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Les jeunes d'Ile-de-France, « fers de lance » de la révolution numérique

Les nouvelles technologies, et en particulier les nouveaux médias, sont aujourd’hui omniprésents. L’explosion de leur utilisation, en majorité par les plus jeunes, soulève des questions quant aux usages qui en sont faits, questions notamment liées au bouleversement qu’ils pourraient apporter dans l’évolution des mœurs culturelles.

Des enquêtes se sont récemment penchées sur les dangers d’Internet pour les jeunes (entre 9-16 ans et 11-17 ans selon les études) d’Europe ou de France. Dans son enquête, la commission Tourisme, Sports, Loisirs du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d’Ile-de-France se concentre quant à elle sur la tranche des 15-25 ans habitant la région, en s’efforçant de cerner les usages que fait cette population du numérique dans le cadre de ses loisirs.

Les conclusions de ces trois enquêtes se rejoignent : l’usage des nouvelles technologies et nouveaux médias par les jeunes est pléthorique et non négatif en soi mais il requiert un encadrement parental qui fait souvent défaut. Les recommandations exprimées par le CESER indiquent en outre qu’un véritable travail d’éducation et de responsabilisation doit être mené par les familles en coordination avec les acteurs publics, notamment les collectivités territoriales et les équipes enseignantes, mais aussi avec le secteur associatif.

Les jeunes « proies » mais aussi acteurs de la révolution numérique

Quelques chiffres permettent de constater l’ampleur du phénomène : selon une étude du CREDOC datant de 2008, 99% des 18-24 ans possèdent un téléphone mobile et 89% disposent d’au moins un micro-ordinateur à domicile. Un observatoire des réseaux sociaux mené par l’Ifop en janvier 2010 fait en outre apparaître que 96% des jeunes de 18 à 24 ans seraient membres d’au moins un réseau social et 35% d’entre eux de quatre réseaux sociaux ou plus. En outre, près de neuf jeunes sur dix se connectent à Internet depuis leur domicile, d’après une enquête du CREDOC en 2009.

Si la question de l’utilisation massive des nouveaux usages du numérique dépasse largement le contexte de la seule Ile-de-France, cette région est toutefois l’une des plus affectées par ces changements en raison de l’importante présence de la jeunesse. Alors qu’on y dénombre en effet 3 millions de moins de 20 ans, soit 25% de la population selon l’INSEE, un habitant sur trois y a moins de 25 ans.

Le rapport présente par ailleurs les jeunes comme les « fers de lance » de la révolution numérique. Quasiment nés avec ces nouveautés, ils les maîtrisent mieux que leurs aînés et en sont ainsi les utilisateurs les plus nombreux.

Selon le rapport du CESER, la diffusion rapide des médias numériques va de pair avec l’éclatement de la structure familiale, la perte de valeur de l’autorité, la démocratisation de la scolarité et la progression du temps de loisir.

Selon une enquête du CREDOC datant de 2009, 75% des adolescents considèrent en outre que « disposer d’Internet est important pour se sentir intégré dans notre société ».

Chez les plus jeunes, Internet a supplanté la télévision en tant que moyen d’information et de divertissement. De nouveaux usages se sont développés, tels que l’écoute ou le visionnage de vidéos en ligne, de web radios ainsi que de vidéos et d’émissions de télévision en streaming, mais aussi les jeux en réseau, les flash mob, l’Internet mobile, la consultation et la création de blogs… Une majorité déclare en outre se servir de plusieurs médias en même temps (Internet, mobile, TV…).

Les nouvelles technologies permettent par ailleurs aux jeunes non seulement de « consommer » des contenus mais également d’en créer, réalisant par exemple des courts métrages fabriqués à partir de séquences de jeux vidéo selon la technique du machinima, ou encore des pocket movies, films « fabriqués » à partir d’un téléphone mobile.

D’aucuns s’inquiètent que le développement de ces nouveaux usages ne fasse de l’ombre aux « pratiques culturelles traditionnelles ». Cependant, le rapport du CESER montre qu’il s’agit là « d’idées reçues » qui ne se vérifient pas dans la réalité, bien au contraire. Contre toute attente, en effet, les loisirs comme les sorties avec les amis augmentent au lieu de diminuer avec le nombre d'heures passées sur Internet. De même, 47% des forts utilisateurs de jeux vidéo sont également de « gros » lecteurs de livres, contre seulement 42 % des faibles utilisateurs. En outre, selon une enquête menée pour le compte du CESER IDF et des trois rectorats d’Ile-de-France par la société MV2 Conseil en mai 2010, les 15-19 ans qui « surfent », « chattent » et « jouent » en ligne sont aussi les plus sportifs.

