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Informatique et gouvernance : Les tendances stratégiques

En cette période estivale dont, je l’espère sincèrement, vous profitez à plein, vient de paraitre un dossier, signé Gartner, sur les cinq tendances clés qui influeront sur les stratégies informatiques des gouvernements.

A l’heure où, parallèlement au privé, la puissance publique reste un acteur incontournable pour notre industrie, il nous a paru important de vous la communiquer, in-extenso et sans commentaires.

Nous vous en souhaitons une bonne lecture et, en attendant de votre retrouver dès la rentrée prochaine, nous vous rappelons que tous centres de formation certifiante du Groupe EGILIA restent ouverts pendant cette période estivale, prêts à vous accueillir et à vous épauler dans l’obtention des certifications officielles associées aux formations certifiantes dispensées, seuls éléments fondamentaux de différenciation positive à l’emploi et gages incontestables de reconnaissance professionnelle !


Dossier Gartner
 

Bon nombre d'entités informatiques gouvernementales développent leurs nouvelles stratégies en vue de couvrir la période allant jusqu'à 2015, voire 2020. Étant donné la volatilité des problèmes et le rythme sans précédent des changements intervenant dans la technologie et les impératifs métiers, les entités informatiques des gouvernements doivent identifier les principes et politiques qui caractériseront la prochaine décennie. 
 
Constat  D'ici à 2020
- La quasi-totalité de l'infrastructure informatique sera banalisée, et la plupart des applications horizontales seront partagées ou consolidées.
- Il n'existera aucune distinction entre collaboration interne et externe.
- La gestion des informations traitera des informations externes et internes dans un même continuum.
- La confluence des technologies liées aux informations, aux opérations et au grand public va engendrer une nouvelle vague d'opportunités de transformation, à l'instar de ce que l'on appelle actuellement le "gouvernement 2.0".
 
Recommandations
Les planificateurs de la stratégie informatique au sein des gouvernements doivent prendre les mesures suivantes :
- élaborer et explorer des scénarios alternatifs centrés sur les employés afin de développer leurs stratégies informatiques pour 2020 ;
- développer des architectures qui tirent parti de l'incidence d'une banalisation croissante des processus et services informatiques, tout en garantissant l'interopérabilité et la flexibilité ;
- s'assurer que les utilisateurs disposeront d'une plate-forme de collaboration et d'engagement unique afin de prendre en charge les multiples besoins de collaboration externe et interne ;
- examiner les implications d'un continuum d'informations à l'échelle du gouvernement et de ses organes constitutifs en termes de processus de gestion et d'architecture des informations ;
- aborder la manière d'incorporer des technologies opérationnelles au sein de l'architecture d'entreprise globale, avec une référence particulière à l'architecture des informations.
 
ANALYSE
Pour bon nombre d'organismes gouvernementaux, 2010 constitue une année charnière qui conclut leur stratégie informatique actuelle et entame un nouveau cycle de planification. Au cours des six derniers mois, les analystes de Gartner ont reçu plusieurs demandes de révision d'ébauches de plans stratégiques et de participation à la phase de réflexion desdits plans.
 
Nous avons remarqué qu'en dépit d'une pression induite par des problèmes de court terme (tels que des coupes budgétaires ou des élections imminentes) et des incertitudes socioéconomiques et géopolitiques croissantes, les processus de planification stratégique ont tendance à prendre en compte une période plus longue que ce n'était le cas il y a quelques années seulement. Du fait très probablement de la valeur symbolique d'un changement de décennie, nous avons en effet constaté que la majorité des clients ciblent 2015, voire 2020 pour certains, contrairement à un horizon de planification plus traditionnel sur trois ans.
 
Lorsque l'on se fonde sur un horizon de planification aussi éloigné, il est raisonnable de se demander si les tendances qui apparaissent aujourd'hui auront une influence durable sur la façon dont la technologie peut être déployée afin d'apporter une valeur au public. Entre les nombreuses tendances qui se dessinent, nous en avons retenu cinq parmi les plus pertinentes pour les gouvernements désireux de réformer leurs pratiques et de communiquer avec les citoyens.
 
1ère tendance : La banalisation 
 
Les organismes gouvernementaux ont entrepris un long périple vers la rationalisation et la consolidation des ressources et des processus dans plusieurs domaines, depuis l'immobilier jusqu'à l'informatique, et depuis les ressources humaines jusqu'à la gestion des relations avec les citoyens. Centralisation, services partagés et externalisation… autant de moyens qui ont servi à gérer ces ressources plus efficacement.
 
