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Vols de mobiles avec violences : vrai ou faux problème ?

Les vols de téléphones mobiles avec agression seraient-ils répandus au point d’être les principaux responsables de l’augmentation des violences aux personnes en 2010 ?

C’est en tout cas ce qua affirmé le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui, sur TF1, a déclaré que les chiffres concernant les violences aux personnes, qui auraient subi une hausse de 2,5% en 2010, seraient « en grande partie » dus aux vols avec violences survenant dans les transports et « pour une grande part » aux vols de téléphones mobiles et de smartphones.

Ces vols de mobiles représenteraient en effet deux tiers des vols avec violences dans les transports en commun, selon le ministre de l’Intérieur. Une réalité remise en question par une enquête de France Info montrant que les opérateurs mobiles incitent leurs clients victimes de vols à déclarer un vol avec violence alors que ce n’était pas le cas, et ce dans le but de faire jouer le contrat d’assurance.

Les chiffres relatifs à la délinquance annoncés par Brice Hortefeux sont décidément bien contestés. Alors que, sur France Info, le secrétaire national du PS en charge de la sécurité Jean-Jacques Urvoas dénonce ces chiffres, selon lui « maquillés » et « tronqués », une enquête, de France Info également, tend par ailleurs à montrer que ceux relatifs aux vols de mobiles avec violences seraient trompeurs, cachant une situation complexe de fausses déclarations destinées à faire entrer en jeu les contrats d’assurance.

Afin de se faire une idée de l’authenticité des déclarations de vols de mobiles avec violences, France Info a décidé d’enquêter auprès d’une quinzaine de boutiques parisiennes d’un grand opérateur. La chaîne constate alors que, « presqu’à chaque fois au bout du fil », le vendeur recommande à son client d’effectuer une fausse déclaration de vol avec agression. Le plus consternant est sans doute de s’apercevoir que les vendeurs appellent non seulement au mensonge mais au mensonge raciste, deux des employés de l’opérateur interrogés invitant le client à déclarer à la police que le voleur l’ayant soi-disant agressé était de couleur.

« Vous allez à la police, vous dites « Ils étaient deux, ils me l’ont arraché. Je n’ai pas bien vu : il était grand, il était noir, il a couru vite, je ne serais même pas capable de le reconnaître… Ils ne vont pas chercher » », lance un vendeur. « Vous sortez du métro […]. Arrivé en haut des marches, il y a un grand black qui est arrivé et qui vous a volé votre téléphone », conseille un autre.

L’objectif de ces fausses déclarations ? Faire jouer la garantie de son contrat d’assurance, ce qui, bien souvent, n’est pas possible pour des cas de vol sans agression. Benjamin Douriez, rédacteur en chef adjoint de 60 millions de consommateurs, explique à France Info qu’il voit ce type de combine comme « une conséquence directe de la médiocrité des contrats d’assurance pour mobiles », qui sont vendus par les compagnies en faisant croire au consommateur que tous les cas de vol seront couverts, ce qui est faux.

« Si le voleur ne vous frappe pas, vous n’êtes pas couvert », insiste 60 millions.

Ce n'est pas forcément le cas de toutes les compagnies d'assurance. Ainsi Gras Savoye qui travaille avec Bouygues Telecom, assure que le vol à la tire (sans violence) est pris en compte (même si les forums ne sont pas tendres à son égard). Ce qui ne dispense pas l'assuré de faire sa déclaration au commissariat dans les 48 heures...

D’après la police parisienne, une déclaration de vol avec agression sur 3 serait ainsi fausse, rapporte France Info. Et les pseudo-agressés ne s’en tirent pas toujours à si bon compte, plusieurs « fausses victimes » ayant ces derniers mois été placées en garde-à-vue et poursuivies pour dénonciation de faits imaginaires, indique la radio. Certains se sont défendus en invoquant les mauvais conseils de leur opérateur.

L’opérateur sur qui a porté l’enquête, sollicité par la chaîne, dénonce ces « dérives ».

De leur côté, les magistrats affirment leur détermination à poursuivre les vendeurs, qu’ils jugent « complices de ces fausses déclarations ». Les « fausses victimes » encourent une peine de 6 mois de prison.  (Source La vie numérique)

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