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Piratage : les services qui échappent à la Hadopi

Mais qui a peur de la Hadopi ? Pas les « pirates » confirmés en tout cas, qui disposent de mille autres façons de télécharger des contenus illicites.

Et voilà ! Les premiers e-mails de la Hadopi sont partis. La surveillance des réseaux de peer to peer est en place, et les « pirates » ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête : le risque de se faire couper leur chère connexion à Internet s’ils se font « flasher » à plusieurs reprises par les radars numériques de TMG.

Sauf que, on le sait bien, échappent à la surveillance de la société nantaise des millions de téléchargements illicites, simplement effectués… ailleurs, loin des utopies économiques des réseaux de partage. Fournisseurs d’accès aux newsgroups, hébergeurs de fichiers ou encore services de VPN : jamais le business autour du piratage n’a été si florissant. Car, pour éviter d’être repérés, certains pirates n’hésitent plus à passer à la caisse pour récupérer leurs précieux contenus. Tour d’horizon des techniques employées par les internautes pour télécharger loin des yeux indiscrets de la Hadopi.

Le streaming : C’est la technique de « téléchargement » qui a fait le plus parler d’elle lors des débats autour de la loi Hadopi, notamment chez ses détracteurs, qui voulaient démontrer l'obsolescence de cette loi avant même sa promulgation. Pourquoi télécharger, quand musique et vidéos sont disponibles en streaming sur son navigateur, en quelques secondes seulement ?
Très populaire, en particulier chez les plus jeunes, la technique ne réclame aucune connaissance particulière. Seulement de bonnes adresses et des contenus frais, car les gros hébergeurs de fichiers piratés (à l’image de Megavideo, véritable mine pour ceux qui téléchargent) sont de plus en plus prompts à supprimer rapidement les films contrefaits. Il faut aussi pouvoir supporter les publicités envahissantes – voire dangereuses pour la santé de son navigateur – sur les nombreux sites proposant des liens vers les films. Et surtout accepter des vidéos de qualité souvent médiocre, du fait de la compression importante des images durant l’importation.
Décriés par certains artistes et hommes politiques (on se rappelle les sorties de Luc Besson et de Frédéric Lefebvre contre le site Beemotion l’année dernière, fermé dans la foulée), les sites de streaming illégal se portent pourtant très bien. Nombreux, souvent hébergés à l’étranger, ils sont d’autant plus difficiles à fermer qu’ils se multiplient.

Le téléchargement direct : Après µTorrent, Jdownloader ? Ce petit logiciel en Java est le compagnon préféré de ceux qui téléchargent des contenus contrefaits sur la ribambelle d’hébergeurs que compte désormais la Toile. Qu’ils se nomment Rapidshare, Megaupload ou encore Uploaded.to, Jdownloader les connaît tous et automatise l’accès aux fichiers de ces services… qui font un carton depuis quelques années déjà et vont certainement gagner encore des utilisateurs grâce à la Hadopi.
Le pirate a – presque – tout à y gagner : c’est plutôt sûr, enfantin à utiliser, et cela permet de trouver et de rapatrier très rapidement des contenus. Seul hic : pour profiter d’un débit correct et ne pas attendre avant chaque téléchargement, il faut souscrire un compte payant, et ce n’est pas donné : la facture s'élève à 9,99 euros par mois pour Megaupload, par exemple !
Autre avantage du direct download pour le pirate : Google. Faites le test vous-même avec Google Suggest. Entrez le nom d’un film, n’importe lequel : il y a de grandes chances que vous voyiez apparaître les noms « Rapidshare » ou « Megaupload » associés à lui. En un clic, Google est capable de renvoyer ainsi l’internaute vers des dizaines de sources, souvent des forums ou des blogs spécialisés dans les fichiers piratés, qui contiennent le bon fichier.

