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En cas de crise, Barack Obama aura les pleins pouvoirs sur Internet...

Alors qu'il y a seulement quelques jours, l'ONU décrêtait Internet comme un nouveau Droit de l'Homme (voir notre billet du 8 Juillet dernier), on apprend subrepticement, au détour d'une dépêche quasi passée innaperçue (en tous cas passée sous silence par la presse...) qu'"en cas de crise, Barack Obama aura les pleins pouvoirs sur Internet" !!!
 
En effet, le président des Etats-Unis a mis à jour le décret qui donne le contrôle des médias nationaux au gouvernement américain en cas de crise grave.
 
Le gouvernement fédéral doit pouvoir communiquer à tout moment et en toute circonstance afin de pouvoir mener à bien ses missions les plus critiques et les plus urgentes. »
 
C’est ainsi que commence le décret, signé par le président des Etats-Unis d’Amérique le 6 juillet 2012. Un executive order qui décrit comment le gouvernement américain est autorisé à prendre le contrôle des différents médias nationaux – y compris Internet – en cas de crise ou d’urgence. Se posent alors plusieurs questions.
 
Un texte national pour gérer une situation de crise :
Qu’est-ce qu’une crise ?
Qu’est-ce qu’une urgence ?
 
Ce n’est pas clairement défini dans ce document. Mais, sans même lire entre les lignes, on note que « l’assistant du Président pour la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme » est cité et que le décret parle également de « menaces émergentes ».
 
Terrorisme, donc, catastrophe naturelle aussi, attaque de zombies ?
 
Tous les moments où le président des Etats-Unis doit pouvoir parler d’urgence à son peuple. Mais le flou autour de ces questions laisse un goût inquiétant en bouche.
 
Même si l’entourage de la présidence précise que ce décret n’est que la mise à jour d’un document plus ancien, l’Executive Order 12472, initialement établi le 3 avril 1984, puis amendé à deux reprises, en 2003 et 2006.
 
Deux mises à jour rédigées pour coller aux évolutions technologiques (radios satellites, etc.) qui avaient déjà fait parler d’elles, notamment dans le milieu des radios alternatives.
 
De fait, dans les stations de radio et les chaînes de télévision, un dispositif permet au gouvernement de prendre la main sur la diffusion en cours en cas de crise grave.
 
Internet est par définition supranational : Mais le cas d’Internet est particulier. Car, le réseau des réseaux n’est pas un média national, même si une grosse partie des treize serveurs root, qui soutiennent le système de DNS, est hébergée sur le sol américain.
 
Or, l’inclure dans un décret américain revient à nier cette réalité.
 
Et donner au gouvernement des Etats-Unis les pleins pouvoirs sur Internet pose la question, déjà entrevue avec des projets de lois comme Sopa ou Pipa.
 
Quelles libertés et utilisations internationales du Net demeurent possibles quand les Etats-Unis ont pris des dispositions nationales limitatives concernant ce média ?
 
Pour le cas plus particulier de l’état d’urgence, que peuvent faire les autres pays si les Etats-Unis décident de prendre le contrôle du Net ? Si on peut imaginer une prise de contrôle locale, au niveau des FAI et des fournisseurs de contenus numériques, on peut également penser qu'ils veulent avoir la mainmise sur les serveurs root.
 
Dans ce cas, malgré le système de redondances, que pourraient devenir le Net et tous ses services, le Web en tête ?
 
L’objectif n’est pas de remettre en question la démocratie américaine mais bien, une fois encore, de s’inquiéter des risques multiples qui planent au-dessus du Net.
 
Ce qui relance le débat autour de la répartition des pouvoirs et influences sur la Toile.
 
Un sujet d’importance, porté sur le devant de la scène internationale par des pays, dont les motivations, hélas, ne sont pas forcément le bien-être démocratique mondial.
 
 
 
Parallèlement (serait-ce un hasard fortuit ?), un scanner moléculaire menace votre vie privée...
 
