Le spécialiste européen de la formation certifiante en informatique et management pour les entreprises

Changer la façon de programmer économiserait de l'énergie

Plus que la consommation électrique des machines, des chercheurs tentent de réduire celle des traitements eux-mêmes. Objectif : développer des applications plus économes en énergie.

Les applications modernes surconsomment les ressources informatiques. Enregistrer une information d’un seul caractère sur un site marchand engendre 154 caractères de métadonnées. Celles-ci servent à nommer, dater, classer, stocker retrouver, échanger l’information de départ, pour simplifier la  tâche du programmeur.

Mais c’est un luxe. Cela nécessite d’alimenter plus de cellules mémoire, davantage de cycles dans le processeur, ainsi que des transferts plus longs, en réseau comme vers les disques durs. « De même, lorsque l’on interroge une information sur un site web, elle sera traitée trois fois, explique Gilles Lapère, directeur technique de la SSII Additeam. Par le serveur de base de données qui la contient, par le serveur applicatif qui s’en sert, et par le serveur web qui l’affiche. »

A l’heure actuelle, la seule méthode pour réduire la consommation d’un centre de données est la virtualisation : on fait fonctionner plusieurs serveurs logiques dans un seul, physique, afin de transférer les temps de calcul des uns dans les temps d’attente des autres, pour que l’alimentation électrique serve à quelque chose. L’idée d’Additeam est de réduire la consommation électrique des calculs eux-mêmes. « Ce projet de recherche, lancé en mars dernier, nous permet de bénéficier du crédit d’impôt recherche », précise Gilles Lapère.

Un défi technique et culturel : Pour ses expérimentations, la SSII dispose de sondes matérielles et logicielles qui mesurent la consommation des divers organes d’un ordinateur selon des scénarios applicatifs. L’objectif consiste à comparer des codes Java et C#, qui produisent le même résultat mais qui ont été écrits différemment.

« Notre but est de publier des méthodes de programmation pour développer les applications les plus économes en énergie », raconte Gilles Lapère. Lors des premières expérimentations, l’optimisation du code Java d’un site marchand s’est traduite par une réduction d’un facteur dix du nombre de serveurs physiques dans le centre de données, alors que la virtualisation n’aurait servi qu’à le réduire de moitié.

Chambouler les pratiques établies : Seulement voilà. Outre le défi technique – il faut notamment prendre en compte la multitude de configurations possibles dans les datacenters –, Additeam court le risque de se heurter à un défi culturel.

« Les développeurs tiennent à ce que le code soit facilement récupérable par un autre développeur, pour échanger des données de manière standard. Par exemple, il n’est pas exclu que l’on s’aperçoive que le format d’interopérabilité XML est le principal responsable des gâchis d’énergie, étant particulièrement verbeux  », s’inquiète Gilles Lapère.

Et c’est bien le problème. Car quand bien même Additeam trouverait la méthode géniale pour que les applications soient moins gourmandes, qui entendrait ses propositions de casser tous les standards en place ?

« Pour l’heure, il s’agit juste d’un projet. Lorsque nous aurons atteint des étapes significatives, nous nous connecterons avec des institutions, l’Inria notamment », conclut Gilles Lapère, qui veut croire à l’influence des réseaux de développeurs, ceux-là mêmes qui ont popularisé les projets open source qui motorisent aujourd’hui l’e-commerce et le cloud.

Les obstacles à la programmation verte :

La pérennité du code : retirer ce qui est inutile au traitement réduit la taille des applications en mémoire. Mais le code devient moins lisible. Passant plus de temps à mettre au point les mises à jour, le programmeur consommera de l’énergie.

Les standards établis : enlever des fonctions Java, .Net ou XML pour épargner de la mémoire limite les évolutions possibles d’une application, pour, notamment, la rendre un jour interopérable avec les données d’un concurrent. Rajouter par la suite ces fonctions coûterait plus cher en développement que l’économie réalisée sur la consommation électrique. (Source 01 net)

EGILIA a obtenu
4.9 / 5 sur
11 avis avec Avis-vérifiés.com

EGILIA https://www.egilia.com/images/egilia-v3/home/logo-egilia.png 22 rue du General Foy, 75008 PARIS +33 800 800 900 De 295€ à 15455€