Les newsgoups : Qui aurait pu croire que le vénérable Usenet serait encore aussi fringant au XXIe siècle ? Oublié du grand public et même des geeks, qui lui ont vite préféré le Web pour discuter de sujets pointus, il est redevenu en quelques années un service de choix… pour le piratage de contenus. En effet, s’il n’y a quasiment plus de discussion sur ce gigantesque réseau, les adeptes du téléchargement peuvent facilement y dénicher des dizaines de milliers de films et de morceaux de musique sur des forums spécialisés.
Les FAI ne proposant pas d’accès à ces fameux fichiers – à l’exception notable de Free* –, il faut, pour télécharger sur Usenet, souscrire un abonnement auprès d'un fournisseur d’accès à ces temples du piratage. Il existe des dizaines de providers, tous ont pignon sur Web, et, même s’ils ne parlent jamais ouvertement de piratage, font clairement de bonnes affaires avec. Qu’ils s’appellent EasyNews, Giganews ou encore NewsDemon, tous rivalisent d’ingéniosité pour attirer les internautes vers leur offre. Et ils ont des arguments massue : longue rétention des fichiers, téléchargement ultrarapide, sans oublier la « sécurité » de leurs utilisateurs. Comprenez par là que la plupart offrent des connexions sécurisées (SSL) afin d’empêcher les curieux de voir ce que vous téléchargez et d'éviter que les données de connexion soient conservées.
Récupérer des contenus sur Usenet nécessite quelques compétences techniques : il n'a pas été conçu pour partager des fichiers, et le vieux système de forums de l’Internet nécessite donc qu’ils soient encodés et tronqués en plusieurs parties pour être mis en ligne. Mais quelques programmes ad hoc, tel Grabit, ainsi que le format NZB, qui permet de récupérer tous les morceaux d’un même fichier d’un seul clic, simplifient largement la tâche aux pirates.
* Free propose encore un accès partiel aux binaires de Usenet, même si le FAI a déjà coupé de nombreux groupes proposant des fichiers piratés.

Les VPN et les techniques pour masquer son IP : Cacher sa véritable IP à la Hadopi pour lui en présenter une autre : voici la méthode la plus à la mode en ce moment, car elle permet de continuer à utiliser les réseaux P2P sans risque de se faire prendre. Le principe est d’une simplicité enfantine : coller un serveur proxy entre la machine du pirate et Internet, ce qui masque son adresse au profit de celui du serveur, généralement situé à l’étranger.
Bien cachés derrière une barrière virtuelle, les télé-chargeurs n’ont plus aucun souci à se faire… Certains services de ce type sont gratuits, mais pour s'assurer une qualité suffisante, la majorité des pirates préfèrent… payer ! De 5 à 15 euros par mois en moyenne, pour un VPN (réseau privé virtuel) qui cache l’adresse IP derrière un proxy et fournit une communication cryptée entre la machine de l’internaute et le serveur. Discrétion assurée, et ce pour l’ensemble des connexions à Internet, qu’il s’agisse de Web, de P2P ou de newsgroups… Mettre en place un VPN sur son ordinateur réclame la création d’une nouvelle connexion sur l’ordinateur et quelques réglages un peu pointus… Pas bêtes, les fournisseurs de VPN fournissent tous des pas à pas détaillés pour parvenir à ses fins.

Au-delà des proxys et des VPN, il existe d’autres moyens, pour l’instant expérimentaux, pour se rendre anonyme sur la Toile. C’est notamment l’ambition du projet Tor, qui propose d’accéder à Internet de façon anonyme en transmettant les données par différents routeurs Tor et en cryptant à chaque fois la communication entre deux routeurs. Seul problème, c’est plutôt lent…

Le P2P privé... ou crypté : Présent depuis déjà quelques années, les systèmes de peer to peer entre « amis » et basés sur la cooptation vont peut-être trouver une seconde jeunesse avec l’arrivée d’Hadopi. L’un des plus connus, le français Gigatribe (ex Tribalweb) affiche par exemple un bon million et demi de comptes créés.
Ses utilisateurs demeurent à l’abri de la Hadopi, les échanges s’effectuant dans un cadre restreint, entre petits groupes. Reste à trouver des contacts pour partager ses films, logiciels et musiques… Ce n’est pas très compliqué pour les pirates : plusieurs sites annuaires proposent des listes d’utilisateurs et détaillent même leurs préférences culturelles... D’autres systèmes de partage entre amis ont également la cote, tels qu’Hamachi, qui permet de créer un réseau local virtuel.

Les fidèles au P2P, ceux qui croient aux évolutions de cette technique révolutionnaire de distribution, cherchent quant à eux à migrer vers de nouvelles plates-formes anonymes, qui peinent pour l’instant, malgré déjà quelques années d’existence, à percer dans le grand public. Après de nombreux clients abandonnés – qui se souvient d’ANts P2P ? – c’est désormais Oneswarm, un client P2P anonyme développé par des universitaires américains, qui intéresse le plus les passionnés. Connaîtra-t-il le succès ? Rien n’est moins sûr…. (Source : 01 net)

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