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La formation professionnelle des femmes : levier de parité?

 

Mars, mois de la journée internationale des droits de la femme. Zoom sur la formation professionnelle de ces dernières. Si on sait que la parité est loin d’être acquise en entreprise, quid de la formation continue et certifiante ?

Entretien avec Garance Yverneau, fondatrice et dirigeante de 5A Conseil, société de conseil en gestion de carrière au féminin. Elle accompagne au travers de son cabinet toutes les femmes qui souhaitent amorcer un changement dans leur vie en proposant des bilans de compétences et du coaching personnalisé.

 

En général, les femmes sont-elles plus enclines à suivre une formation dans leur carrière que les hommes ?

Effectivement, les femmes se réorganisent plus souvent que les hommes pour suivre une formation. Elles sont 22 % à suivre au moins une formation au cours de l’année, que ce soit dans un but professionnel ou personnel, contre 20 % pour les hommes. Et ceci malgré des contraintes plus lourdes et souvent au prix d’une organisation de leur vie personnelle complexe.

 

Qu’est ce qui peut l’expliquer, quelles raisons poussent les femmes à suivre une formation ?

La vie des femmes est caractérisée par des ruptures de rythme de vie (grossesses, accompagnement de la vie professionnelle du conjoint, prise en charge statistique à 80% de la gestion de la vie quotidienne), qui freinent leur carrière professionnelle et les conduisent à des situations économiques plus difficiles. Aussi, elles ressentent plus souvent le besoin de se former pour faire face à ces changements et leur permette ainsi une meilleure adaptabilité à un nouveau contexte de vie ou professionnel.    

 

L’accès à la formation professionnelle est-il à l’image de la représentation des femmes en entreprise, ou la parité est-elle effective dans ce domaine ?  

Globalement, les femmes salariées accèdent autant que les hommes à la formation continue. Mais cette moyenne masque de profondes inégalités. Les taux d’accès à la formation des femmes cadres ou exerçant des professions intermédiaires sont proches de ceux des hommes de mêmes catégories, voire supérieurs car elles travaillent plus souvent dans le public. Dans le privé, les inégalités sont plus marquées. Les taux de femmes ayant des responsabilités chutent nettement et leur accès à la formation avec. En outre, les femmes sont concentrées dans certains secteurs, notamment ceux qui font appel le plus aux temps partiels et aux bas salaires. Or, les employées et les ouvrières, accèdent moins que leurs homologues masculins à la formation. Les contraintes familiales creusent les écarts entre hommes et femmes mais aussi entre les femmes elles-mêmes : toutes ne trouvent pas les ressources nécessaires afin de réorganiser leur vie personnelle pour suivre des formations.    

 

Une formation permet-elle aux femmes d’accéder in fine à des postes plus importants ?  

C’est effectivement un des levier important. La participation à une action de formation a des retombées significatives et positives sur le niveau des rémunérations. Le fait de suivre une formation augmenterait en moyenne la rémunération des femmes de 7,4%. Les entreprises semblent mieux récompenser les efforts de formation des femmes que des hommes, cela pourrait donc être un des moyens à privilégier pour réduire les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes. Il semble que plus le contenu de la formation proposée est précis, et plus les compétences acquises et les progrès individuels peuvent être facilement évalués. Cela peut permettre ainsi aux femmes une meilleure reconnaissance de leurs compétences et un accès plus favorisé à des postes à responsabilités. L’employeur se basera en effet sur des critères tangibles et objectifs plutôt que sur des préjugés ou stéréotypes, souvent défavorables aux femmes qui visent une mobilité ascendante.    

 

Les enjeux de la formation sont ils les mêmes pour un homme et pour une femme aujourd’hui ?  

Le fait d’être une femme avec des enfants rend nécessaires les réorganisations pour accéder à la formation, particulièrement quand les enfants sont très jeunes. Ce sont d’ailleurs les conditions de garde des enfants qui sont le plus fréquemment réévaluées. Ceci a pour conséquences que les mères de famille accèdent moins à la formation que les femmes sans enfant.En revanche, les bénéfices identifiés suite à une action de formation, en particulier pour les femmes et pour l’amélioration de leur salaire et de leur niveau de responsabilités, ont été très nettement démontrés. Il s’agit donc d’un levier tout à fait pertinent dans le cadre d’une meilleure égalité hommes/femmes. Ceci suppose par contre de rendre l’accès à cette formation plus facile pour les femmes, notamment en levant le frein de l’articulation entre la vie familiale et vie professionnelle.

 

Quelques chiffres clés :

 

  • 51 % des filles sont diplômées de l’enseignement supérieur contre 37 % pour les garçons
  • 15 % des formations suivies par les femmes sont diplômantes, certifiantes ou qualifiantes, contre 25 % de celles suivies par les hommes
  • 70 % des personnes qui font un bilan de compétences sont des femmes
  • 42 % des femmes sont titulaires du baccalauréat contre 39 % des hommes
  • En 1991, la proportion de femmes de 25 à 29 ans diplômées du supérieur était de 22 % ; elle est 48 % en 2010. Dans le même temps, la proportion d'hommes de 25 à 29 ans détenant un diplôme du supérieur est passée de 20 % à 37 %. L'écart est donc passé de 2 points en 1991 (22% contre 20%) à 11 points aujourd'hui (48% contre 37%).
  • En 2010, en France métropolitaine, 21 % des adultes de 25 à 64 ans ont suivi au moins une formation au cours de l’année, que ce soit dans un but professionnel ou personnel. Cette part est un peu plus importante parmi les femmes (22 %) que parmi les hommes (20 %).
  • Les mères de famille accèdent moins à la formation que les femmes sans enfant (l’écart étant de l’ordre de 30 % avec les mères d’enfants de moins de six ans). En revanche, la présence d’enfants de moins de six ans ne joue pas sur la probabilité d’accès à la formation des hommes.
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