Dans certains cas, ces moyens ont été envisagés selon l'hypothèse que les processus et ressources non spécifiques de missions n'avaient aucune raison d'être traités différemment, mais pouvaient être partagés ou centralisés : c'est clairement le cas pour la majeure partie de l'infrastructure informatique, mais aussi pour différentes applications horizontales. Avec la disponibilité croissante de solutions commerciales prêtes à l'emploi, qui proviennent souvent de produits développés pour d'autres industries, il devient évident qu'un gouvernement peut recourir à un large éventail de produits et de solutions qui ne ciblent pas spécifiquement les gouvernements, mais qui peuvent être utilisés tels quels ou adaptés pour un coût raisonnable aux impératifs gouvernementaux particuliers.
 
L'émergence de services basés sur le cloud computing, ainsi que d'autres modèles de prestation alternatifs fondés sur les services, porte cette approche à un niveau supérieur. Il est raisonnable de supposer que, d'ici 2015, la majeure partie de l'informatique des gouvernements s'exécutera sur des infrastructures de cloud computing hybrides : en d'autres termes, une combinaison de cloud computing public (pour la prise en charge de l'engagement citoyen et du gouvernement ouvert), de communautés ou de cloud computing partagé (pour les charges de travail requérant des niveaux de certification et de contrôle que l'infrastructure publique ne peut satisfaire) et de services d'infrastructure à la demande (lire la note 1), ainsi que d'un nombre réduit de solutions de cloud computing privé dans le cas d'organismes de très grande envergure.
 
De même, d'ici 2015, de nombreuses applications horizontales, telles que la gestion du contenu ou la collaboration et la communication, reposeront sur le cloud computing. D'ici 2020, nous prévoyons la banalisation d'un plus grand nombre d'applications horizontales, telles que la budgétisation de la gestion financière, ainsi que la gestion des subventions, des licences, et du capital humain ; certaines de ces applications en seront à leur deuxième ou troisième génération en tant que services partagés ou centralisés. Une partie de la tendance à la banalisation est liée à la consumérisation, c'est-à-dire l'utilisation de logiciels et d'appareils orientés grand public dans l'entreprise. Les médias sociaux, les téléphones mobiles et les ordinateurs portables en sont de bons exemples, et cette tendance va probablement se poursuivre avec les nouveaux appareils émergents. Conséquence de la tendance à la "socialisation transparente" (voir la tendance suivante), les solutions grand public devront être prises en compte dans des secteurs spécifiques, tels que l'engagement citoyen.

Note 1 : Infrastructure à la demande
Les services d'infrastructure à la demande consistent en la mise à disposition de services gérés d'infrastructure informatique fondés sur des ressources, externalisés et industrialisés (au-dessous de la couche fonctionnelle des applications métiers). Les services d'infrastructure à la demande sont définis en fonction des résultats des services, d'options techniques et d'interfaces. Leur paiement repose sur l'utilisation des ressources, l'affectation ou le nombre d'utilisateurs desservis.

2ème tendance : La socialisation transparente
 
Le "gouvernement ouvert" ou "gouvernement 2.0" suppose la socialisation des informations gouvernementales via leur publication sur des sites web dans un format ouvert, ainsi que la socialisation de services et processus gouvernementaux par le biais de l'implication d'organismes constitutifs au moyen de médias sociaux. Un autre élément distinctif concerne l'utilisation de la technologie pour prendre en charge la collaboration intra- et intergouvernementale afin d'améliorer l'efficacité des missions.
 
Actuellement, la collaboration interne et l'engagement et la portée externes sont abordées comme deux questions distinctes, généralement subordonnées à des responsabilités différentes et en utilisant diverses plates-formes de technologies.
 
La collaboration interne relève de la responsabilité du directeur des systèmes d'information (DSI) et elle est généralement prise en charge par des solutions en code source ouvert ou propriétaires installées derrière le pare-feu.
 
L'engagement externe est pour sa part géré par des responsables des affaires publiques ou de la communication, et elle utilise une technologie grand public. Ce qui se révèle déjà aujourd'hui, et qui deviendra vraiment flagrant avant 2015, c'est que ces deux domaines ne sont pas distincts, mais fusionnent par de nombreux aspects. Les solutions de collaboration interne devront faire la liaison avec les plates-formes dédiées à l'engagement externe, voire, dans certains cas, être remplacées par ces dernières, à mesure que les fonctionnaires mettent en place et participent à de multiples réseaux avec leurs collègues à l'intérieur et à l'extérieur de leurs organismes, ainsi qu'avec d'autres parties prenantes extérieures.
 
