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La crise… Quelle crise ???


Alors que les bourses dévissent, que l’euro est au plus bas et que le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (dénommés PIGS par les opérateurs de la City) se débattent avec des déficits budgétaires abyssaux, les affaires continuent, qu’on se le dise !

Depuis notre dernier baromètre, en quelques semaines seulement, le marché de l’informatique a passé la surmultipliée en termes de « fusions-acquisitions ».

En voici quelques exemples, qui nous ont paru les plus significatifs :

CA avale un nouveau spécialiste du cloud, Nimsoft

CA veut à tout prix sa part de l'administration et de la supervision du cloud et des applications hébergées. Après 3Tera en février 2010, Oblicore en janvier 2010, Cassat en juin 2009, il met la main pour 350 millions de dollars en cash sur Nimsoft. Cet éditeur, qui compte 120 salariés et environ 800 clients, a développé des solutions de surveillance de la performance dans le domaine des services en ligne de tout poil : Iaas (Rackspace, Amazon), Saas (Google Apps, Salesforce.com), Paas (Google App Engine), services hébergés, serveurs virtuels, etc.
Une acquisition de marché plus que de technologie : Ce quatrième rachat dans le domaine du cloud montre le sérieux des intentions de CA. Mais il n'est pas le seul à s'y intéresser. BMC a investi dans des rachats similaires : Bladelogic d'abord, et plus récemment Phurnace. VMware a récemment acquis auprès d'EMC un lot d'outils d'administration comparables. La course à l'administration du cloud va bon train.

Nokia rachète Novarra, un navigateur internet pour mobiles

Nokia a annoncé avoir acquis l'éditeur américain de logiciels de navigation sur internet pour mobiles Novarra. En rachetant Novarra, un éditeur américain de logiciels de navigation pour mobiles, le Finlandais Nokia entend améliorer la navigation sur internet sur les téléphones portables d'entrée et de milieu de gamme.
Les services de Novarra sont notamment déployés sur les infrastructures des opérateurs mobiles américains tels que Vodafone, Verizon Wireless, Sprint ou US Cellular. On notera par ailleurs que sa plateforme de développement est utilisée par certains fabricants comme LG, Samsung, RIM ou encore Palm.

Google rachète DocVerse

Google pense plus que jamais que le Web est la meilleure plateforme pour créer et partager des informations et d’ailleurs, Google Documents est une de ces solutions. Mais, Google constate que de nombreuses personnes restent toujours attachées aux logiciels bureautiques. L’éditeur Web  travaille à l'enrichissement et au perfectionnement des outils collaboratifs Google Documents et Google Sites, tout en autorisant les utilisateurs à migrer vers le cloud et à interagir avec des applications bureautiques telle la suite Microsoft Office. 
C’est la démarche que suit Google en rachetant l’éditeur DocVerse. Google, qui était présent uniquement sur le Web, adopte une position pragmatique et met en place une sorte de stratégie à la S + S (Software + Services) en prenant position sur le poste de travail. 

Google rachète le service d'édition en ligne de photos Picnik

Poursuivant sur sa lancée, Google vient d'acquérir le site d'édition de photos Picnik dont la particularité consiste à offrir la possibilité de retoucher des photos sans télécharger de logiciel. La société américaine a déjà procédé à trois acquisitions au cours des trois dernières semaines. Les conditions financières de cette opération n'ont pas été révélées.
La start-up, âgée de cinq ans, compte une vingtaine de salariés. Andrew Pederson, porte-parole de Google, précise que l'équipe de Picnik a déjà rejoint le bureau de l'entreprise à Seattle où se trouve la division Picasa, le service de partage de photos de Google.
L'appétit de Google semble insatiable. Il est vrai qu'Eric Schmidt, CEO de Google, annonçait voici quelques mois, que la société allait reprendre son rythme d'acquisition d'une petite société chaque mois, avec quelques rachats plus importants tous les ans ou tous les deux ans. En fait, Google fait son retard... à grandes enjambées.

Google rachète un spécialiste de la voix et de la vidéo sur IP

Le géant californien acquiert une technologie de communication audio et vidéo sur IP, à incorporer dans ses services de voix sur internet ou dans Android.
Google réalise une acquisition, évaluée à 68 millions de dollars, pour mettre la main sur la société norvégienne Global IP Solutions, spécialisée dans les communications temps réel sur IP (voix, vidéo).
Une spécialité : la voix haute définition : Outre la technologie elle-même, Google s'empare de la solution qui est mise en œuvre sur les services de messagerie instantanée d'AOL et de Yahoo!, mais aussi les services de Web Conferencing professionnels de WebEx et d'IBM-Lotus, grand rival de Google dans l'externalisation de messagerie.
En acquérant GIPS, le géant californien ne fait que se renforcer dans un domaine – les communications temps réel – pour lequel il a déjà réalisé les acquisitions de Gizmo 5, jeune éditeur de logiciels de voix sur IP et On2 Technologies, spécialisé dans la compression de flux vidéo. Depuis 2009, le service Google Voice, qui offre la téléphonie sur internet aux utilisateurs nord-américains uniquement pour l'instant, s'appuie sur la technologie de la société américaine Grand Central, acquise en 2007. Grâce à ce service, il est possible d'associer à différents téléphones (mobile, fixes), un numéro unique.

