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Après les difficultés de Surcouf, d'autres grandes enseignes sont appelées à disparaître

D'après le cabinet Canalys, de nombreux revendeurs en Europe et aux Etats-Unis devraient boire la tasse comme l'ont déjà fait Surcouf, Best Buy Europe, CompUSA ou encore Circuit City s'ils ne changent pas leur façon de faire.

Ce type de revendeurs a du affronter une concurrence décuplée de la part d'Internet et des supermarchés. Ils ont abandonné énormément de business à ces concurrents qui les ont laminés sur les prix et sans avoir aucun des avantages d'un géant comme Amazon (vaste catalogue, recommandations et avis des acheteurs, expédition gratuite, excellent services de retour, etc.), explique Steve Brazier, le CEO de Canalys.

Aujourd'hui, un consommateur est même capable de feuilleter un livre dans une boutique et de l'acheter sur Amazon à un prix plus élevé pour profiter des suggestions de lecture faites par son moteur de recherche.

De l'autre côté, les supermarchés eux tirent toujours les prix vers le bas et multiplient les promos sur les produits d'entrée de gamme. Ils sont même prêts à sacrifier leurs marges pour faire venir les gens dans leurs magasins. Car tout le monde sait très bien que si vous entrez dans un supermarché avec l'envie simplement d'acheter une cartouche d'encre, vous repartirez malgré tout avec une baquette de pain, une barquette de friands et un paquet de couches. "Ils sont généralement bien placés, ils ont de grands parkings où il est facile de se garer, ce qui facilite l'achat et le chargement des produits lourds ou encombrants" ajoute Alastair Edwards, analyste chez Canalys. "Certains ont même désormais des services de livraison ou de retrait".

De plus, les revendeurs européens ont vu le business lié aux extensions de garantie se réduire puisque l'Union Européenne a décidé que la garantie standard serait désormais de deux ans. Ils ont également assisté aux déclins des ventes de vinyles, de pellicules, de CD et maintenant de DVD. Et du côté des livres et de la presse, même si les ventes numériques sur Kindle ou iPad sont encore marginales, elles commencent aussi à inquiéter les libraires et les maisons de la presse.

Même sensation du côté des magasins de logiciels et de jeux vidéo qui n'ont d'autre solution que de diversifier leurs offres pour survivre dans l'univers du téléchargement et de la dématérialisation.

"L'avenir de multi-spécialistes comme la Fnac en France semble toutefois aussi sombre que celui des revendeurs centrés uniquement sur un type de produits" continue Alastair Edwards. "Tous ces revendeurs offrent finalement peu d'avantages pour les consommateurs. Ils s'adressent à tous ceux qui refusent encore ou qui sont incapables d'acheter en ligne, mais leur nombre diminue rapidement. Ils permettent aussi l'achat d'impulsion. Vous pouvez ainsi repartir immédiatement avec votre produit plutôt que d'attendre le lendemain. Mais c'est à peu près tout". 

Mais tout cela ne devrait pas être une surprise pour les revendeurs, car cela fait plus de 15 ans que le menace Internet s'accentue. Et pourtant, rares sont ceux qui apportent des réponses pertinentes. La plupart ont eux aussi créé leur boutique en ligne, en se doutant bien qu'ils resteraient à la traîne, loin derrière tous ces géants d'Internet. Et c'est terminé : jamais ils ne pourront combler leur retard.

Non seulement, ils ont démarré trop tard, mais en plus ils ont sous-investi et ne sont pas entouré de développeurs talentueux. Et ils n'ont pas voulu non plus, sur leur site Internet, saper les prix affichés en magasin en pratiquant une politique tarifaire plus agressive. Au final, ils sont se trompés. 

Que doivent-ils faire alors, ces revendeurs ayant pignon sur rue, pour parvenir à concurrencer efficacement les spécialistes d'Internet ? Miser sur l'accueil, le conseil et les services. Faire tout ce que ne font pas les revendeurs en ligne. Ce qui veut dire aussi permettre aux gens de tester les produits et leur faire démos. Avec le risque aussi de ne pas vendre et de n'être plus qu'un showroom, ce qui implique aussi des financements de la part des fournisseurs.

Certains devraient aussi jeter un œil sur ce que fait Apple avec ses boutiques luxueuses, modernes qui offrent toute une gamme de services, de conseils et de formations gratuite. Des boutiques qui savent aussi créer l'évènement en collaborant avec certains artistes et parviennent à attirer les foules. Ces boutiques savent aussi tirer profiter d'Internet en permettant d'acheter ou de réserver en ligne, et de venir retirer en magasins le jour même ou le lendemain, ce qui crée l'opportunité de ventes supplémentaires en accessoires par exemple.

Cela dit, attention, copier ce que fait Apple avec ses boutiques peut se révéler dangereux, car Apple doit aussi sa popularité à ses produits, à sa façon de contrôler la marque et de verrouiller sa distribution.

Reste que l'idée de tout miser sur le service, le conseil, l'aide et la proximité avec l'utilisateur est la bonne option pour Canalys qui prédit que d'ici 2020 la plupart des centres villes auront des visages radicalement différents et que beaucoup de revendeurs et de noms "connus" aujourd'hui auront disparu.

A moins qu'ils réussissent à offrir une nouvelle expérience consommateur autour des produits qu'ils vendent. (Source ITR News)

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