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Embauche, vie privée et réseaux sociaux : On croit rêver, et pourtant…

 

On savait déjà que certains recruteurs ont pris pour habitude de faire un tour sur Facebook pour, en douce, en apprendre plus sur les candidats à un poste. Aux Etats-Unis, il apparaît désormais que certains d’entre eux ne s’en contentent plus… Et réclament aussi le mot de passe Facebook des aspirants !

Voilà l’information incroyable que rapporte l’Associated Press :

Cela rappelle plusieurs affaires récentes qui montrent que la pratique tendrait à se répandre aux Etats-Unis. Comme celle de Robert Collins, qui lors d’un entretien pour entrer dans l’administration pénitentiaire de l’Etat du Maryland, a été forcé de livrer son mot de passe. « J’avais besoin de ce travail pour nourrir ma famille », a-t-il indiqué à l’AP.

L’homme, défendu par l’Union américaine pour les libertés civiles, a cependant réussi à faire un peu plier l’employeur… Celui-ci désormais, n’exige plus de mot de passe, mais oblige tout de même les utilisateurs à se connecter à Facebook lors de l’entretien ! Une pratique commune, selon l’AP, dans les services publics américains, notamment pour les individus postulant à des emplois dans le maintien de l’ordre.

Plus récemment, Justin Basset, statisticien new-yorkais, a été confronté à la même requête lors d’un entretien d’embauche. Mais a refusé de fournir la clé de son profil Facebook et a immédiatement quitté les lieux… Mais combien d’autres ont accepté de le faire ?

Le problème semble tant prendre de l’ampleur que certains Etats comptent, comme le rappelle The Atlantic, légiférer afin d’interdire toute discrimination à l’embauche envers les postulants qui ne souhaitent pas fournir ces informations… Sans interdire la pratique pour autant. Espérons que cette « innovation » américaine ne traversera pas l’Atlantique.

 

Dans notre secteur IT, un employeur sur cinq écarte des postulants sur la base de ce qu'il découvre sur les médias sociaux.

 

Ce chiffre, issu d’une enquête d’Eurocom Worldwide (réseau d'agences de relations presse) réalisée avec l'agence française Hardcom laisse songeur. Mais, force est de constater que les informations publiées sur internet conditionnent de plus en plus l’embauche. Non seulement les recruteurs « googlisent » le nom du postulant mais près de 40 % d’entre eux consultent son profil sur Facebook, Linkedin ou Viadeo.

« Dans les années à venir, beaucoup d'entre nous seront confrontés à ce qu'ils rendent public aujourd'hui sur différentes plates-formes sociales », prévient Mads Christensen, directeur du réseau Eurocom Worldwide. Notons ici que le média social le plus populaire dans le secteur IT reste LinkedIn (74%). Viennent ensuite Twitter (67%) Facebook (65%) puis YouTube (56%).

Le « shoulder surfing », une mauvaise pratique made in USA :

Cette prédiction est déjà une réalité aux Etats-Unis. Comme mentionné plus haut, le magazine Time évoque une nouvelle pratique : le « shoulder surfing », le « surf par-dessus l’épaule ». S’il est interdit de réclamer l’identifiant et le mot de passe à un candidat pour accéder à son mur Facebook, un employeur peut insister pour qu’il se connecte devant lui, en entretien, afin de jeter un œil sur ses messages et photos. Le chômage élevé outre-Atlantique favoriserait ce type de dérive.

Devant ces pratiques douteuses, Facebook a récemment indiqué s’opposer aux recruteurs qui exigent les mots de passe : Le réseau social n'est pas content de voir que certains recruteurs exigent les mots de passe d'utilisateurs. Et explique que cette pratique est contraire à ses règles. C’est dit, Facebook n’apprécie pas que l’on vienne fouiller dans vos affaires. Réagissant à l’enquête de l’Associated Press, le réseau social s’est largement opposé aux recruteurs qui s’emparent d’un compte Facebook lors d’un entretien d’embauche.

Dans un billet publié sur un groupe officiel dédié à la confidentialité, Erin Egan, responsable de la « vie privée » à Facebook trouve – à juste titre – ces pratiques « alarmantes » :

« Si vous utilisez Facebook, vous ne devriez jamais avoir à partager votre mot de passe, laisser quiconque accéder à votre compte ou faire quelque chose qui pourrait menacer la sécurité de votre compte ou la vie privée de vos amis. […] En tant qu’utilisateur, vous ne devriez pas être forcé de partager des informations privées et des communications, juste pour décrocher un travail. »

Du bon sens, mais encore fallait-il le dire. Mme Egan rappelle également que cette pratique est contraire à la déclaration des droits et responsabilités du site, qui stipule notamment que « vous ne demanderez pas les informations de connexion et n’accéderez pas à un compte appartenant à quelqu’un d’autre ».

