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Circulaire Guéant : Syntec numérique monte au front

Selon Syntec numérique, 6 000 jeunes ingénieurs étrangers seraient concernés par la révision de la politique d’immigration professionnelle. Chez Atos Intégration, la CGT demande à son PDG, Thierry Breton, d’alerter les plus hautes autorités de l’Etat.

La circulaire du 31 mai n’en finit pas d’agiter le secteur des SSII. Faute d’autorisation de travail, du jour au lendemain, de jeunes diplômés étrangers sont licenciés et n'ont plus, comme seule perspective, que celle de devoir quitter le territoire français.

En conférence de presse, Syntec numérique a avancé, pour la filière, le chiffre de 6 000 jeunes ingénieurs pénalisés par cette circulaire dite Guéant. Sans que l’on sache précisément s’il s’agit de refus de visa ou, plus vraisemblablement, du nombre de dossiers à l’étude lors du passage du statut d’étudiant à salarié.

Le chiffre n’en est pas moins important, et cette révision de la politique d’immigration professionnelle nuit à l’activité des sociétés de services alors que le marché de l’emploi resterait sous tension. Président de la chambre syndicale, Guy Mamou-Mani entend mener une action dans ce sens auprès de la présidence de la République.
Il se défend, par ailleurs, de toute volonté de dumping salarial. « Ces diplômés étrangers sont recrutés au même niveau de salaire. Ils ne prennent pas non plus le travail de Français. Ce n’est pas parce que l’on embauche ces 6 000 ingénieurs que l'on ne recrutera plus par ailleurs. »

Certaines préfectures font du zèle : le comité d’entreprise d’Atos Intégration a demandé à sa direction de s'associer à sa demande de retrait de la circulaire Guéant.

« Notre PDG, Thierry Breton, en tant qu’ancien ministre de haut rang, a la possibilité d’alerter à ce sujet les autorités au plus haut niveau de l’État », souligne la CGT sur son site. Appel entendu, selon un délégué de ce syndicat. « Il a indiqué qu’il prendrait contact avec le ministre de l’Intégration, voire avec celui de l’Economie. »

La situation est de fait préoccupante au sein de la SSII. Sur une seule ligne de services d’Atos Intégration, neuf dossiers ont été rejetés et 98 demandes de visa sont en cours. La CGT a alerté la DRH de cas de détresse personnelle de ces jeunes ingénieurs qui, du jour au lendemain, se retrouvent sans ressources et à qui l’on fixe une date de retour au pays.

Un délégué syndical note une inégalité des chances en fonction de la zone de résidence. « Certaines préfectures font du zèle dans l’application de la circulaire. Sur les neuf rejets, cinq viennent de Nantes, trois de Rennes. La préfecture de Bordeaux est plus clémente, pour l’instant. »

Et pourtant, les profils sont sensiblement identiques – de jeunes ingénieurs, diplômés de grandes écoles – en dépit de leurs origines diverses (Colombie, Maroc, Tunisie, Bénin, Inde…). Sur Rennes, ils sont notamment passés par l’École nationale d'ingénieur de Brest ou par Télécom Bretagne.

A noter que le bureau confédéral de la CGT a décidé, le 10 octobre dernier, d’attaquer devant le Conseil d’Etat l’arrêté du 11 août qui fixait la liste des quatorze métiers accessibles « sans opposition de la situation de l’emploi » aux salariés étrangers issus de pays hors Union européenne. (Source 01 net)