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Retour sur l'affaire PRISM

Le jeudi 6 juin, le Washington Post et le Gardian lâchent une bombe médiatique : ils affirment que la NSA (agence nationale de sécurité américaine) et le FBI surveillent les données personnelles via les géants de l’Internet grâce à un programme nommé PRISM.

Cette information a été fournie par  Edward Snowden, 29 ans,  technicien de la sécurité informatique travaillant à la NSA depuis 4 ans. Pour appuyer son témoignage, il fournit plusieurs documents publiés par les journaux.

 

Comment fonctionne PRISM ?


PRISM est un programme de surveillance élaboré par les Etats-Unis afin de contrôler les activités en ligne et mis en vigueur depuis 2007. Ce programme qui est encadré par la Foreign Intelligence Surveillance Act (traduisez- loi pour la surveillance et le renseignement à l’étranger) permet de collecter des informations sur les utilisateurs grâce aux données fournies par les réseaux de grandes entreprises dans le but de contrer le terrorisme.


La collecte de données s’effectue par différents supports. En effet, le contenu des communications audio et vidéo, les courriels, fichiers et photos seraient récoltées. De plus, les connexions à certains sites puis les informations émanant des réseaux sociaux sont aussi susceptible d’être obtenues puis analysées.


Les entreprises qui sont concernées par la surveillance du programme PRISM sont répertoriées chronologiquement dans la frise ci-dessous :

Les réseaux de ces géants de l’Internet peuvent donc être surveillés par la NSA et le FBI. Cependant, selon la déclaration du Président Barack Obama, les données collectées ne s’appliqueraient pas aux citoyens américains domiciliant aux Etats-Unis. Toutefois, un français qui rédige un email sur Yahoo ou Gmail peut être concerné.



De vives réactions


La révélation de l’existence de PRISM a suscité beaucoup de réactions à travers le monde. Tout d’abord, les citoyens américains et les plus précisément les associations de défense des libertés civiles et de la vie privée ont fait part de leur forte inquiétude.


L’Europe a aussi fait part de ses préoccupations en demandant des « explications » et des « réponses claires, rapides et concrètes » au gouvernement américain.


Le gouvernement et les entreprises réagissent


Le gouvernement américain a du s’expliquer afin de rassurer les citoyens américains. Le président Obama déclare à plusieurs reprises : «  Si vous êtes un citoyen américain, la NSA ne peut écouter vos appels et intercepter vos emails, sauf dans le cas où cela découlerait d’une ordonnance individuelle émise par un tribunal. Voici les règles existantes ». Effectivement, la loi américaine et notamment le quatrième amendement sur la vie privée préserverait les américains de ce programme de surveillance. Cette explication peut rassurer les américains, mais pas les citoyens des autres pays.


Dans un premier temps, les entreprises concernées par l’affaire ont toutes nié en bloc leur coopération à ce programme de surveillance. Elles ont effectué tour à tour des déclarations indiquant qu’elles ne collaborent avec les autorités américaines uniquement dans le cadre de la loi, c'est-à-dire seulement lorsqu’elles reçoivent une demande officielle de la justice américaine et de façon nominative.

Cependant, après avoir nié le lien avec le programme PRISM, Facebook, Microsoft, Google et Twitter passent enfin aux aveux et  publient tour à tour, des communiqués indiquant les demandes faites par les autorités américaines afin de jouer la transparence.


Toutefois, cette transparence est soumise à certaines conditions. John Franck, vice-président de Microsoft précise : « Nous ne pouvons publier que des données relatives aux demandes présentées au nom de la sécurité nationale. Il faut donc que les chiffres publiés correspondent à «l’ensemble des demandes de toutes les autres agences de sécurités locales, régionales et fédérales, seulement pour la période comprise entre le 1er juillet et le 31 décembre 2012, et à condition de présenter ces chiffres par groupe de 1 000 et de les déclarer dans le cadre de l'ensemble des services disponibles aux clients de Microsoft".
 

 

La NSA et le FBI défendent PRISM


Face à la controverse, le directeur de la NSA, Keith Alexander a affirmé que le programme PRISM avait permis d’empêcher une cinquantaine d’attentats depuis sa mise en place. Le congrès américain a demandé à l’agence de fournir des preuves de l’efficacité du programme.
Sean Joyce, directeur-adjoint du FBI soutient également PRISM et a déclaré : « je pense que nous avons atteint un niveau de sécurité [...] qui ne remet pas en cause la vie privée et les libertés civiles de nos citoyens".

Les deux agences, ainsi que le président Obama pensent qu’il faut trouver un compromis entre vie privée et sécurité publique.
 

Un sondage publié par USA Today-Pew annonce que 48 % des Américains disent approuver ces programmes de surveillance, qui ont permis le recueil de données téléphoniques ou internet, y compris des e-mails, contre 47 % qui y sont opposés.



Snowden en cavale


Edward Snowden est en fuite depuis qu’il a révélé l’existence de PRISM.
La NSA désire le poursuivre en justice pour trahison, vol et utilisation de biens gouvernementaux. Après être resté quelques semaines caché en Chine puis avoir entrepris un voyage à Moscou, Snowden a demandé l’asile à l’Equateur. Le choix ne c’est pas fait par hasard. En effet, rappelons que ce pays a déjà accordé le refuge au fondateur de Wikileaks depuis un an.


Les Etats-Unis tentent donc de rattraper  le « lanceur d’alerte » qui encoure jusqu’à trente années de prison. Quoi qu’il arrive, Snowden sera en cavale perpétuelle puisque même arrivé en territoire « ami » rien n’empêchera la CIA de le capturer. De plus, on sait que l’administration Obama est connue pour être intransigeante envers les « lanceurs d’alerte ».





 

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