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Forte hausse du nombre de demandeurs d'emploi en informatique

Le nombre de demandeurs d’emploi en informatique a progressé de +58% en un an, annonce le Munci (l'Association professionnelle des informaticiens), pour atteindre un total d’environ 30 000 chômeurs (soit 6,5% de la profession). Cette progression est trois fois supérieure à celle constatée sur l’ensemble du marché du travail (+18,5%) sur la même période... Inquiétant.

" Tandis que l’année 2009 a été cruelle sur le front de l’emploi IT et que le plein-emploi est désormais loin derrière nous, nous n’allons pas attendre de revenir à des niveaux de chômage aussi élevés qu’en 2004 (même si ce n’est pas le cas le plus probable) pour réagir avec force… " prévient le Munci.

L’année 2009 restera comme l’une des pires qu’ait connu la profession sur le plan du chômage, avec des hausses spectaculaires de +58% (+10 300) chez les demandeurs d’emploi en informatique sans emploi (Cat A), de +55% (+11 900) pour l'ensemble comprenant tous les demandeurs d’emploi en informatique, donc ceux ayant eu une activité réduite (Cat A+B+C).
Soit une progression trois fois supérieure à celle constatée sur l’ensemble du marché du travail (+18,5% / +407 200 personnes) sur la même période, souligne encore le Munci. Depuis l’été 2008 et le début de la crise, où l’on avait atteint un point bas de 14 800 demandeurs d’emploi en juin 2008, le chômage aurait progressé de… 90% dans l’informatique.

On dénombre actuellement 28 100 demandeurs d’emploi en informatique Cat. A et 33 700 demandeurs d’emploi en informatique Cat. A+B+C.
" Rapporté aux 515 000 salariés et demandeurs d'emploi de la profession, hors indépendants non pris en compte dans les chiffres du chômage, nous obtenons un taux de chômage sectoriel d’environ 6,5%… désormais bien loin d'un marché de plein emploi ", analyse le Munci. Un taux de chômage par ailleurs supérieur à celui des cadres, estimé à 4,2 % par l'Apec, sachant que 75 à 80% des informaticiens sont cadres…

En ce qui concerne les pertes d’emplois, rappelle l'association, le Syntec Informatique a anticipé de son côté en novembre dernier une perte comprise entre 7 000 et 10 000 postes.

" Que ce soit en terme de hausse du chômage ou de pertes d’emplois, la crise actuelle est presque aussi sévère sur le plan social que la crise précédente des années 2002 et 2003 ", poursuit le Munci. " En conséquence de quoi nous considérons que le marché des services informatiques demeure un marché fortement cyclique où la part des activités récurrentes (infogérance…), les progrès sur le plan de la formation, ou encore une (prétendue) meilleure perception par les DG des avantages stratégiques et compétitifs engendrés par des SI innovants et performants (…), ne suffisent pas à enlever l’image d’un secteur qualifié "d’intérim de luxe" où les prestataires de services servent avant tout de variables d’ajustement de l’activité économique des grands comptes comme des PME. Sans oublier bien sur la part croissante que prennent les délocalisations offshore… "

Le Munci ne restera pas les bras croisés : Au programme de l'association, figurent une étude des besoins réels sur le marché du travail, le combat contre les délocalisations offshore de services informatiques, l'arrêt provisoire de l'immigration économique, la réforme de la prestation de services (prêt de main d'oeuvre) et un plan de relance numérique français & européen...

Le Munci annonce qu'il prépare une campagne auprès de la classe politique, des pouvoirs publics et de la communauté informaticienne. Cette campagne sera axée essentiellement sur les points suivants :
- l'évaluation des besoins réels et futurs sur le marché et les conséquences immédiates à en tirer notamment sur le plan de la formation. A ce titre, estime le Munci, le cycle habituel des fortes remontées du chômage en alternance avec le mythe de la "pénurie d’informaticiens" et des "difficultés de recrutement" a assez duré. Un projet d’étude à long terme de l’offre existante vise in fine à comparer l’adéquation de cette offre à la demande à partir d’une analyse exhaustive des offres d’emploi de 3 grands sites de recrutement.
- le combat contre l’offshore qui est en forte croissance via un site "communautaire" qui sera spécialement dédié à la lutte contre ces délocalisations/relocalisations de services informatiques, où il s’agira notamment de "traquer" les situations jugées abusives et où la communauté informaticienne, à la fois salariée et consommatrice des produits & services des clients, pourra prendre ses responsabilités en connaissance de cause…
- l'arrêt provisoire de l’immigration économique. " La liste des "métiers en tension", dans laquelle figure l’ensemble des métiers de l’informatique, n’a toujours pas été revue depuis le début de la crise… ce qui est totalement scandaleux ", estime le Munci. Un dossier est en préparation sur ce thème pour mettre en évidence les incohérences de cette liste, le problème lié de la formation des demandeurs d’emploi, mais aussi le chômage élevé des informaticiens étrangers ou encore le "pillage" des ressources humaines dans les pays concernés…
- la réforme de la prestation de services et de l’externalisation. Le Munci entend expliquer en quoi le laxisme règlementaire et judiciaire en matière de sous-traitance et de prêt de main d’oeuvre est largement responsable de la remontée du chômage dans nos professions… et qu’il est grand temps de recadrer le recours à la sous-traitance dans les prestations intellectuelles.

Enfin, le Munci va travailler en étroite collaboration avec le Specis/UNSa, syndicat partenaire, afin d’établir un nouveau document de position reprenant ses analyses et les propositions communes (document qui sera transmis notamment au secrétaire général de l’UNSa).(Source IT Channel)

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