du PC démontrent la difficulté de maintenir cette activité profitable. Par ailleurs, l’activité PC est une des plus importantes avec environ 30 % (41 milliards de dollars en 2010) de son CA total, mais ce n’est pas la plus rentable. C’est donc une sorte de Me Too Strategy que Leo Apotheker engage pour son entreprise. Dans une conférence de presse en ligne, Leo Apotheker a tenu à rappeler que son entreprise réfléchissait à toutes les options, y compris celle de ne pas finaliser de transaction. On ne peut que s'étonner d'une telle démarche pour HP qui n'est sans doute pas la meilleure pour rassurer les clients.

Autonomy est le deuxième éditeur britannique de logiciels. Son CEO, Mike Lynch, qui a créé en 1996 la société installée à Cambridge, détiendrait 8 % du capital, ce qui équivaudrait à 813 millions de dollars, sur la base d'un accord de rachat pour 10 milliards de dollars. Si l'entreprise est meilleure marché que ses concurrentes américaines, HP semble toutefois prêt à débourser dix fois le chiffre d'affaires annuel de l'entreprise. Ce qui reste dans la moyenne des transactions observées sur le marché européen du logiciel où l'on enregistre près d'un millier de rachats pour une somme globale de 30 milliards de dollars.

Dix ans après la fusion avec Compaq : Près d'une décennie après le rachat de Compaq qui lui a permis de détrôner Dell de son piédestal, Hewlett-Packard entend se séparer de sa division micro. La pression des actionnaires serait  plus forte que celle des tenants d'une stratégie PC forte. Depuis la décision de Carly Fiorina et de son homologue de chez Compaq, Michael Capellas, HP n'est jamais parvenu à élever suffisamment la profitabilité de la division pour faire taire les partisans du tout logiciel. Cela, alors même que HP est numéro Un de ce marché. Soit les actionnaires sont trop gourmands, soit la commodization de l’informatique qui rend de plus difficile de développé une activité suffisamment profitable dans l’activité PC. 

Cette annonce a été faite alors qu’HP annonçait les résultats financiers du troisième trimestre 2011 : un chiffre d’affaires de 31,2 milliards de dollars contre 30,7 milliards en 2010 et un bénéfice net de 1,9 milliard de dollars (1,7 milliard un an plus tôt). (Source Info DSI)