Avnet s’offre Bell Micro

C’est la plus grosse acquisition de son histoire. Elle permet au grossiste d’opérer un formidable bond en avant sur ses marchés de prédilection que sont le stockage et le data center mais aussi pour ses opérations sur trois continents.
L'opération est bouclée pour près de 600 millions de dollars. Bell a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires de 3 milliards de dollars et compte près de 1 900 employés à travers le monde.
Avnet acquiert Bell Micro cash au prix de 7 dollars par action, ce qui permet d’évaluer à 252 millions de dollars le montant de l’opération. Le montant réel du rachat atteint 594 millions de dollars, Avnet prenant en charge une dette de 342 millions de dollars au 31 décembre 2009. Selon Avnet, l’opération devrait être rapidement entérinée et porter à 3 milliards de dollars son chiffre d’affaires. En effet, les opérations de distribution de Bell Micro étant absorbées par Avnet.

PGP racheté par Symantec

L'éditeur de sécurité américain frappe un grand coup en rachetant la très reconnue PGP Corporation ainsi que GuardianEdge Technologies. Ces deux sociétés, spécialisées dans le chiffrement des données et des messages électroniques, viendront compléter l'offre Endpoint Encryption. S'il a fallu mettre 70 millions de dollars sur la table pour acquérir Guardian Edge, Symantec s'est tout de même fendu de 300 millions de dollars pour s'offrir PGP.

HP rachète Palm pour 1,2 milliard de dollars

HP rachète Palm pour 5,70 dollars l’action en numéraire soit un montant total de 1,2 milliard de dollars. En rachetant l’entreprise, HP entre de plain pied sur le marché du smartphone, acquiert le système d’exploitation WebOS, la propriété intellectuelle associée et le savoir-faire en conception de terminaux portables.
HP n’avait jamais vraiment réussi à s’imposer sur le marché des PDA et des smartphones, Palm y perdait du terrain à grande vitesse. L’accord entre les deux entreprises va-t-il permettre à HP de devenir un acteur majeur sur ce marché ? Difficile à dire. L’ambition pour HP est d’associer son savoir-faire en termes de fabrication, sa surface financière et sa couverture des marchés avec la plate-forme WebOS de Palm. Le système d’exploitation pourra être utilisé dans les smartphones, mais aussi tous les nouveaux terminaux qui peuplent désormais nos vies professionnelles ou personnelles : tablette, netbook et d’autres qui ne sont pas encore connus. HP pourra-t-il l’utiliser pour son fameux Slate pour lequel il nourrit de grandes ambitions.
Le Smartphone est un marché qui connaît un développement rapide, mais où la concurrence devient rude avec le leader historique RIM et ses Blackberrys, Apple et son iPhone, Nokia, la planète Android. C’est un marché qui est en train d’être bousculé par l’arrivée des fabricants de PC, HP mais aussi Lenovo et Dell. Mais on a désormais l’habitude sur le marché des produits numériques où les cartes peuvent être redistribuées très rapidement.

Sophos racheté par un fond d'investissement anglais

830 millions de dollars. C’est le montant injecté par le fond d’investissement britannique Apax pour s’offrir 70% du capital de Sophos. L'éditeur de sécurité anglais se verrait épongé les quelques 300 millions de dettes accumulées jusqu'ici et intégrerait le portefeuille de sociétés de l'investisseur outre-manche déjà bien garni.

BPO : Jouve prend le contrôle de son rival Safig

Spécialiste de la dématérialisation, Jouve met la main sur Safig, l’un de ses principaux concurrents, notamment dans le domaine de la numérisation des bibliothèques. Il muscle ainsi son pôle BPO et se rapproche de ses clients.
Si le montant de l'opération n'a pas été dévoilé, il s'agit d'une acquisition majeure pour Jouve qui, en accueillant les 1 565 employés de Safig, fait plus que doubler en taille. Outre ce volet dématérialisation, c'est dans le domaine du BPO (Business Process Outsourcing) que Jouve se renforce avec cette opération. C'est désormais un pôle de 1 800 personnes qu'il alignera dans le domaine. Le groupe, qui comptera près de 3 000 personnes sur 27 sites de productions dont 16 en France, réalisera désormais un chiffre d'affaires de 143 millions d'euros. Il renforce sa présence dans le secteur bancaire : BNP Paribas,  Calyon, et LCL figurent parmi les grands clients de Safig.
Cette acquisition, réalisée sur fonds propres, ne modifie pas l'actionnariat de Jouve, qui reste un groupe familial.

