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Bull perd sa tête

Une page se tourne pour le constructeur qui fut l’emblème triomphant de l’informatique française : Didier Lamouche va quitter son poste de PDG de Bull.

En novembre dernier, Bull annonçait fièrement la prise de contrôle d'Amesys. Une belle affaire : cette société de service, qui compte 900 personnes, connaît une croissance météorique de 25 % l'an depuis 2004, une rentabilité confortable, un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros qui vient s'ajouter aux 1110 millions d'euros réalisés par le constructeur en 2009. Les synergies semblaient alors nombreuses entre Bull et la société de service, très présente dans la Défense, l'énergie, les télécoms.

Revers de la médaille, ce « raid » allait coûter 102 millions d'euros à Bull, dont 72 millions d'euros en actions.

A la suite de l'émission d'actions que Didier Lamouche lance pour financer cette acquisition, Crescendo Industries, la holding à laquelle appartenait Amesys, se retrouve à la tête de 20 % du constructeur national... Et devient mécaniquement le premier actionnaire de Bull, largement devant France Telecom, qui en détient 8 %, et Nec, qui en conserve toujours 2 %.

Si l'opportunité de l'acquisition d'Amesys par Bull est alors saluée par les analystes, de même que la qualité de la cible, des réserves sont toutefois émises quant au coût de l'opération.

Une cible trop coûteuse en actions : A l'époque, Didier Lamouche, qui est PDG de Bull depuis 2005, cherche à minimiser l'impact de cette prise de participation dans son groupe. Mais aujourd'hui, il annonce sa démission pour le 10 mai prochain. Un conseil d'administration aura lieu ce jour-là pour préparer l'assemblée générale de Bull, prévue le 16 juin, et surtout pour nommer le nouveau PDG.

Officiellement, Didier Lamouche quitte sa fonction pour « raisons personnelles », mais nos confrères de La Tribune évoquent des désaccords entre le PDG et son actionnaire Crescendo Industries. Les changements à la tête de France Telecom ont peut-être aussi influés sur les soutiens dont disposait Didier Lamouche auprès de l'opérateur, notamment Gervais Pellissier, ancien directeur général de Bull jusqu'en 2005 et aujourd'hui chargé de gérer le joint-venture avec T-Mobile au Royaume-Uni.

Dès novembre 2009 la lettre confidentielle La lettreA évoquait un possible remplacement de Didier Lamouche par Philippe Vannier, le dirigeant de Crescendo Industries. Ce dernier tient donc la corde pour prendre les commandes de Bull.

Les indicateurs passent au vert au premier trimestre :
Paradoxalement le PDG de Bull annonce sa démission alors que les résultats de Bull sont plutôt meilleurs qu'attendu au premier trimestre 2010. Les prises de commande ont crues de 15,9%, et le chiffre d'affaire à atteint 273,2 millions d'euros soit 9,4% de mieux qu'au premier trimestre 2009. Cette progression du chiffre d'affaire s'explique quasi intégralement par l'acquisition d'Amesys.

Toutefois selon les analystes, la croissance de Bull devrait se poursuivre lors des prochains trimestres. Bull a lancé récemment le Bullion, son serveur 128 cœurs et le lancement des nouvelles puces Power7 d'IBM, des nouveaux processeurs Intel Xeon 7500 (Nehalem-Ex) devraient stimuler le marché... Certains analystes ajoutent même que l'acquisition de Sun Microsystems par Oracle laisse visiblement le champ libre aux autres constructeurs de machines Unix. (Source 01 net)

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