Les portiques de sécurité des aéroports sont-ils bons à mettre au rebut ?
 
C'est en tout cas ce que laisse présager le scanner à laser qui devrait être déployé aux Etats-Unis dans les deux ans à venir.
 
Depuis le 11 septembre 2001, chacun sait que les Etats-Unis mettent les bouchées doubles pour surveiller leur territoire et lutter contre le terrorisme.
 
D’ici à deux ans – peut-être moins –, les scanners et autres portiques de sécurité dans les aéroports et sur les lieux de passage en douane pourraient bien être relégués au rang de simple antiquité.
 
En effet, selon les dires d’un chercheur – qui a désiré conserver l’anonymat – rapportés par le site Gizmodo, l’US Department Homeland of Security (l’équivalent de notre DCRI, Direction centrale du renseignement intérieur) est en train de développer un scanner moléculaire à rayon laser dont les capacités d’analyse sont assez terrifiantes....
 
L’appareil a été développé originellement par Genia Photonics, une firme spécialisée dans les appareils de mesure laser. Devant le potentiel du système, la société In-Q-Tel, un fond d'investissement créé et utilisé par la CIA, a semble-t-il traité directement avec Genia Photonics pour une adaptation de l’appareil à la sécurité du territoire.
 
L’idée est donc d’installer ce scanner moléculaire dans les aéroports et aux points névralgiques d’entrée sur le territoire nord-américain.
 
Un système à toute épreuve : Son faisceau laser est en mesure d’analyser tout ce qu'il rencontre. Les molécules de vos bagages, celles de votre corps, des vêtements que vous portez, le tout à une distance de cinquante mètres.
 
Traces de drogues, d’explosifs, aliments que vous avez consommés, composition de vos vêtements, du parfum que vous portez, tout y passe...
 
Des révélations qui pourraient relever du canular si elles n’avaient pas été reprises par des sites qui, d'ordinaire, ne plaisantent pas avec ce genre de sujet.
 
Selon le chercheur, ce scanner est dix millions de fois plus rapide et un million de fois plus sensible que n’importe quel appareil existant.
 
D’après les notes techniques de Genia Photonics, le rayon peut « pénétrer dans les vêtements et bien d’autres matières organiques et offre des informations spectroscopiques spécialement sur les matériaux affectant la sécurité comme les explosifs ou les substances pharmacologiques ».
 
Des performances extraordinaires qui permettraient donc de scanner systématiquement et « à la chaîne » tous les passagers d’un avion... 
 
Genia Photonics possède 30 brevets sur cette technologie et de nombreuses applications dans le domaine industriel et médical, comme, par exemple, la recherche de cellules cancéreuses en temps réel.
 
Dernier point très intéressant pour les autorités, le système est extrêmement compact et peut être emporté presque n’importe où. Il suffit de le connecter à un PC pourvu d’un écran pour voir en temps réel les mesures effectuées.
 
Le respect de la vie privée ? Si la lutte contre le terrorisme paraît évidemment fondée, un tel dispositif, présent à l’intérieur et en dehors des aéroports, porterait rapidement atteinte à la vie privée.
 
Car l’appareil permet de collecter des données sans le consentement de la personne « scannée ».
 
Par ailleurs, qui détermine ce qui doit être collecté ? Où est-ce archivé ? Combien de temps ? 

Enfin, se pose surtout la question de la présomption d’innocence qui se transforme plutôt ici en présomption de culpabilité...

Que se passera-t-il si, dans un métro un peu bondé, vous frottez par inadvertance vos vêtements à ceux d’un toxicomane, juste avant de vous rendre à l’aéroport ?

Nous avons contacté la Cnil pour obtenir son éclairage sur un sujet aussi sensible :

La mise en place d’un tel dispositif peut-elle se faire du jour au lendemain ?

Quelles sont les obligations des Etats-Unis vis-à-vis du droit international ?

Nous ne manquerons pas de mettre à jour notre article dès que nous obtiendrons des réponses....

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