L’acquisition de GMS par Atos Origin se précise

Pour mener à bien l'acquisition de Global Merchant Services (GMS), le pôle dédié aux transactions électroniques de la Royal Bank of Scotland, Atos Origin va devoir s'associer à des partenaires. Car la RBS a été durement frappée par la crise des subprimes et l'Etat britannique, qui en détient désormais 84 %, doit vendre ses filiales. Mais il ne compte pas brader les joyaux de la couronne.
Acquérir GMS en coûtera entre 2 et 3 milliards de livres à son acquéreur. Pour amasser cette somme, Atos Origin cherche activement des partenaires et va devoir s'associer à des fonds d'investissement. Pour l'heure, ce consortium va réunir la SSII franco-néerlandaise, CVC Capital Partners et Welsh Anderson & Stowe.

SAP rachète Sybase

SAP procède à l’acquisition de l’éditeur de base de données Sybase par le biais de sa filiale américaine SAP America. Selon les termes de l’accord, la transaction s’est  effectuée à la valeur de 65 dollars l’action représentant une valeur globale de 5,8 milliards de dollars. Cela correspond à une prime de 44 % par rapport à la valeur de la moyenne de l’action sur les trois derniers mois.
La transaction sera financée par les liquidités que possède SAP et par un prêt de 2,75 milliards de dollars accordé par Barclays Capital et la Deutsche Bank.
Il ne s’agit pas d’un achat d’opportunité parce que le cours de l’action serait particulièrement favorable. On pourrait le penser en raison de la crise qui sévit depuis septembre 2008.
Renforcement de la bande des quatre : L’édition du logiciel est depuis quelques années dominée par quatre grands acteurs qui n’en finissent d’accentuer leur position : Microsoft, IBM, Oracle et SAP. Récemment Oracle a élargi considérablement son portefeuille produit tandis qu’IBM poursuit une stratégie d’acquisitions soutenus dans le domaine du logiciel. Lors de l’acquisition de Cast Iron la semaine dernière, IBM rappelait que la division logiciels avait racheté plus de 55 entreprises depuis 2003. Finalement, c’est Microsoft qui est sans doute le moins actif à ce niveau des acquisitions. La firme de Bill Gates est entrée sur le marché des applications de gestion d’entreprises par acquisition en rachetant quatre entreprises (Great Plains, Solomon, Navision et Axapta), mais rachète plutôt des petites entreprises pour acquérir des technologies.
Il n'y a quasiment pas de recouvrement entre SAP et Sybase, le premier étant uniquement positionné sur les applications de gestion tandis que Sybase est présent sur les marchés de bases de données et de la mobilité. SAP indique qu’il y a synergies entre les deux protagonistes, tant du point de vue marché que technologies. L’éditeur allemand mentionne en priorité les solutions mobiles que lui apporte Sybase lui permettant de diffuser ses applications de gestion sur les smartphones, iPhones, iPads,  netbooks et autres terminaux de la mobilité dont la liste s’allonge toutes les semaines.
Sybase opérera en tant que filiale indépendante et deviendra « Sybase, a SAP Company ». Pour l’heure, il n’est pas question de changer l’équipe dirigeante mais on connaît les limites de ce genre d’annonces. Le Chairman et CEO de Sybase devrait intégrer le comité exécutif de SAP.
 

Who’s next ?

La course aux acquisitions semble donc être relancée, on peut même être surpris du nombre limité d’opérations de ce type depuis le commencement de la crise. Il y a vraisemblablement de bonnes affaires à réaliser et certaines grandes entreprises - notamment celles de la bande des quatre – ont des ressources financières importantes.

La question est donc : qui sera le prochain. Dans son billet, Dana Gardner consultant du cabinet Interarbor solutions mentionne Red Hat, Tibco, BMC, Progress Software, Novell, Citrix… et bien entendu la liste n’est pas close.

Du côté des acheteurs, il y a évidemment les membres de la bande des quatre, mais aussi d’autres acteurs comme HP qui vient d’ailleurs d’absorber Palm, mais aussi Apple ou Google et quelques autres.

Avec le Cloud computing, l’industrie informatique se situe à une évolution majeure de son développement sur le plan technologique, évolution qui ne se fera pas en un jour. Elle s’accompagnera par une consolidation majeure...

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