D'ici 2020, il est raisonnable de s'attendre à ce que le lieu de travail mette à disposition des outils permettant le partage transparent d'informations à travers plusieurs réseaux, et à ce que soient créés des espaces de collaboration dynamique qui transcendent les frontières des rôles et des juridictions.
 
Action
Les planificateurs de la stratégie informatique doivent considérer que les utilisateurs exploiteront des plates-formes d'engagement et de collaboration d'entreprise et grand public afin de prendre en charge de multiples besoins de collaboration interne et externe. L'accent sera mis sur la façon d'équilibrer et de sécuriser les multiples rôles que les utilisateurs joueront en exploitant ces outils, en mettant en vigueur des codes éthiques et des politiques sociales, et en garantissant leur interopérabilité.

3ème tendance : La gestion des données

L'importance de la gouvernance et de la gestion des informations est particulièrement évidente aujourd'hui. La demande d'une disponibilité accrue et d'une plus grande facilité d'accès aux données publiques met en question les processus existants. En effet, elle requiert des organismes gouvernementaux qu'ils hiérarchisent par priorité, anonymisent et transforment des jeux de données en des formats ouverts et interprétables par la machine.
 
Cette demande va se poursuivre dans les années à venir à mesure que le cycle de vie des données ouvertes deviendra plus clair, de même que leurs coûts et les risques qu'elles induisent, et que la disponibilité des données augmentera en conséquence de la combinaison de différents jeux de données ouverts.
 
Dans le même temps, l'évolution des comportements en ligne accroîtra la demande de personnalisation et d'un contrôle plus direct des données détenues. L'utilisation de références d'identités générées par des organismes non gouvernementaux et l'émergence de coffres-forts dédiés aux données des citoyens (lire la note 2) renverseront certaines des hypothèses relatives à la gouvernance et la propriété des informations qui ont caractérisé les stratégies de gouvernement électronique au cours des dix dernières années.
 
Par ailleurs, des quantités croissantes de données disponibles publiquement, générées, collectées et classées par des parties prenantes externes (notamment des entreprises et des réseaux sociaux), constitueront un corpus de connaissances publiques qui interagiront avec des données gouvernementales ouvertes.
 
Les processus de gestion des informations appliqués aux données internes (ou gouvernementales), par exemple l'assurance des informations ou le traitement analytique, devront être étendus aux données externes à mesure que les organismes gouvernementaux commenceront à s'appuyer sur ces données externes pour remplir leurs missions.
 
La plupart de ces processus reproduiront ceux que les organismes non gouvernementaux mettront en place pour exploiter les données gouvernementales ouvertes. Plus particulièrement, vers la fin de l'horizon de planification, la recherche et la découverte de schémas émergeant des informations publiques s'appliqueront à un continuum d'informations gouvernementales et non gouvernementales, tandis que les outils qui commencent à voir le jour autour de certaines initiatives avant-gardistes de gouvernement ouvert (par exemple, les mashups (applications composites), la visualisation et d'autres applications) deviendront partie intégrante du lieu de travail type.
 
Action
Les planificateurs de la stratégie informatique doivent examiner les implications d'un continuum d'informations à travers le gouvernement et ses organes constitutifs, en termes de processus de gestion et d'architecture des informations. Ils doivent élaborer des scénarios qui explorent les différents résultats des diverses initiatives de gouvernement ouvert et d'engagement des organes constitutifs, et déterminer les thèmes communs qui sont présents dans tous ces scénarios ou leur majorité.
 
Note 2 : Coffres-forts de données de citoyens
Les coffres-forts de données de citoyens sont des services qui fournissent aux personnes fichées la possibilité d'accéder à leurs données en dehors du contexte d'une transaction gouvernementale particulière. Ils permettent un contrôle beaucoup plus fin quant à l'accès aux données (qui, quand et comment) dans le cadre légal pertinent dont ils font l'objet.

4ème tendance : Interopération des technologies des informations, opérationnelles et grand public 

Vers la fin de l'horizon de planification (à savoir, la seconde moitié de cette décennie), la plupart des appareils qui exploitent ou surveillent des infrastructures physiques clés (telles que le réseau électrique, les routes et autoroutes, et le réseau ferré) seront compatibles internet et fourniront des quantités phénoménales d'informations.
 
Actuellement, ces appareils font partie de systèmes opérationnels qui relèvent généralement de la responsabilité de départements spécifiques et qui ont peu d'interactions avec l'informatique gouvernementale, voire n'en ont aucune.

Toutefois, les gouvernements ambitionnant de devenir plus efficaces et plus écologiques (en un mot, plus durables), l'intégration plus étroite entre les systèmes de planification et de gestion des performances et les systèmes opérationnels deviendra de plus en plus importante.
 