Sur les recruteurs, Mme Egan se veut très précise. Elle rappelle aussi qu’exiger un mot de passe Facebook pourrait leur causer des soucis :

« Par exemple, si un recruteur voit sur Facebook que quelqu’un est membre d’un groupe protégé (par exemple qu’il dépasse un certain âge, etc.), il pourrait être attaqué pour discrimination s’il n’emploie pas cette personne. »

Cela suffira-t-il à stopper cette pratique qui se semble se répandre comme la peste ? Pas sûr… Mais Facebook indique aussi travailler d’un point de vue juridique pour protéger ses quelque 850 millions d’utilisateurs des recruteurs trop curieux.

Ces informations de l’Associated Press, comme celles relatives au « shoulder surfing » corroborent celles publiées dans une enquête réalisée par le cabinet Robert Half Réseaux sociaux auprès d’un peu plus de 2 000 responsables participant au processus de recrutement : « Comment réagissent les recruteurs face à un détail gênant sur un candidat ? » selon lesquelles 32% des recruteurs français décident d’exclure le candidat du process de recrutement (avec ou sans explication) suite à une visite sur les réseaux sociaux….

En voici les principaux résultats… et enseignements :

En cas de détail gênant trouvé sur un réseau social, comment réagissent les recruteurs ?

La majorité des recruteurs européens s’accorde le temps de la réflexion : le candidat sera interrogé par le recruteur qui décidera ensuite. Ce comportement prévaut en République Tchèque (67 %), en Suisse (58%) ainsi qu’en Autriche (50%).
Une décision d’exclusion avec explication préalable au candidat prévaut en Italie (32%), aux Pays-Bas (26%) ainsi qu’en Belgique (24%).
Une exclusion pure et simple du process de recrutement, sans explication au candidat, se produit surtout au Luxembourg (15%) et en Allemagne (11%), ainsi qu’aux Pays-Bas (10%).
Enfin, certains recruteurs déclarent n’accorder aucune importance à ce type d’information. Ils se trouvent en majorité au Luxembourg (41%), en France (30%) et en Belgique (29%).

Alors, un conseil : La simplicité d’utilisation des réseaux sociaux fait qu’il est extrêmement tentant de visiter le profil d’un candidat. Alors que les professionnels du recrutement focaliseront leurs recherches sur les réseaux sociaux professionnels du type LinkedIn et Viadeo, d’autres moins scrupuleux n’hésiteront pas à visiter Facebook.

Candidats, verrouillez vos profils sur les réseaux sociaux personnels et au contraire, soyez visibles et actifs sur les réseaux sociaux professionnels. Ce type d’action peut indéniablement apporter l’élément qui vous démarquera des autres postulants.

Zoom sur l’avis des recruteurs en France :

« Refuseriez-vous un candidat hautement qualifié avec un très bon CV si vous découvriez des informations négatives ou gênantes sur les réseaux sociaux comme Facebook, Copains d’avant ou Twitter ? »

1)       C’est à voir… le candidat sera interrogé pour une décision ultérieure (pour 39% des recruteurs)
2)       non (30%)
3)       oui, et le candidat se verrait expliquer pourquoi (25%)
4)       oui, sans explication au candidat (7%)

Dans les autres pays…

En Allemagne :

1)       C’est à voir… le candidat sera interrogé pour une décision ultérieure (pour 47% des recruteurs)
2)       oui, et le candidat se verrait expliquer pourquoi (22%)
3)       non (20%)
4)       oui, sans explication au candidat (11%)

En Belgique :

1)       C’est à voir… le candidat sera interrogé pour une décision ultérieure (pour 37% des recruteurs)
2)       non (29%)
3)       oui, et le candidat se verrait expliquer pourquoi (24%)
4)       oui, sans explication au candidat (9%)

En Italie :

1)       C’est à voir… le candidat sera interrogé pour une décision ultérieure (pour 34% des recruteurs)
2)       oui, et le candidat se verrait expliquer pourquoi (32%)
3)       non (25%)
4)       oui, sans explication au candidat (9%)

Aux Pays-Bas :

1)       C’est à voir… le candidat sera interrogé pour une décision ultérieure (pour 48% des recruteurs)
2)       oui, et le candidat se verrait expliquer pourquoi (26%)
3)       non (15%)
4)       oui, sans explication au candidat (10%)

En République Tchèque :

1)       C’est à voir… le candidat sera interrogé pour une décision ultérieure (pour 67% des recruteurs)
2)       non (21%)
3)       oui, et le candidat se verrait expliquer pourquoi (8%)
4)       oui, sans explication au candidat (4%)

 

Rappelons qu’en France, l’article L1221-6 du code du travail stipule qu’un recruteur ne peut exiger d’un candidat que des informations d’ordre professionnel. Facebook mêlant vie privée et vie professionnelle, un juge sanctionnerait cette violation de l’intimité.

 

Mentionnons enfin le fait que le réseau de chasseurs de têtes « A compétence égale » a édicté une charte « réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement ». Les signataires s’engagent à « ne pas utiliser les réseaux sociaux à des fins d’enquête sur des candidats, ni collecter d’informations d’ordre personnel, voire intime, même si elles sont rendues accessibles par les utilisateurs eux-mêmes ».

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