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Streaming : Deezer remporte une bataille contre Universal

Le juge des référés n'a pas imposé au site de streaming de retirer le catalogue de la major de son service d'écoute gratuite. L'affaire sera jugée sur le fond.

Dans le combat qui oppose Deezer à la filiale française d'Universal Music, le premier round a été remporté par le site d'écoute de musique. Celui-ci n'a pas été condamné par le juge des référés à retirer de son offre gratuite le catalogue de la maison de disques, en attendant que le fond de l'affaire soit jugé. L'AFP indique qu'Universal a été débouté de toutes ses demandes.

Dans un communiqué laconique, la maison de disques explique qu'une « ordonnance de référé du 5 septembre 2011 autorise la société Blogmusik (Deezer) à poursuivre l’exploitation gratuite du répertoire d’Universal Music sur sa plate-forme Deezer à des conditions qui n’ont pas été acceptées par Universal. En raison de l’importance fondamentale de cette question pour les ayants droit de la musique, il importe que la juridiction du fond qu’Universal va saisir se prononce ».

En juin, on apprenait en effet qu'Universal avait déposé une plainte en référé auprès du tribunal de grande instance de Paris pour contrefaçon. La major considérait que Deezer exploitait de façon illégale son catalogue pour l'écoute gratuite, depuis le début de l'année, l'accord d'exploitation de 2008 n'ayant pas été renouvelé. Les deux entreprises n'ont pas la même vision des restrictions à apporter à l'écoute gratuite.

Désaccord sur la restriction du modèle gratuit : En effet, cette plainte en référé - à laquelle d'autres maisons de disques ne se sont pas jointes - s'explique par le fait qu'Universal veut forcer Deezer à restreindre la gratuité à cinq écoutes par titre, alors que le site a opté pour une limite plus « douce » de 5 heures par mois au début du mois de juin, ce qui n'a pas été du goût d'Universal. Le site français n'a pas voulu suivre en cela le modèle du suédois Spotify, ayant opté pour le streaming gratuit, revu drastiquement à la baisse en avril dernier pour les services Free et Open.

En janvier, Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France avait glissé au micro de Radio Campus qu'il fallait « dégrader » le streaming gratuit pour pousser les internautes à se tourner vers des offres payantes, ou à acheter des disques.

« Quand on voit des gens qui écoutent 35 fois la même chanson, vous vous dites qu'au bout d'un moment, le gars, il faut qu'il aille acheter le titre, avait-il dit, confiant en marge à Rue89 que quatre écoutes suffisaient pour savoir si on veut acheter un titre ».

De son côté, Axel Dauchez, président de Deezer, avait expliqué à nos confrères de PC Inpact en juin avoir opté pour « une limite très incitative pour les gros utilisateurs, mais sans affecter les utilisateurs occasionnels qui risquent d’aller sur YouTube ou de revenir au piratage ».  (Source 01 net)