Parallèlement, les données collectées par divers appareils grand public, tels que les systèmes GPS, les téléphones mobiles et les compteurs intelligents, viendront compléter les données collectées par les appareils détenus par le gouvernement, créant ainsi un continuum d'informations qui constituera l'évolution naturelle de ce que nous avons décrit précédemment (lire la note 3).
 
La disparition des frontières entre les technologies liées aux informations, au grand public et aux opérations créera de multiples opportunités pour une nouvelle vague d'engagement des organes constitutifs et de remodelage des services et processus gouvernementaux. Cette vague capitalisera sur ce que les initiatives de gouvernement ouvert et de gouvernement 2.0 auront accompli dans la première moitié de la décennie.
 
Action
Les planificateurs de la stratégie informatique doivent aborder la manière d'incorporer les technologies opérationnelles à l'architecture d'entreprise globale, avec une référence particulière à l'architecture des informations. 

5ème tendance : Centrage sur les employés

Tandis que la dernière décennie était caractérisée par la nécessité croissante de centrer les ressources sur le citoyen, l'horizon de planification jusqu'en 2020 se caractérisera par la disparition des distinctions entre les différents rôles : citoyen, employé, utilisateur, fournisseur et autres rôles se chevaucheront de différentes façons, et une valeur se dégagera pour les organes constitutifs et les gouvernements aux points de chevauchement de ces différents rôles.
 
La nature du travail de la fonction publique devra évoluer, tout comme le lieu de travail et ses outils. Mobilité accrue, horaires et lieux de travail plus flexibles, accès en temps réel aux informations externes et internes, analyse évoluée intégrée à la gestion des processus métiers, prise en charge du travail de proximité pour mieux servir les citoyens et impliquer les communautés et les intermédiaires… autant d'impératifs parmi d'autres que devront satisfaire les nouveaux outils de prise en charge du lieu de travail.
 
Étant donné la consolidation et la banalisation accrues de certains (si ce n'est la totalité) des processus d'arrière-guichet, bon nombre d'employés seront amenés à évoluer du statut d'exécutants de tâches à celui de praticien des connaissances. De plus, le changement progressif de génération découlant des départs en retraite qui se produiront au cours des 10 prochaines années impliquera que le pourcentage de jeunes employés sera plus élevé dans la seconde moitié de la décennie ; cet effet entraînera une accélération des changements comportementaux et des approches innovantes en matière de collaboration et de résolution de problèmes.
 
Action
Les planificateurs de la stratégie informatique doivent développer la stratégie ou la tester autour d'une vision du fonctionnaire de 2020. Les détails de cette vision (ou, mieux, certaines vues détaillées et alternatives) peuvent être développés au moyen de techniques de planification de scénarios, même si certaines des conclusions (telles que la disparition des rôles distincts, les changements générationnels et la transition de l'exécution de tâches à l'exploitation de connaissances) s'avéreront fort probablement les mêmes d'un scénario à l'autre.
 
Note 3 : Exemples
Les appareils grand public gagnent en puissance et les attentes des citoyens évoluent. Aujourd'hui, nous faisons l'éloge de la combinaison de rapports sur la criminalité, d'accidents de la circulation et des prix de l'immobilier avec des cartes qui permettent de fournir aux citoyens de meilleures informations pour déterminer s'ils doivent ou non déménager et où.
 
 

Demain, nous pourrions faire de même pour permettre l'accès aux données de signalisation provenant des feux tricolores ou à des flux vidéo en temps réel issus des caméras de surveillance de la circulation, afin de permettre aux consommateurs de programmer le système de navigation de leur automobile pour l'adapter en continu à l'itinéraire qui offre le meilleur rapport durée/empreinte carbone.
 
Nous pourrions également permettre aux systèmes domotiques de lire en temps réel les informations provenant du réseau électrique, afin de contrôler le fonctionnement de différents appareils électriques de la manière la plus rentable possible (en supposant que les tarifs de l'électricité seront beaucoup plus dynamiques qu'à l'heure actuelle).
 
Parallèlement, les technologies opérationnelles et liées aux informations qu'utilisent les gouvernements pourraient s'appuyer de plus en plus sur des données collectées par les citoyens : ainsi, les appareils GPS grand public (y compris les smartphones) qui sont connectés à internet pour recevoir des mises à jour sur l'état de la circulation pourraient retransmettre des informations anonymisées relatives à leur position, ainsi que des itinéraires programmés afin de mettre à jour dynamiquement des changements d'itinéraires et/ou de modifier le fonctionnement des feux tricolores pour rendre la circulation plus fluide. 

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