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HP sous le feu d'une Class Action

HP vient de faire l’objet d’une action judiciaire collective en réparation (Securities Class Actions) pour avoir communiquer de fausses informations ayant permis de gonfler artificiellement le cours de l’action. Certes ce n’est pas la seule affaire en cours, - Epicor, RIM, Yahoo ou encore Juniper sont aussi sur la sellette - mais c’est sans doute la plus emblématique.

Par ailleurs, elle remet en cause radicalement la stratégie de Leo Apotheker, CEO de HP depuis septembre dernier (HP à la croisée des chemins).  Un malheur n’arrivant jamais seul, l’action d’HP a gagné 7 % suite à un rapport publié par Bloomberg News indiquant que le conseil d’administration réfléchissait au remplacement de Leo Apotheker.

Pour le remplacer, le nom de Meg Whitman, l’ancienne patronne d’eBay et la candidate malheureuse au poste de gouverneur de l’Etat de Californie contre Jerry Brown, a été mentionné.

A l’occasion de la publication des résultats financiers du troisième trimestre, Leo Apotheker présentait la nouvelle stratégie de son entreprise et annonçait des décisions majeures engageant fortement l’avenir de la firme de Palo Alto : Arrêt de la commercialisation du Touchpad mis en commercialisation quelques semaines auparavant, examen de l’avenir de la division Personal Systems Group pouvant aller sur  la cession totale de l’activité et rachat de l’éditeur britannique de logiciels Autonomy. Autant de décisions qui ont surpris les clients, les analystes et les marchés financiers et les actionnaires.

Les  clients peuvent suspendre leurs investissements, les analystes émettre des critiques, les marchés financiers exprimer des doutes sur la stratégie et exercer une pression à la baisse du cours de l’action et les actionnaires être frustrés de voir dilapider leur capital.

De fait, la réaction des marchés financiers ne s’est pas fait attendre. Le jour de l’annonce de la nouvelle stratégie, l’action perdait 1,88 dollar pour clore à 29,51 dollars. Le lendemain, elle tombait à 22, 75 dollars, le niveau le plus bas depuis 6 ans, pour terminer la journée à 23,60 dollars.

De son côté, groupe d’actionnaires a donc lancé une action judiciaire collective en réparation contre HP sur la période allant du 22 novembre 2010 au 18 août 2011 (Class Period). Cette action est soutenue par les deux cabinets Marc S. Henzel et Robbins Geller Rudman & Dowd LLP et considère qu’HP a « diffusé de fausses informations et fait des commentaires inappropriés sur l’activité de l’entreprise et ses résultats financiers » conduisant à une envolée artificielle de l’action à 48,99 dollars le 16 février 2011.

Quel est le contexte de cette initiative ? En juillet 2010, HP finalisait l’achat de Palm et notamment de son système d’exploitation WebOS pour un montant de 1,2 milliard de dollars. Pendant la ClassPeriod, le défendeur a présenté WebOS comme un système d’exploitation destiné à jouer un rôle majeur dans la stratégie de l’entreprise et devait être utilisé pour motoriser de nouveaux terminaux comme les tablettes. HP avait même annoncé des PC fonctionnant sous WebOS pour 2012.

Le 18 août de la même année, HP publiait des résultats financiers en-deçà des attentes ainsi qu’un correctif à la baisse pour l’exercice fiscal. Il annonçait également des changements majeurs dans la stratégie de l’entreprise incluant l’arrêt des activités Smartphones et tablettes.

Les plaignants considèrent que la réalité était connue des dirigeants de l’entreprise mais tenue secrète, en particulier :
- Le business model de l’entreprise ne fonctionnait pas et l’entreprise n’a pas été capable de développer son large catalogue de produits et services de manière efficace ;
- Le système d’exploitation WebOS n’est pas stratégique dans l’activité contrairement aux allégations d’HP ;
- La tablette n’était pas performante, limitant ainsi les fonctionnalités de WebOS ;
- En connaissance de cause, les responsables d’HP ont fait des déclarations sur l’avenir de l’entreprise (prévisions du chiffre d’affaires, des bénéfices, des parts de marché…) en total décalage avec la réalité dont ils avaient pourtant pleinement connaissance. (Source Info DSI)