Les recommandations du CESER : ne pas contrôler mais mieux encadrer

Face à ces évolutions, le rapport du CESER indique que la problématique principale ne réside plus dans le développement des équipements numériques mais dans la diffusion, le développement et la maîtrise de leurs usages.

Le rapport du CESER souligne en effet une tendance qui apparaissait déjà dans l’étude Calysto sur les jeunes et Internet citée plus haut : si les jeunes sont très au fait de l’utilisation d’Internet sur le plan « technique », ils se soucient peu de la protection de leurs données personnelles et ne se préoccupent en majorité pas du droit à l’oubli numérique. Comme le montraient également les deux études mentionnées, leur haute « consommation » du web peut en outre les exposer à des images choquantes. Et on constate souvent chez les parents, qui pourraient les aider à prévenir ces risques, un manquement à leur devoir.

Le CESER évoque également le problème du développement des usages illicites d’Internet, notamment le téléchargement « pirate » de fichiers musicaux, qu’il attribue à l’avènement d’« une contre-culture de la gratuité au sein de la jeunesse ».

En réponse à ces problématiques, le CESER recommande des mesures visant à mettre en place « une véritable éducation aux nouveaux médias » devant éveiller l’esprit critique des jeunes et leur capacité de discernement afin qu’ils soient en mesure de mieux trier la quantité surabondante d’informations à leur disposition.

Les recommandations indiquent que familles, acteurs publics (notamment collectivités territoriales et équipes enseignantes), mais aussi associations doivent travailler de concert pour accompagner les loisirs des jeunes franciliens à l’ère numérique. Notons que le CESER, qui déclare ne pas avoir « la prétention de proposer un projet global » en matière de maîtrise des usages du numérique faits par les jeunes et se dit opposé au contrôle des nouveaux médias, qui « limiterait le champ des possibles de ces outils », se déclare toutefois, pour ce qui est des blogs parfois impudiques créés par les adolescents de 12 à 17 ans, favorable à « la mise en place d’infrastructures de modération par le fournisseur d’accès », selon lui « plus adaptée qu’une modération entre pairs », et ce malgré le caractère « difficile » et « coûteux » d’une telle mesure.

Les 11 recommandations du CESER

- « Renforcer dans le cadre scolaire l’éducation et l’accompagnement des pratiques numériques des jeunes.

- Développer la formation des enseignants à l’usage des outils numériques non seulement avant leur première prise de fonction mais également de façon continue.

- Assurer en étroite coordination avec les trois académies franciliennes le déploiement « d’espaces numériques de travail » dans les lycées d’Île-de-France.

- Diffuser, hors champ scolaire, en liaison avec le secteur associatif, des actions de sensibilisation, d’information et de formation sur les médias numériques afin de responsabiliser les jeunes mais également les parents et les éducateurs à leur bon usage, aux enjeux de sécurité concernant la protection de la santé et de la vie privée et à leur devoir de vigilance en la matière.

- Apporter, avec le concours des associations, un soutien à la diffusion des usages numériques auprès de toutes les catégories de la population francilienne, en particulier des jeunes issus des populations défavorisées ou les plus fragiles ainsi que des jeunes atteints d’un handicap visuel, auditif ou mental.

- Poursuivre, en partenariat avec les collectivités territoriales, les projets d’aménagement numérique du territoire régional afin de soutenir la diffusion du haut débit et des technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble des territoires : zones urbaines, semi-urbaines et rurales.

- Rendre accessibles aux jeunes, dans le cadre d’activités de loisirs encadrées, les espaces numériques des établissements scolaires d’Île-de-France en dehors de leurs heures d’ouverture.

- Mettre en place une plate-forme d’information, de ressources et d’échanges destinée à accompagner, à promouvoir et à valoriser les créations numériques des jeunes.

- S’assurer de l’attractivité des portails dédiés aux jeunes en termes de présentation et d’ergonomie afin de répondre le mieux possible à leurs attentes et à leurs besoins.

- Réaliser régulièrement une évaluation de la mise en oeuvre des actions dans le domaine des pratiques numériques des jeunes afin de mesurer leur impact global.

- Assurer une veille sur l’évolution des pratiques numériques des jeunes ».  (Source ITR mobiles)

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